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 » je ne respecte absolument pas le suffrage universel « 


vote suffrage universel

 

 » Je dois vous dire que je ne respecte absolument pas le suffrage universel EN SOI, cela dépend de ce qu’il fait. le suffrage universel serait la seule chose qu’on aurait à respecter indépendamment de ce qu’il produit ? Et pourquoi donc ? Dans aucun autre domaine de l’action et du jugement sur les actions on ne considère qu’une chose est valide indépendamment de ses effets réels. Le suffrage universel a produit une quantité d’abominations. Dans l’Histoire, des majorités qualifiées ont légitimé Hitler ou Pétain, la guerre d’Algérie, l’invasion de l’Irak… Il n’y a donc aucune innocence dans les majorités « démocratiques ». Encenser le nombre parce que les gens sont allés voter, indépendamment de ce que ça a donné, et RESPECTER la décision majoritaire dans une indifférence affichée à son contenu est une chose qui participe de la dépression générale. Parce qu’EN PLUS, si on ne peut même pas exprimer son dégoût du résultat, si on est obligé de le respecter, vous vous rendez compte ! Non seulement il faudrait constater la récurrente stupidité du nombre, mais il faudrait avoir pour elle le plus grand respect. C’est trop !

En réalité, ce qui est là pressenti, sans que les gens puissent vraiment faire le pas, c’est que les élections sont au moins autant un instrument de répression que l’instrument d’expression qu’elles prétendent être. Rien ne produit une plus grande satisfaction des oppresseurs que d’installer les élections partout, que de les imposer, au besoin par la guerre, à des gens qui ne les ont pas demandées. Notre président [ l’auteur fait ici allusion à Nicolas Sarkozy] n’a pas manqué de dire que, pour ce qui était de la GRÈVE, par exemple, on allait voir ce qu’on allait voir. Grâce à Sarkozy, cela va être terriblement électoral la grève, il faudra une majorité absolue, avec des bulletins secrets, des huissiers derrières les urnes, etc. Est-ce pour « démocratiser » les grèves ? Allons donc ! C’est pour les rendre aussi difficile que possible, en prenant les « usagers » (1)comme prétexte, du reste mensonger.

Sur ce point, il faut quand même se souvenir de Mai 68. On a des millions de grévistes, des manifestations tous les jours, une alliance sans précédent entre des jeunes qui ont des trajets différents, ouvriers et étudiants. Tout le monde est emporté par une nouveauté massive. On voit même des drapeaux rouges chez les habitants de certains beaux quartiers. Partout l’extravagance, en somme, partout l’espoir d’une diminution des asservissements. Eh bien, il a suffi que des gens au pouvoir, nommément De Gaulle et surtout Pompidou, arrivent à organiser des élections : On a eu la chambre la plus massivement réactionnaire qu’on ait vue depuis 1919, une chambre bleu horizon. Il n’y a aucun doute que l’élection a été le recours essentiel pour la dissolution et l’écrasement du mouvement. Et ce n’est certes par extrémisme, mais dans la lucidité la plus complète, que des militants criaient alors dans les rues :  » Elections, pièges à cons ! »

Je ne dis pas que l’essence des élections est répressive. Je dis qu’elles sont incorporées à une forme d’Etat, le capitalo-parlementarisme, appropriée à la maintenance de l’ordre établi, et que, par conséquent, elles ont toujours une fonction conservatrice, qui devient, en cas de troubles, une fonction répressive. Tout cela, qui est aujourd’hui représenté de façon plus claire, provoque un sentiment accru d’impuissance : si l’espace de la décision étatique ne vous laisse comme part, à nous citoyens ordinaires, que le vote, alors on ne voit plus très bien, du moins pour le moment, quelles sont les voies de Passage pour une politique d’émancipation »

(1) L’idée que les « usagers » sont systématiquement hostiles aux grèves est une contre-vérité notoire, une parmi toutes sortes de choses assénées comme des évidences par les politiciens et les médias dominants. C’est ainsi que la très longue grève des cheminots, en décembre 1995, a été soutenue dans tout le pays par des manifestations massives, plus massives même qu’en Mai 1968. On a vu, dans certaines villes de province (Roanne, par exemple), la moitié de la population totale de la ville participer aux défilés ! Et depuis, il y a bien eu d’autres contre-exemples.

Source ==>  » De quoi Sarkozy est-il le nom ? » D’Alain Badiou
Paru en octobre 2007

*Alain Badiou est l’un des philosophes français les plus reconnus sur le plan international, l’un des plus traduits, avec une œuvre considérable dans plusieurs registres comme celui de l’ontologie des mathématiques, mais aussi de la politique et du théâtre

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Lettre d’un internaute à …….


Il est bien astucieux quand on prétend se battre contre la misère d’aller s’installer là où elle fait partie du paysage. De ces siècles de souffrance marqués par ces montagnes de résidus de charbons, et par des sourires rangés dans les placards de ces maisons identiques, toutes alignées les unes à côté des autres sans rien pour les différencier. Tous plongés dans la même détresse, dans le même combat quotidien, cette précarité à sens unique qui se lit sur chaque visage. Tous ou presque, car ce combat, madame Le Pen, n’est pas le votre. Le bassin minier, ce n’est pas Neuilly-Sur-Seine. Vous vous êtes abreuvé de culture et de connaissances à la Fac de droit de Paris II quand ils se sont abreuvés de 8-6 et de chants patois . Ils n’ont pas vraiment connu le droit, eux, mais plutôt le devoir de se lever tôt chaque matin pour rentrer tard le soir, la gueule noire et les tympans sifflants, abîmés par les bruits monstres des coups de grisous.

La vérité ? Vous êtes pareil à ceux que vous maudissez. Au même titre que vous prétendez que les marchés financiers ont la mainmise sur l’économie mondiale, vous avez la mainmise sur ces pauvres gens, dépourvus d’opinion, saignés jusqu’au profond d’eux mêmes, devant lesquels vous vous présentez comme une solution miracle alors que vous n’êtes qu’une promesse de plus à ces personnes qui, depuis les conditions de travail que Zola nous décrit si bien dans  » Germinal « , ont vu passés beaucoup de sauveurs auto-proclamés, sans jamais rien obtenir.
Vous qui vous plaignez tant que l’on fasse du tort au Front National en le comparant à un certain parti national-socialiste, pourquoi alors user du même stratège électoraliste ?

Paternalisme politique ? Je dirais dictature morale. Patriotisme sur développé ? Je dirais haine héréditairement acquise. Bien que le bulletin  » Le Pen  » que l’on glisse dans l’urne soit majoritairement contestataire, je vous rejoins sur un point. La situation de la France est bien triste.. Au pays des lumières subsiste encore l’ombre de votre père. A tel point que je trouve ça répugnant que l’on puisse oublier l’Histoire, et la quantité de sang versé pour combattre la haine à son apogée européenne, pour combattre la liberté et cette fraternité qui vous est chère mais dont vous ne vous gênez pas pour imposer une limite qui s’arrête à la barrière d’une couleur de peau. Honte à notre pays d’applaudir de tels discours. Honte à notre pays d’avoir pu faire confiance à votre personne, ce qui n’est pas mon cas car je suis indifférent à tous ceux que vous pouvez clamer et je n’y céderai point. Je garde mes distances et je n’oublie  que ce n’est point par le son de la flûte qu’est charmé le serpent, mais par le mouvement du flûtiste.

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