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ISRAEL STERILISE LES FEMMES ETHIOPIENNES…


On a peine à le croire, mais en Israël, en 2012, des femmes éthiopiennes sont soumises de force au Depo-Provera, un contraceptif par piqûre. Cette injection n’est pas un moyen contraceptif couramment prescrit. Il est considéré comme un recours de dernière intention et il est habituellement réservé aux femmes placées en institution ou souffrant de handicap.

Et pourtant, selon une enquête récemment diffusée par le programme documentaire « Vacuum documentary » hébergé par Gal Gabay, et montrée sur la Télévision éducative israélienne, ce traitement est aussi imposé à un grand nombre d’immigrantes éthiopiennes.

Ce n’est ni le premier ni le seul cas où l’Etat s’est immiscé dans la vie de gens qui n’ont que des moyens limités résistance. En d’autres occasions, le système qui a produit cette politique est tellement sophistiqué qu’il est difficile de trouver le responsable, le signataire ou le rédacteur de cet ordre.

Mais l’enquête télévisée conduite par la chercheuse Sava Reuven, a découvert que plus de quarante femmes éthiopiennes ont reçu cette injection.

Le Depo-Provera a une histoire infâme. Selon un rapport de I’organisation sha L’Isha, l’injection était pratiquée sur des femmes entre 1967 et 1978, au titre d’une expérience dans l’état de Georgie aux Etats-Unis sur 13.000 femmes pauvres, dont la moitié était des femmes noires. La plupart d’entre elles n’avaient pas conscience que cette injection faisait partie d’une expérience faite sur leur corps. Certaines sont tombées malades et quelques unes sont mêmes mortes au cours de l’expérience.

Il y a bien des exemples dans le monde d’efforts faits pour réduire les taux de naissances des populations pauvres, sans ressources ni capacité de résistance. Dans les années 1960, les Etats-Unis s’inquiétaient de l’augmentation de la population de Porto Rico. En 1965, on s’aperçut que 34% des mères portoricaines âgées de 20 à 49 ans, étaient stérilisées.

Les injections infligées aux femmes éthiopiennes font partie de l’attitude globale des israéliens à l’égard de ce groupe d’immigrants. Entre 1980 et 1990, des milliers de juifs éthiopiens ont passé des mois ou des années dans des camps de transit en Ethiopie et au Soudan. Des centaines d’entre eux sont morts sur la route d’Israël simplement parce qu’un pays qui est supposé être un abri sûr pour les juifs a décidé que ce n’était pas le moment, qu’ils ne pouvaient pas tous être absorbés, ou bien qu’ils n’étaient pas assez juifs – qui a jamais entendu parler de Juifs noirs ?

Dans les camps de transit, aujourd’hui, de futurs immigrants entrent dans un épouvantable embrouillamini bureaucratique, qui les plonge dans l’angoisse, et les amènent à se demander s’ils ont eu raison de venir en Israël. Comme dans le passé, ceux qui arrivent ici attendent longtemps avant d’être délivrés de la main de fer des institutions d’Etat. Ils continuent à être « traités » dans des centres d’intégration où on envoie les enfants dans des pensions religieuses et où on les inclut dans des structures d’éducation spéciale, tandis que leurs parents restent dans des ghettos et que les femmes continuent à recevoir des injections. On nous dit qu’on n’a pas le choix. Cette politique répressive, raciste et paternaliste se poursuit sans encombre – politique supposée respecter au mieux l’intérêt des immigrants, qui ne savent pas ce qui est le mieux pour eux.

Cette politique de contrôle absolu de leur vie, qui commence quand ils sont encore en Ethiopie, est exceptionnelle pour les immigrants de ce pays et ne leur permet pas de s’adapter à Israël. Au soi-disant motif qu’ils ont besoin d’être préparés à un pays moderne, ils subissent des lavages de cerveau et sont formés pour rester dépendants des organismes d’intégration.

L’American Jewish Joint Distribution Committee a déclaré que les revendications émises par ces femmes au cours de l’enquête n’étaient que des absurdités. Ce qui m’a rappelé d’autres femmes qui disaient des absurdités, telles les mères d’enfants yéménites kidnappées ou les Marocaines qui avaient subi un « traitement » contre la teigne. Jusqu’à aujourd’hui, leurs mots sont rejetés puisque ce sont des « absurdités ». Si on avait essayé de me stériliser ou de m’enlever mes enfants, je crois que je dirai aussi des absurdités.  »

Source : le journal israélien Haaretz / mediapart

http://www.haaretz.com/opinion/israel-s-ethiopians-suffer-different-planned-parenthood.premium-1.484110#

(Traduit par Carole SANDREL pour CAPJPO-EuroPalestine)

CAPJPO-EuroPalestine

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« De culture francaise, de confession musulmane »


Bonjour à tous. Un membre de la page Facebook a tenu à vous faire part de son sentiment. N’hésitez pas (je vous y incite fortement) à donner votre point de vue par l’intermédiaire des commentaires et à partager l’article autour de vous s’il vous a plus car l’objectif est tout de même de pouvoir provoquer le débat. L’article est ci-dessous :

 

