Archives de Tag: Peine de mort

Extraits de discours de Jean Jaurès


jaures-jean

 

 

 

 

 

[« Non, l’internationalisme n’est ni l’abaissement, ni le sacrifice de la patrie. Les patries, lorsqu’elles se sont constituées, ont été une première et nécessaire étape vers l’unité humaine à laquelle nous tendons et dont l’internationalisme, engendré par toute la civilisation moderne, représente une nouvelle étape, aussi inéluctable. Et de même que la patrie française ne s’est pas organisée contre les différentes provinces qu’elle arrachait à un antagonisme caduc pour les solidariser, mais en leur faveur et pour leur plus libre et large vie, de même la patrie humaine que réclame l’état social de la production, de l’échange et de la science, ne s’opère pas, ne peut pas s’opérer aux dépens des nations de l’heure présente, mais à leur bénéfice et pour leur développement supérieur.

On ne cesse pas d’être patriote en entrant dans la voie internationale qui s’impose au complet épanouissement de l’humanité, pas plus qu’on ne cessait à la fin du siècle dernier d’être Provençal, Bourguignon, Flamand ou Breton en devenant Français.

Les internationalistes peuvent se dire, au contraire, les seuls patriotes, parce qu’ils sont les seuls à se rendre compte des conditions agrandies dans lesquelles peuvent et doivent être assurés l’avenir et la grandeur de la patrie, de toutes les patries, d’antagoniques devenus solidaires. »]

 

[« De même qu’on ne réconcilie pas des individus en faisant simplement appel à la fraternité humaine, mais en les associant, s’il est possible, à une œuvre commune et noble, où, en s’oubliant eux-mêmes, ils oublient leur inimitié, de même les nations n’abjureront les vieilles jalousies, les vieilles querelles, les vieilles prétentions dominatrices, tout ce passé éclatant et triste d’orgueil et de haine, de gloire et de sang, que lorsqu’elles se seront proposé toutes ensemble un objet supérieur à elles, que quand elles auront compris la mission que leur assigne l’histoire, que Chateaubriand leur indiquait déjà il y a un siècle, c’est-à-dire la libération définitive de la race humaine qui, après avoir échappé à l’esclavage et au servage, veut et doit échapper au salariat. « ]

 

[« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ! »]

 

[« Ces grands changements sociaux qu’on nomme des révolutions ne peuvent pas ou ne peuvent plus être l’œuvre d’une minorité. Une minorité révolutionnaire, si intelligente, si énergique qu’elle soit, ne suffit pas, au moins dans les sociétés modernes, à accomplir la révolution. Il y faut le concours, l’adhésion de la majorité, de l’immense majorité. »]

 

[ « Tandis que tous les peuples et tous les gouvernements veulent la paix, malgré tous les congrès de la philanthropie internationale, la guerre peut naître toujours d’un hasard toujours possible… Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l’orage. 
Messieurs, il n’y a qu’un moyen d’abolir la guerre entre les peuples, c’est abolir la guerre économique, le désordre de la société présente, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie — qui aboutit à la lutte universelle sur les champs de bataille — un régime de concorde sociale et d’unité. Et voila pourquoi si vous regardez non aux intentions qui sont toujours vaines, mais à l’efficacité des principes et à la réalité des conséquences, logiquement, profondément, le Parti socialiste est, dans le monde, aujourd’hui, le seul parti de la paix. » ]

 

 

[ Je crois pouvoir dire qu’elle (peine de mort ) est contraire à ce que l’humanité, depuis deux mille ans, a pensé de plus haut et a rêvé de plus noble.

« On nous dit : « La peine de mort ! Elle est nécessaire, elle est exemplaire ; si on la supprime, les crimes vont se multiplier. » (…)

C’est à vous, messieurs, de faire la preuve, par des faits décisifs, qu’elle est, en effet, indispensable. Or, qu’est-ce que je remarque ? Ah ! Si vous la maintenez, si vous la développez, il y aura demain une certitude, la certitude que des têtes humaines tomberont ; mais il y aura cette certitude aussi que, parmi ces têtes qui tomberont, il y aura des têtes d’innocents. » ]

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Pour l’abolition de la peine de mort dans tous les pays !