« De culture française, de confession musulmane.
Aujourd’hui, règne une atmosphère en France où tout semble s’opposer : les chômeurs et les travailleurs, les femmes et les hommes, les immigrés et les français de souche, les pauvres et les riches, les blancs et les noirs, etc. On passe de la lutte raciale à la lutte des classes puis à une lutte plus subtile, plus malsaine parfois, que la lutte idéologique.
Toute cette diversité française, tout ce qui constitue son identité est balayée par le nouveau problème fondamental de la France : les musulmans. Les musulmans sont dans l’imaginaire collectif d’origine étrangère et croyant. Ils réuniraient donc les deux points de tensions propres à la France : le rapport à la religion et le rapport à l’étranger. Etre français, ce serait donc être tout sauf « musulman ». Etre français, ce serait être blanc et laïc (comprenez athée). Voici la crise identitaire dans laquelle nous sommes plongés, nous tous, nous les français.
Ce que vivent aujourd’hui ceux qui se reconnaissent de l’islam, qu’ils soient arabes, blancs, noirs ou asiatiques, n’est qu’une continuité de l’histoire de France. Un pays qui se construit en opposition et non pas dans l’unité. L’unité s’est construite par la force, la destruction des seigneuries pour un pouvoir à la seule main du roi, la destruction des langues régionales et éparses pour une seule langue. C’est l’assimilation, le culte de la ressemblance et non pas celui de la différence. Il n’y a pas le respect de l’individualité, celle qui se construit au fil des expériences et des rencontres.
Alors, il faudrait être républicain, laïque et démocrate. Mais enfin, que mettez vous derrière ces termes, creux et vidés de leur sens originel !

« Où est la démocratie quand le citoyen n’est entendu que lorsqu’ils manifestent et entrent dans ce rapport de force, alors qu’elle devrait être le fruit d’un travail quotidien où chaque personne participe à la construction de ce qui fait société. La démocratie devrait être une coproduction et non pas seulement une délégation de pouvoir.
Qu’est ce que la laïcité, qui prône la liberté de culte et de conscience tout en interdisant toute expression de foi ?
Qu’est ce que la république, si ce n’est la liberté d’être conformiste ? Que voulons-nous comme société ? Le respect de l’humain ou le déni de chacun ?
Si nous n’arrivons pas à considérer l’autre comme son égal, comme son semblable quelque soit les différences, apparentes ou cachées, n’est ce pas là que nous régressons ?
Je suis française, et je me dois de dire les dérives d’aujourd’hui.
Ne me figez pas dans votre imaginaire, celui de ce qu’est un bon français. Je préfère tenter d’être quelqu’un de bon, que d’être uniquement française… Laissez moi libre, libre de vous aimer, libre de vous donner, libre de partager et ne me réduisez pas à ce que vous vous imaginez que je suis. Je suis musulmane et libre.

 

Nathalie DG

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La fin de la planète en 2100 ?


C’est la rumeur qui enflamme la Toile depuis plusieurs semaines : les écosystèmes de la planète pourraient connaître un effondrement total et irréversible d’ici 2100. A l’origine de cette prophétie apocalyptique, non une secte d’illuminés, un médium en manque de publicité ou le dernier blockbuster américain en vogue. Non, l’allégation est issue d’une étude de la très sérieuse revue Nature, référence parmi les publications scientifiques. La thèse ? L’environnement, sous l’effet des dégradations causées par l’homme, pourrait franchir un point de non-retour avant la fin du siècle.

Dans Approaching a state-shift in Earth’s biosphere, les auteurs, 22 chercheurs appartenant à une quinzaine d’institutions scientifiques internationales, alarment sur une perte de la biodiversité de plus en plus rapide et une accélération des changements climatiques.

Selon l’étude, presque la moitié des climats que nous connaissons aujourd’hui sur la Terre pourraient bientôt avoir disparu. Ils seraient ainsi remplacés, sur entre 12 % à 39 % de la surface du globe, par des conditions qui n’ont jamais été connues par les organismes vivants. Et ce changement s’effectuerait de manière brutale, empêchant les espèces et écosystèmes de s’y adapter.

Les bouleversements des milieux naturels ont toujours existé, rappelle l’étude, que ce soit à une échelle locale – au niveau des bassins ou des récifs coralliens par exemple -, régionale – il y a 5 500 ans, le Sahara était constitué de prairies fertiles – ou planétaire. La Terre a ainsi connu sept grandes crises : l’explosion cambrienne, il y a 540 millions d’années, les cinq extinctions massives qui ont anéanti pour certaines jusqu’à 90 % de la vie sur Terre et le passage de la dernière période glaciaire à notre époque, il y a 12 000 ans.

Mais alors que l’explosion cambrienne et le réchauffement de l’Holocène ont été déclenchés par des catastrophes naturelles, des changements dans la composition des océans et de l’intensité solaire, une nouvelle pression est aujourd’hui exercée sur les écosystèmes : celle de 7 milliards d’êtres humains – et 9 milliards en 2050.

« A l’époque où la planète est passée d’une période glaciaire à celle actuelle, interglaciaire, des changements biologiques des plus extrêmes sont apparus en seulement mille ans. A l’échelle de la Terre, c’est comme passer de l’état de bébé à l’âge adulte en moins d’une année. Le problème, c’est que la planète est en train de changer encore plus vite aujourd’hui », explique Arne Moers, co-autrice de l’étude et professeure en biodiversité à l’université Simon Fraser de Vancouver.

Et la chercheuse de poursuivre : « La planète ne possède pas la mémoire de son état précédent. Nous prenons un énorme risque à modifier le bilan radiatif de la Terre : faire basculer brutalement le système climatique vers un nouvel état d’équilibre auquel les écosystèmes et nos sociétés seront incapables de s’adapter. […] Le prochain changement pourrait être extrêmement destructeur pour la planète. Une fois que le seuil critique sera dépassé, il n’y aura plus de possibilité de revenir en arrière. »

D’après l’étude, ce seuil correspondrait à l’utilisation de 50 % des ressources terrestres. Or, aujourd’hui, 43 % des écosystèmes terrestres sont déjà utilisés pour subvenir aux besoins des hommes. Un tiers de l’eau douce disponible est par ailleurs détourné pour un usage humain. Les taux d’extinction des espèces sont à des sommets jamais atteints durant l’ensemble de l’évolution humaine – de 10 à 100 fois le rythme naturel d’extinction constaté par les scientifiques sur une période de 500 millions d’années, alors qu’il pourrait être bientôt 10 000 fois supérieur. Et les émissions de CO2 ont augmenté de 35 % depuis l’ère pré-industrielle du fait de la combustion d’énergies fossiles.