Que de passions et de débats pour la peine de mort ! La peine de mort a été abolie dans bon nombre de pays occidentaux depuis des décennies mais son ombre, plus ou moins menaçante au gré de faits divers (tragiques) plane toujours nous…  En effet, les meurtres n’ont point cessé, et à la violence et tragédie de certains crimes s’accompagnent souvent le désir de vengeance des proches de la victime soutenus par la société. Certains politiques, en mal de popularité, et certaines figures merdiatiques en quête de buzz, essaient de surfer dans cette océan qu’est la souffrance humaine et prient pour que les bas-instincts des hommes tels les vagues reviennent toujours plus fortes. Et, si au milieu de la vindicte populaire perçoit-on des voix dissidentes, des voix prônant plutôt la réflexion, un système carcéral plus stricte et une possible réinsertion, alors ces gens sont vus tels des êtres insensibles à la peine des victimes,  se souciant beaucoup plus du sort des criminels.

Il n’est pas rare d’entendre ce genre de propos: « Quoi ?!!! La vie d’un meurtrier est donc supérieure à celle d’une victime ? » ou « Mais comment peux tu être hostile à la peine de mort , les meurtriers ne s’abstiennent pas de tuer, eux … »

Ce sujet est capital, car se jouent plusieurs visions de la société. Je ne vais pas essayer de caricaturer ceux qui sont pour la Peine de mort; chacun étant libre d’avoir son point de vue mais je vais juste essayer de vous expliquer en quoi je suis opposé à cette barbarie.

Je suis opposé à la peine de mort, non seulement pour des raisons de principes mais aussi d’efficacité. Loin de moi l’envie de donner de leçons, en effet,  je n’ai jamais connu la souffrance éprouvée par les proches de victimes. je ne sais même pas si je serais capable de supporter cette douleur si un de mes proches devait être violé et tué, je pense d’ailleurs que je voudrais certainement me venger. Je n’aurais qu’à l’esprit de tuer cet individu qui n’a montré aucune pitié. Mais pour autant je n’aurais point raison,  je renierais mes idées ou convictions, et  la haute idée que je me fais de la justice (qui n’est point parfaite) dans un État de droit. Je vais peut-être vous choquer mais je considère la peine de mort, comme « la négation absolue des droits humains, un meurtre commis par l’État, avec préméditation et de sang-froid » , comme un « assassinat légal . On tue  précisément un assassin parce que ce qu’il ne faut pas tuer. D’ailleurs j’observe une contradiction intéressante; l’Etat interdit de tuer mais ne s’empêche pas lui-même de mettre à mort  autrui …Cette mise à mort n’est pas faite pour des raisons de défense nationale (invasion imminente d’un pays ) mais pour des rasons liées à la vengeance.

Et quand bien même la peine de mort serait efficace(ce qui est totalement faux), que penser des victimes d’erreurs judiciaires dont les vies ont été gaspillées inutilement ? On ne peut revenir dans le passé. La justice est avant tout une construction humaine, de ce fait elle n’est point infaillible et parfaite. C’est bien beau que la justice « humaine »  reconnaisse dix ans plus tard qu’une erreur a été commise, ce n’est point cela qui fera revenir l’innocent, le sacrifié qui a été condamné dans la honte, sous les injures et quolibets, perdant parfois  leurs familles respectives et amis … l’innocent lui-même aura subi une triple peine : Une peine d’emprisonnement, la peine capitale et la peine la plus ignoble et tragique qui soit étant donné que l’innocent, cette victime impuissante,  se savait innocent. Quelle souffrance de se savoir impuissant à prouver son innocence …Pleurer, crier de toutes ses forces et de toute son âme, mais rien n’y change ; La justice des hommes veut que vous payez de votre sang impie et impur le meurtre d’une petite fille ou d’un petit garçon. Je n’ose essayer de me mettre à la place de ces gens, de ces victimes « d’horreurs » judiciaires …

Cela a du être assurément le pire des supplices et je prie le Bon Dieu de ne jamais être dans pareille situation car cela peut arriver à tous. Oui même à vous, chers lecteurs (et lectrices) car l’Homme est un loup pour l’homme. Votre voisin, celui qui rit avec vous en vous saluant quotidiennement,  jaloux de votre vie , de votre insouciance, peut œuvrer en vue d’un sombre dessein dans le but de vous plonger dans les abîmes, dans ce puits sans fond qu’est le désespoir humain.