« Au vu de ces éléments, on peut affirmer qu’un basculement est très plausible au cours du siècle prochain », assure Anthony Barnosky, paléobiologiste à l’université de Californie à Berkeley. Toutefois, d’importantes incertitudes demeurent : « Il s’agit de savoir si ce changement planétaire est inévitable et, si oui, dans combien de temps il surviendra. »

Une prudence partagée par nombre de scientifiques qui ont lu l’étude. Pour Brad Cardinal, biologiste à l’université du Michigan, interrogé par le magazine américain Wired, cette recherche est probante mais pas concluante : « Ce n’est pas la première fois qu’une étude du genre est publiée. Seul le temps nous permettra de savoir si ces résultats se vérifient ou pas. » « Il faut se méfier de l’interprétation qui en est faite dans certains médias, selon lesquels la Terre pourrait ne pas atteindre le XXIIe siècle. La planète ne va pas disparaître avant 4 milliards d’années et elle restera habitable bien longtemps encore. Mais les dégradations en cours vont affecter nos conditions de vie », tempère de son côté le climatologue Jean-Pascal van Ypersele, vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans une interview au magazine belge Le Vif/L’Express.

Reste qu’un véritablement changement des modes de vie est nécessaire et urgent. Les 22 scientifiques de l’étude proposent aux gouvernements d’entreprendre quatre actions immédiates : diminuer radicalement la pression démographique ; concentrer les populations sur les zones enregistrant déjà de fortes densités afin de laisser les autres territoires tenter de retrouver des équilibres naturels ; ajuster les niveaux de vie des plus riches sur ceux des plus pauvres ; développer de nouvelles technologie permettant de produire et de distribuer de nouvelles ressources alimentaires sans consommer davantage de ressources.

Sources : Le Monde
http://ecologie.blog.lemonde.fr/2012/07/27/la-fin-de-la-planete-en-2100/

Audrey garric

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Martin Luther King, Lettre de la geôle de Birmingham, extraits


Parce que Martin Luther King n’a pas fait « qu’un rêve », voici un extrait de la magnifique lettre de la geôle de birmingham, écrite en prison le 16 avril 1963.
Elle est disponible dans l’autobiographie De Luther King, aux éditions Bayard.

(…) Nous avons douloureusement appris que la liberté n’est jamais accordée de bon gré par l’oppresseur; elle doit être exigée par l’opprimé. Franchement, je ne me suis jamais engagé dans un mouvement d’action directe à un moment jugé «opportun», d’après le calendrier de ceux qui n’ont pas indûment subi les maux de la ségrégation.
Depuis des années, j’entends ce mot: «Attendez!». Il résonne à mon oreille, comme à celle de chaque Noir, avec une perçante familiarité.
Il nous faut constater avec l’un de nos éminents juristes que «justice trop tardive est déni de justice ».
Nous avons attendu pendant plus de trois cent quarante ans les droits constitutionnels dont nous a dotés notre Créateur. Les nations d’Asie et d’Afrique progressent vers l’indépendance politique à la vitesse d’un avion à réaction, et nous nous traînons encore à l’allure d’une voiture à cheval vers le droit de prendre une tasse de café au comptoir. Ceux qui n’ont jamais senti le dard brûlant de la ségrégation raciale ont beau jeu de dire: «Attendez!» Mais quand vous avez vu des populaces vicieuses lyncher à volonté vos pères et mères, noyer à plaisir vos frères et soeurs; quand vous avez vu des policiers pleins de haine maudire, frapper, brutaliser et même tuer vos frères et soeurs noirs en toute impunité; quand vous voyez la grande majorité de vos vingt millions de frères noirs étouffer dans la prison fétide de la pauvreté, au sein d’une société opulente; quand vous sentez votre langue se nouer et votre voix vous manquer pour tenter d’expliquer à votre petite fille de six ans pourquoi elle ne peut aller au parc d’attractions qui vient de faire l’objet d’une publicité à la télévision; quand vous voyez les larmes affluer dans ses petits yeux parce qu’un tel parc est fermé aux enfants de couleur; quand vous voyez les nuages déprimants d’un sentiment d’infériorité se former dans son petit ciel mental; quand vous la voyez commencer à oblitérer sa petite personnalité en sécrétant inconsciemment une amertume à l’égard des Blancs; quand vous devez inventer une explication pour votre petit garçon de cinq ans qui vous demande dans son langage pathétique et torturant: «Papa, pourquoi les Blancs sont si méchants avec ceux de couleur? »; quand, au cours de vos voyages, vous devez dormir nuit après nuit sur le siège inconfortable de votre voiture parce que aucun motel ne vous acceptera; quand vous êtes humilié jour après jour par des pancartes narquoises: « Blancs », «Noirs»; quand votre prénom est «négro» et votre nom «mon garçon» (quel que soit votre âge) ou «John»; quand votre mère et votre femme ne sont jamais appelées respectueusement «madame»; quand vous êtes harcelé le jour et hanté la nuit par le fait que vous êtes un nègre, marchant toujours sur la pointe des pieds sans savoir ce qui va vous arriver l’instant d’après, accablé de peur à l’intérieur et de ressentiment à l’extérieur; quand vous combattez sans cesse le sentiment dévastateur de n’être personne; alors vous comprenez pourquoi nous trouvons si difficile d’attendre. Il vient un temps où la coupe est pleine et où les hommes ne supportent plus de se trouver plongés dans les abîmes du désespoir. J’espère, Messieurs, que vous pourrez comprendre notre légitime et inévitable impatience (…)

Vous exprimez une grande inquiétude à l’idée que nous sommes disposés à enfreindre la loi. Voilà certainement un souci légitime.
Comme nous avons si diligemment prôné l’obéissance à l’arrêt de la Cour suprême interdisant, en 1954, la ségrégation dans les écoles publiques, il peut sembler paradoxal, au premier abord, de nous voir enfreindre la loi en toute conscience. On pourrait fort bien nous demander: «Comment pouvez-vous recommander de violer certaines lois et d’en respecter certaines autres? » La réponse repose sur le fait qu’il existe deux catégories de lois: celles qui sont justes et celles qui sont injustes. Je suis le premier à prêcher l’obéissance aux lois justes. L’obéissance aux lois justes n’est pas seulement un devoir juridique, c’est aussi un devoir moral. Inversement, chacun est moralement tenu de désobéir aux lois injustes. J’abonderais dans le sens de saint Augustin pour qui «une loi injuste n’est pas une loi ».
Quelle est la différence entre les unes et les autres? Comment déterminer si une loi est juste ou injuste? Une loi juste est une prescription établie par l’homme en conformité avec la loi morale ou la loi de Dieu. Une loi injuste est une prescription qui ne se trouve pas en harmonie avec la loi morale. Pour le dire dans les termes qu’emploie saint Thomas d’Aquin, une loi injuste est une loi humaine qui ne plonge pas ses racines dans la loi naturelle et éternelle. Toute loi qui élève la personne humaine est juste. Toute loi qui la dégrade est injuste. Toute loi qui impose la ségrégation est injuste car la ségrégation déforme l’âme et endommage la personnalité. Elle donne à celui qui l’impose un fallacieux sentiment de supériorité et à celui qui la subit un fallacieux sentiment d’infériorité. Pour employer les termes de Martin Buber, le grand philosophe juif, la ségrégation substitue à la relation entre «moi et toi» une relation entre «moi et celui-là» qui finit par reléguer des personnes au rang de choses. Aussi la ségrégation n’est-elle pas seulement malsaine du point de vue politique, économique et sociologique, elle est également mauvaise du point de vue du péché. Paul Tillich a dit que le péché c’est la séparation. La ségrégation n’est-elle pas l’expression existentielle de la tragique séparation de l’homme, une expression de son épouvantable bannissement, de son terrible état de péché? Aussi puis-je pousser des hommes à respecter l’arrêt de la Cour suprême de 1954, car il est moralement juste, et d’enfreindre les ordonnances sur la ségrégation, car elles sont moralement mauvaises (…)

Nous ne pourrons jamais oublier que tous les agissements de Hitler en Allemagne étaient « légaux» et que tous les actes des combattants de la liberté en Hongrie étaient «illégaux ». Il était «illégal» d’aider et de réconforter un juif dans l’Allemagne de Hitler. Mais je suis sûr que si j’avais vécu en Allemagne à cette époque-là, j’aurais aidé et réconforté mes frères juifs même si c’était illégal. Si je vivais aujourd’hui dans un pays communiste où certains principes chers à la foi chrétienne sont abolis, je crois que je recommanderais ouvertement la désobéissance aux lois antireligieuses.
Je dois vous faire deux aveux sincères, mes frères chrétiens et juifs.
Tout d’abord je dois vous avouer que, ces dernières années, j’ai été gravement déçu par les Blancs modérés. J’en suis presque arrivé à la conclusion regrettable que le grand obstacle opposé aux Noirs en lutte pour leur liberté, ce n’est pas le membre du Conseil des citoyens blancs ni celui du Ku Klux Klan, mais le Blanc modéré qui est plus attaché à l’« ordre» qu’à la justice; qui préfère une paix négative issue d’une absence de tensions, à la paix positive issue d’une victoire de la justice; qui répète constamment: «Je suis d’accord avec vous sur les objectifs, mais je ne peux approuver vos méthodes d’action directe»; qui croit pouvoir fixer, en bon paternaliste, un calendrier pour la libération d’un autre homme; qui cultive le mythe du «temps-qui-travaille-pour-vous » et conseille constamment au Noir d’attendre «un moment plus opportun ». La compréhension superficielle des gens de bonne volonté est plus frustrante que l’incompréhension totale des gens mal intentionnés. Une acceptation tiède est plus irritante qu’un refus pur et simple (…)