On me dira qu’il y a eu peu d’erreurs judiciaires et que c’est tout ce qui compte. Cet argument peut être contesté de deux manières: Tout d’abord qui nous dit qu’il n’y  en a pas eu  plus, et qu’il n’y aura pas d’erreurs dans le futur ?En effet , la science évolue et c’est grâce à cette science qu’on a connu certains crimes ; Ensuite  une vie humaine, une seule, est et restera sacré à jamais. Je ne peux donner  la vie et même si je le pouvais, une vie reste unique .

D’ailleurs, même si je reprouve ce sentiment de toutes mes forces, Je trouve  que la peine de mort est une peine plutôt rapide pour celui qui veut se venger. A travers la peine de mort, si on se met dans le psyché de celui ou celle qui veut se venger, celle-ci n’est elle pas une peine qui fait en sorte que le condamné soit soulagé de tous ces tracas  terrestres ?Souffrira t-il longtemps ? L’être humain, tel un oiseau, n’est pas fait pour rester dans une cage  et la prison, quoiqu’on en pense, reste une cage. Je pense à ce titre que la prison est bien plus efficace pour punir autrui.

Il n’y a pas de peine de mort «humaine». Quelle que soit la méthode employée, l’exécution ne poursuit qu’un seul but, supprimer une vie. La peine de mort prive une personne de la possibilité d’expier un forfait, de réparer, de se repentir et de s’amender.

Concernant l’efficacité , je pense que la peine capitale n’empêche aucun délit. Les études scientifiques n’apportent aucune preuve que la peine de mort ait réellement l’effet dissuasif qu’on lui attribue. Au Canada par exemple, le nombre d’assassinats a diminué depuis l’abolition de la peine de mort. Aux États-Unis, en revanche, il est plus élevé dans les États qui pratiquent l’exécution capitale que dans ceux qui y ont renoncé. Pour empêcher efficacement les délits, il est nécessaire d’avoir un taux élevé d’élucidation des crimes et un système judiciaire travaillant de manière équitable, rapide et conséquente. j’avais lu dans je ne sais plus quelle revue, que certaines populations (dans certains pays) se faisaient justice elle-même (au vu de la corruption de leurs appareils judiciaires et policiers), Néanmoins les faits divers n’ont point cessé.

[Au fond de chaque homme civilisé se tapit un petit homme de l’âge de pierre, prêt au vol et au viol, et qui réclame à grands cris un œil pour un œil. Mais il vaudrait mieux que ce ne fût pas ce petit personnage habillé de peaux de bêtes qui inspirât la loi de notre pays.]
Albert Camus, Réflexions sur la peine capitale

[Ceux qui croient à la valeur dissuasive de la peine de mort méconnaissent la vérité humaine. La passion criminelle n’est pas plus arrêtée par la peur de la mort que d’autres passions ne le sont, celles-là, sont nobles.] Robert Badinter – Extrait d’un discours à l’assemblée nationale, le 17 septembre 1981

[Dans les pays de liberté l’abolition est presque partout la règle ; dans les pays où règne la dictature, la peine de mort est partout pratiquée. Ce partage du monde ne résulte pas d’une simple coïncidence, mais exprime une corrélation. La vraie signification politique de la peine de mort, est bien qu’elle procède de l’idée que l’État a le droit de disposer du citoyen jusqu’à lui retirer la vie. C’est pas là que la peine de mort s’inscrit dans les systèmes totalitaires : […] Douze personnes, dans une démocratie, qui ont le droit de dire : celui-là doit vivre, celui-là doit mourir ! Je dis : cette conception de la justice ne peut-être celle des pays de liberté, précisément pour ce qu’elle comporte de signification totalitaire.] Robert Badinter

[Notre justice à nous, comme notre destin, est tâtonnement, trouble, erreur, nuage, doute ; martyr, je m’applaudis ; juge, je me redoute ; l’infaillible, est ce moi, dis ? Est-ce toi ? Réponds.]

Victor Hugo : Les quatre vents de l’esprit – L’échafaud -1870

Bref, c’était juste l’opinion d’un Bisounours. 

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