Dans votre déclaration, vous affirmez que nos actions, bien que pacifiques, doivent être condamnées car elles précipitent la violence.
Mais peut-on procéder à une telle assertion en bonne logique? Cela ne revient-il pas à condamner la victime d’un vol sous prétexte qu’en ayant de l’argent elle a poussé le coupable à commettre un acte de malhonnêteté répréhensible? Cela ne revient-il pas à condamner Socrate sous prétexte que son inébranlable attachement à la vérité et ses réflexions philosophiques ont poussé une opinion publique dévoyée à lui faire boire la ciguë? Cela ne revient-il pas à condamner Jésus, sous prétexte que son souci sans pareil de Dieu et sa soumission incessante à la volonté de celui-ci ont précipité le geste pervers de ceux qui l’ont crucifïé? Comme les juges fédéraux l’ont sans cesse affirmé et comme nous devons l’admettre: il est immoral de demander à un individu qu’il renonce à s’efforcer d’obtenir ses droits constitutionnels fondamentaux sous prétexte que sa quête précipite la violence. La société doit protéger la victime et châtier le voleur.
J’avais également espéré que les Blancs modérés rejetteraient le mythe du «temps-qui-travaille-pour-vous ». J’ai reçu ce matin une lettre d’un de nos frères blancs au Texas. Il me dit: «Tous les chrétiens savent que les personnes de couleur obtiendront un jour l’égalité des droits, mais il est possible que votre hâte religieuse soit trop grande. Il a fallu près de deux mille ans à la chrétienté pour accomplir ce qu’elle a accompli. Il faut du temps pour que l’enseignement du Christ s’impose ici-bas.» Tout ce que dit mon correspondant résulte d’une conception tragiquement erronée de l’action du temps. Prétendre que le temps, à lui seul, guérira inéluctablement tous les maux, voilà une idée étrangement irrationnelle. En réalité, le temps est neutre; il peut être utilisé pour construire ou pour détruire. J’en suis venu à penser que les hommes de mauvaise volonté l’ont mis à profit bien plus efficacement que les hommes de bonne volonté. Notre génération ne doit pas se reprocher seulement les actes et les paroles au vitriol des méchants, mais aussi l’effrayant silence des justes. Nous devons admettre que le progrès de l’humanité ne roule jamais sur les roues de l’inéluctabilité. Il n’est amené que par les efforts inlassables et persistants des hommes qui ont la volonté de collaborer à l’oeuvre de Dieu. Sans ce dur labeur, le temps lui-même devient l’allié des forces de stagnation sociale. Il nous faut user du temps dans un esprit créateur et bien comprendre que le temps est toujours venu d’agir dans le bon sens. C’est maintenant qu’il faut honorer les promesses de la démocratie et transformer notre sempiternelle élégie nationale en un psaume à la fraternité. Le moment est venu de tirer notre politique nationale des sables mouvants de l’injustice raciale pour la hisser sur le roc solide de la dignité humaine.

Vous qualifiez d’extrémiste l’action que nous avons menée à Birmingham. Au début, j’étais assez déçu de voir certains de mes confrères pasteurs considérer notre effort de non-violence comme une initiative émanant de milieux extrémistes (…)
Les opprimés ne peuvent demeurer dans l’oppression à jamais. Le moment vient toujours où ils proclament leur besoin de liberté. Et c’est ce qui se produit actuellement pour le Noir américain. Quelque chose, au-dedans de lui-même, lui a rappelé son droit naturel à la liberté et quelque chose en dehors de lui-même lui a rappelé que cette liberté, il pouvait la conquérir. Consciemment ou inconsciemment, il a été saisi par ce que les Allemands appellent le Zeitgeist et, avec ses frères noirs d’Afrique, ses frères bruns ou jaunes d’Asie, d’Amérique du Sud et des Antilles, il avance avec un sentiment d’urgence cosmique vers la Terre promise de la justice raciale. En observant cet élan vital qui s’est emparé de la communauté noire, chacun devrait aisément s’expliquer les manifestations qui ont lieu sur la voie publique. Il y a chez le Noir beaucoup de ressentiments accumulés et de frustrations latentes; il a bien besoin de leur donner libre cours. Qu’il manifeste donc; qu’il aille en pèlerinage prier devant l’hôtel de ville; qu’il se mue en « Voyageur de la Liberté» et qu’il comprenne pourquoi il doit le faire. S’il ne défoule pas, par des voies non violentes, ses émotions réprimées, celles-ci s’exprimeront par la violence; ce n’est pas une menace mais un fait historique. Je n’ai pas demandé à mon peuple: «Oublie tes sujets de mécontentement.» J’ai tenté de lui dire, tout au contraire, que son mécontentement était sain, normal, et qu’il pouvait être canalisé vers l’expression créatrice d’une action directe non violente. Cette attitude est dénoncée aujourd’hui comme extrémiste.
Je dois admettre que j’ai tout d’abord été déçu de la voir ainsi qualifiée. Mais en continuant de réfléchir à la question, j’ai progressivement ressenti une certaine satisfaction d’être considéré comme un extrémiste. Jésus n’était-il pas un extrémiste de l’amour – «Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous maltraitent »? Amos n’était-il pas un extrémiste de la justice – « Que le droit jaillisse comme les eaux et la justice comme un torrent intarissable »? Paul n’était-il pas un extrémiste de l’Évangile de Jésus Christ – «.Je porte en mon corps les marques de Jésus »? Martin Luther n’était-il pas un extrémiste – «Me voici, je ne peux faire autrement, et que Dieu me vienne en aide»? John Bunyan n’était-il pas un extrémiste – «Je resterai en prison jusqu’à la fin de mes jours plutôt que d’assassiner ma conscience »? Abraham Lincoln n’était-il pas un extrémiste – «Notre nation ne peut survivre mi-libre, mi-esclave »? Thomas Jefferson n’était-il pas un extrémiste – «Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes: tous les hommes ont été créés égaux »? Aussi la question n’est-elle pas de savoir si nous voulons être des extrémistes, mais de savoir quelle sorte d’extrémistes nous voulons être. Serons-nous des extrémistes pour l’amour ou pour la haine? Serons-nous des extrémistes pour la préservation de l’injustice ou pour la cause de la justice? Au cours d’une scène dramatique, sur la colline du Calvaire, trois hommes ont été crucifiés.
Nous ne devons pas oublier que tous trois ont été crucifiés pour le même crime – le crime d’extrémisme. Deux d’entre eux étaient des extrémistes de l’immoralité et s’étaient ainsi rabaissés au-dessous de leur entourage. L’autre, Jésus Christ, était un extrémiste de l’amour, de la vérité et du bien, et s’était ainsi élevé au-dessus de son entourage (…)

 

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Lettre d’un internaute à …….


Il est bien astucieux quand on prétend se battre contre la misère d’aller s’installer là où elle fait partie du paysage. De ces siècles de souffrance marqués par ces montagnes de résidus de charbons, et par des sourires rangés dans les placards de ces maisons identiques, toutes alignées les unes à côté des autres sans rien pour les différencier. Tous plongés dans la même détresse, dans le même combat quotidien, cette précarité à sens unique qui se lit sur chaque visage. Tous ou presque, car ce combat, madame Le Pen, n’est pas le votre. Le bassin minier, ce n’est pas Neuilly-Sur-Seine. Vous vous êtes abreuvé de culture et de connaissances à la Fac de droit de Paris II quand ils se sont abreuvés de 8-6 et de chants patois . Ils n’ont pas vraiment connu le droit, eux, mais plutôt le devoir de se lever tôt chaque matin pour rentrer tard le soir, la gueule noire et les tympans sifflants, abîmés par les bruits monstres des coups de grisous.

La vérité ? Vous êtes pareil à ceux que vous maudissez. Au même titre que vous prétendez que les marchés financiers ont la mainmise sur l’économie mondiale, vous avez la mainmise sur ces pauvres gens, dépourvus d’opinion, saignés jusqu’au profond d’eux mêmes, devant lesquels vous vous présentez comme une solution miracle alors que vous n’êtes qu’une promesse de plus à ces personnes qui, depuis les conditions de travail que Zola nous décrit si bien dans  » Germinal « , ont vu passés beaucoup de sauveurs auto-proclamés, sans jamais rien obtenir.
Vous qui vous plaignez tant que l’on fasse du tort au Front National en le comparant à un certain parti national-socialiste, pourquoi alors user du même stratège électoraliste ?

Paternalisme politique ? Je dirais dictature morale. Patriotisme sur développé ? Je dirais haine héréditairement acquise. Bien que le bulletin  » Le Pen  » que l’on glisse dans l’urne soit majoritairement contestataire, je vous rejoins sur un point. La situation de la France est bien triste.. Au pays des lumières subsiste encore l’ombre de votre père. A tel point que je trouve ça répugnant que l’on puisse oublier l’Histoire, et la quantité de sang versé pour combattre la haine à son apogée européenne, pour combattre la liberté et cette fraternité qui vous est chère mais dont vous ne vous gênez pas pour imposer une limite qui s’arrête à la barrière d’une couleur de peau. Honte à notre pays d’applaudir de tels discours. Honte à notre pays d’avoir pu faire confiance à votre personne, ce qui n’est pas mon cas car je suis indifférent à tous ceux que vous pouvez clamer et je n’y céderai point. Je garde mes distances et je n’oublie  que ce n’est point par le son de la flûte qu’est charmé le serpent, mais par le mouvement du flûtiste.

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Contribution d’un internaute sur « La Libre circulation »


La liberté de circulation est un droit défini au sein de plusieurs dispositions textuelles. Ainsi , en vertu de l’article 2 du protocole additionnel n°4 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : »Quiconque se trouve régulièrement sur le territoire d’un Etat a le droit d’y circuler librement et d’y choisir librement sa résidence (…) [et] est libre de quitter n’importe quel pays, y compris le sien (…) »

Le Traité de Rome de 1957 quant à lui avait consacré la liberté de circulation, mais en le restreignant à la sphère des travailleurs comme le disposait l’article 48 du traité : « La libre circulation des travailleurs est assurée à l’intérieur de la Communauté. Elle implique l’abolition de toute discrimination, fondée sur la nationalité (…). Elle comporte le droit (…) de se déplacer (…) librement sur le territoire des États membres, de séjourner dans un des États membres afin d’y exercer un emploi(…) ».
Puis , le traité de Maastricht en 1992 a étendu la liberté de circulation et de séjour sur le territoire de l’Union européenne à tout citoyen de l’Union ( article 18)

En 1985 , les autorités européennes avaient décidé de mettre en place un système régissant ce principe de libre circulation au sein de l’Union Européenne (UE) : « l’espace Schengen » comprenant en plus des ressortissants de l’UE ceux de l’espace économique européen et ceux de la confédération suisse. Cet espace Schengen englobe aussi les ressortissants étrangers établit régulièrement au sein de cet espace.
Cet accord européen s’est fondé  sur des procédures communes tels que la suppression des frontières internes, l’uniformisation des règles et des procédures dans le domaine de l’immigration et des contrôles renforcés aux frontières extérieures. A cet effet , a été mis en place en 2009 un Code communautaire des Visas communs aux États signataire de l’Espace Schengen régissant l’entrée et le séjour des candidats à l’immigration.
L’espace Schengen exclut les ressortissants des États tiers résidant régulièrement hors de l’UE qui restent régis à l’ordonnance de 1945 et aux articles L 111-2 et 211-1 du CESEDA.

Malgré ce consensus commun , les États gardent un pouvoir souverain en matière d’entrée sur leurs sols. En France ce principe est garantit en autre par l’article 4 du Décret de 1947 disposant que l’attribution de visa , donc du droit d’entrée ou de séjourné en France est soumis aux compétences exclusives des chefs de postes consulaires.
Pourtant , la souveraineté des États entre directement en conflit avec le principe de la libre circulation. En régulant les flux migratoires en fonction de leur législation nationale , ils jettent le discrédit sur cette coopération européenne ainsi que sur les réel enjeux migratoires.

Ainsi cette politique de fermeture des frontière n’est pas sans conséquence car en plus de ne pas être reconnu par le droit international conventionnel et coutumiers , elle remet en cause les Libertés et droits fondamentaux reconnus par la communauté internationale et ce à plusieurs niveaux , comme le droit au regroupement familiale , qui est de plus en plus restreints pour ne pas dire bloqué ainsi que le «  droit de quitter son pays » reconnu pourtant par la Déclaration Universelle des droits de l’Homme de 1948 , pour échapper en autre aux persécutions et demander l’Asile.

Déjà Vattel contrairement à Grotius soutenait que chaque état souverain avait le droit de défendre l’entrée de son territoire. Il rajoutait toutefois une limite au pouvoir souverain de l’Etat en attestant que l’Etat devait tout de même respecter les préceptes du droit naturel en opposant pas le refus d’entrée sur le sol national à l’étranger invoquant «  causes justes » pour s’établir.

Après avoir vu en quoi la liberté de circulation est devenue une notion abstraite voir vidé de son sens ( I) nous verrons , que l’appréciation souveraine des Etats en matière d’appréciation souveraine atteint ses limites lorsqu’elles ont pour effet de porter expressément atteinte à des droits fondamentaux (II)

I- Une liberté de circulation bafouillée au nom d’enjeux communs de façade.
Les accords de Schengen sont le fruit d’une coopération commune au plan européen qui repose sur un pilier peu solide (A). En effet, ces accords étaient fondés sur une libre circulation qui en plus de ne pas être reconnu sur le plan conventionnel, se voit être détourner par les Etats (B).
A- Les accords de Schengen : Le pilier peu solide d’une construction européenne
Parti d’une coopération européenne commune (1) , ils se sont avérés déchu de sens face à des événements non prévus (2)
1- Une coopération et des dispositions communes
Les objectifs communs poursuivis par les Etats signataires des accords de Schengen ont été fixé notamment pour réguler les flux migratoires et limité les migrations clandestines. Cette politique s’est traduite pour ce qui est du droit d’entrée et de séjour au sein d’un Etat signataires par la mise en place de condition commune d’entrée et de séjour.
En vue de contrôler les flux migrations clandestins, l’accent à été porté sur une coopération policière et judiciaire renforcée ainsi que sur l’élaboration système d’information Schengen.

Toutefois suite aux événements de l’été 2011 , cette coopération à été fortement remise en cause…

2- Un dispositif inefficace face à de forte pression migratoire
En mai 2011 , un nombre très importants d’immigrés ont fuit leurs pays pour chercher l’exil en Europe et notamment en Italie, qui n’a pas réussi à faire face à cet afflux de migrants N’ayant reçu aucune aide de la part des autres Etats membres , les autorités italiennes avait donc décider d’accorder des permis de séjour temporaire à tous ces migrants , ce qui leur offrait donc la possibilité de se déplacer librement au sein de l’espace Schengen. Une part importante des migrants ( pour l’essentiel des Tunisiens et des Lybiens ) se sont dirigés vers la France qui aussitôt a réagit en rétablissant de contrôles réguliers à la frontière franco-italienne.
Face à cette situation qui risquait fortement de dénaturer les objectifs même des accords de Schengen , la Commission européenne a rajouté une possibilité de contrôler les frontières intérieures en cas de flux migratoires trop important sous deux conditions : Le contrôle devra être restreint dans le temps et dans l’espace et il devra ce faire après avis des autres Etats pour éviter , comme ce fut le cas , qu’un Etat prenne des décisions seule.
Cette liberté de circulation ne semble pas avoir été remise en cause qu’en vue de cette crise survenu en Mai , elle l’est aussi en tant que droit non protégé…

B- Un droit à la libre circulation non garanties par les conventions relatives au droit
de l’Homme
Bien qu’il s’agisse d’un droit , la liberté de circulation , en plus de ne pas être protégé en tant que tel sur le plan conventionnel ( 1) se voit être vidé de sens face aux pouvoirs souverains des Etats(2).

1- Un droit quasi inexistant …

Au regard des conventions relatives au droits de l’Homme, aucun Etat n’est tenu d’accepter l’entrée et la présence sur son territoire d’un individu qui n’est pas son nationale.
La Déclaration Universelle des droits de l’Homme de 1948 dispose en son article 13-2 que « Toute personne a le droit de quitter son pays y compris le sien et de revenir dans son pays »
Le Pacte international sur les droits civils et politiques dispose quant à lui en son article 12-4 que « Nul ne peut être arbitrairement privé du droit d’entrer dans son propre pays ».
Enfin , la CEDH dispose en son Article 3-2 / protocole n°4 que «  Nul ne peut être privé du droit d’entrer sur le territoire de l’état dont il le ressortissant »

La cour EDH a rappelé a plusieurs reprises que ni la convention ni le protocole ne garantissait en soi le droit pour un étranger d’entrer ou de résider dans un pays déterminé et elle rappelle a chaque fois dans ces arrêts que « les Etats contractants ont le droit indéniable de contrôler souverainement l’entrée et le séjour des étrangers sur leur territoire
2- … face au pouvoir discrétionnaire des Etats
L’accès au territoire national d’un Etat est subordonné à la souveraineté de ce dernier. Ils peuvent en vertu d’un principe de droit international établi, contrôler l’entrée , le séjour et l’éloignement des non nationaux.
Alors que pendant les 30 glorieuses , la France , en plein essor économique avait besoin d’une main œuvre étrangère importante , l’immigration a commencé à devenir un problème dès 1960 avec l’apparition du chômage. Les enjeux s’inversent puisque l’on passe d’une immigration subie ( regroupement familial et demande d’asile ) à une l’immigration choisie (où les Etats procède à une sélection parmi les candidats à l’immigration susceptible de participer au rayonnement intellectuel de leurs pays).
Au fond , le seul intérêt est celui des Etats . C’est pourquoi de nombreux accords bilatéraux sont passés avec la France ( et d’autres Etats de l’Espace Schengen ) dans l’unique but de gérer les flux migratoires légaux et clandestins.

Nous pouvons citer pour illustrer nos propos , deux arrêts importants rendu par la CJCE en 2003. Ces arrêts mettent clairement en évidence , des moyens pour réguler les migrations frauduleuses.
Dans un arret « Givane » , la Cour de justice rappel qu’un séjour régulier de plusieurs années dans le pays d’accueil sont nécessaire pour éviter « le tourisme social » ( lorsque les personnes migre dans le seul but de bénéficier des prestations sociales)
L’arret « Akrich » quant à lui restreint à son maximum la possibilité pour le conjoint d’un ressortissant européen de bénéficier d’un droit au séjour dans le pays de nationalité du conjoint. En effet , la Cour de Justice soutient qu’il sera désormais nécessaire pour le conjoint étranger d’obtenir au préalable un droit de séjour dans ce pays , pour pouvoir y retourner en tant que conjoint de citoyen européen.

Toutefois , qui dit pouvoir souverain , ne dit pas pouvoir absolue …

II- Un droit à la libre circulation garanti dans sa portée effective
Bien que les Etats disposent de pouvoirs largement étendue en matière d’immigration , ils ne doivent pas , dans leur quêtes de régulation des flux migratoires , violé des droits fondamentaux garanties en tant que tel ( A)

A- Les conséquences d’une libre circulation trop restreinte : Des droits fondamentaux ne pouvant être violés.

1- Des droits fondamentaux reconnus tant aux nationaux qu’aux étrangers
La charte de Nations unis avait ainsi posé l’objectif suivant «  le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous ».

Comme nous l’avons vu précédemment, le droit à la libre circulation n’est pas garanti en tant que tel sur le plan conventionnel. Mais la restriction de ce droit n’exclut pas la violation d’autres droits fondamentaux garantie et protégé par les conventions.

Ainsi , l’article 4 du Protocole 4 garantie à son article 3 , le droit de ne pas subir la torture ou des traitements inhumains ou dégradants. Ce principe interdit donc l’Etat de procéder a l’éloignement de l’étranger du territoire si ce dernier encours un risque sérieux d’un minimum de gravité de subir un traitement contraire dans son pays d’origine.

En vertu de l’ article 5 , un individu ne peut être privée arbitrairement de sa liberté. Si tel est le cas , l’état devra démontrer qu’elle poursuit un objectif prévu par la convention ( à savoir l’éloignement du territoire).
Enfin , en vertu de l’article 8 , la CEDH assure le droit au respect de sa vie privée et familiale

Des droit procéduraux aussi sont prévus à l’article 13 avec le droit de bénéficier d’un recours effectif en cas de violation d’un article de la convention ou encore à l’article 5 avec le droit de contester une mesure privative de liberté fondée sur l’illégalité ou la précarité du séjour .

Cette protection offerte par la CEDH en vue de limiter le pouvoir discrétionnaire des Etats n’est cependant pas supérieures aux dispositions législatives dans certains cas.

2- Des droits fondamentaux entrainant une limite au pouvoir souverain des Etats quant aux mesures d’éloignements

Bien que l’article 5 de la CEDH garanti qu’un individu ne pourra pas être privée arbitrairement de sa liberté, tel n’est pas le cas lorsque la procédure d’expulsion la détention est nécessaire et adéquate a l’objectif d’éloignement.

Il y a plusieurs types de mesures d’éloignement. Tout d’abord il y a l’arrêté préfectoral de reconduite à la frontière (Articles L 533-1 / Articles R 533-1 du CESEDA). Cette mesure concerne l’étranger qui représente une menace publique, ou celui qui a exercé une activité professionnelle sans être titulaire d’une autorisation de travail.
Nous pouvons aussi citer , l’expulsion (Articles L 521-1 à L 524-4 du CESEDA / Articles R 521- 1 à R 524-2 du CESEDA) concerne les étrangers représente une menace grave à l’ordre public. Elle peut aussi être justifiée par une nécessité impérieuse pour la sûreté de l’État ou la sécurité publique et enfin elle peut être prononcé à l’encontre des étrangers ayant un comportements « de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État, ou liés  à des activités à caractère terroriste, ou constituant des actes de provocation explicit et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence contre une personne déterminée
ou un groupe de personnes ».

Enfin nous pouvons citer L’interdiction du territoire français (Articles L 541-1 à L 541-4 du CESEDA / Article R 541-1 du CESEDA) qui peut être prononcée à titre de peine principale ou complémentaire d’une peine de prison.

Ces mesures ne peuvent pas s’étendre à toutes les personnes. Elle ne peuvent pas s’appliquer en autres à l’étranger ayant une résidence régulière en France depuis plus de 10 ans
ou à l’étranger parent d’enfant français.
Toutefois cette protection n’est que relative

B- Une protection relative des droits fondamentaux au nom de l’Ordre Public

1- Une protection relative en fonction de la nature du comportement de l’étranger
Les mesures d’éloignement peuvent toucher toutes les catégories de personnes en dépit de leurs attaches fortes en France.
Ainsi , lorsque l’étranger porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État ( trahison, complot, espionnage, faux et usage de faux…) il pourra faire l’objet d’une expulsion pour cause de nécessité impérieuse pour la sûreté de l’État ou la sécurité publique.
Si l’étranger à été condamnés définitivement à une peine d’emprisonnement ferme au moins égale à 5 ans.
Ces mesures d’éloignements doivent être motivées et proportionnées pour certaines catégories d’étrangers comme les parents d’enfants français ou les conjoints de français ayant une vie commune supérieur à 3 ans.
2- La notion d’Ordre public : Une notion souplement appréciée.
L’article 2 du protocole additionnel n°4 de la CEDH dispose que «  L’exercice de ces droits ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles (…) constituent des mesures nécessaires, ( …) à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au maintien de l’ordre public, à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».
Ainsi en aucun cas, la décision ne pourra se fonder sur des raisons économiques , elle ne peut pas non plus être prises à vie.L’existence de condamnations pénales ne pourra pas automatiquement justifier l’éloignement…

Article rédigé par Mehnaz : Une jeune juriste (étudiante en droit ),  bénévole dans une association.

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