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 » le Général de Gaulle fut un dictateur  »


Qu’est ce que la dictature du prolétariat ?

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[ COMPRENDRE ] Dis MAMAN, C’est quoi la  » DICTATURE DU PROLÉTARIAT » ?

LE POUVOIR DES MOTS

Bourdieu disait : le langage « est un instrument d’action et de pouvoir ». Roland Barthes définira la langue comme « ni réactionnaire, ni progressiste » mais comme  » tout simplement : fasciste ; car le fascisme, ce n’est pas d’empêcher de dire, c’est d’obliger à dire. »[1]

[Petite Illustration. Figurez-vous par exemple un jeune (ou moins jeune) qui n’aime pas beaucoup lire et préfère visionner des programmes télévisés. Désolé d’avance si nous usons d’un langage fort discourtois envers la gente féminine mais c’est juste pour que vous puissiez vous figurer la chose plus nettement. Donc ce jeune lambda trouvera à son goût deux belles jeunes femmes. Pour en faire part à ses potes, il dira  » Ah tiens, Laura est bonne  » /  » Ah tiens, Margot est plus bonne ». Or, ce…

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Les fameux propos qui ont soulevé une gigantesque polémique


Un texte à partager autour de vous !

Les sites de rencontre ou la mort de l’Amour…


Beauté russe site de rencontre

 

 

Le texte ci-dessous est un extrait de l’ouvrage intitulé  » Eloge de l’Amour « , fruit d’un dialogue entre Alain Badiou et Nicolas Truong. Editions Flammarion.

 

[ Dans un ouvrage devenu célèbre, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, vous soutenez que  » l »amour doit être réinventé mais aussi tout simplement défendu parce qu’il est menacé de toutes parts ». De quoi est-il menacé ? Et en quel sens les anciens mariages arrangés ont-ils selon vous revêtu des habits neufs aujourd’hui ? Je crois qu’une récente publicité pour un site de rencontres par internet vous a particulièrement frappé… 

 

C’est vrai, Paris a été couvert d’affiches pour le sites de rencontres Meetic, dont l’intitulé m’a profondément interpellé. Je peux citer un certain nombre de slogans de cette campagne publicitaire. Le premier dit – et il s’agit du détournement d’une citation de théâtre –  » Ayez l’amour sans le hasard! « . Et puis, il y en a un autre :  » On peux être amoureux sans tomber amoureux ! » Donc, pas de chute, n’est-ce pas ? Et puis, il y aussi :  » Vous pouvez parfaitement être amoureux sans souffrir ! » Et tout ça grâce au site de rencontres Meetic… qui vous propose de surcroît – l’expression m’a paru tout à fait remarquable – un  » coaching amoureux« .

Vous aurez donc un entraînement qui va vous préparer à affronter l’épreuve. Je pense que cette propagande publicitaire relève d’une conception sécuritaire de l’ « amour ». C’est l’amour assurances tous risques : vous aurez l’amour, mais vous aurez si bien calculé votre affaire, vous aurez si bien sélectionné d’avance votre partenaire en pianotant sur internet – vous aurez évidemment sa photo, ses goûts en détail, sa date de naissance, son signe astrologique, etc.- qu’au terme de cette immense combinaison, vous pourrez vous dire : «  Avec celui-là, ça va marcher sans risques !  » Et ça, c’est une propagande, c’est intéressant que la publicité se fasse sur ce registre-là.

Or, évidemment, je suis convaincu que l’amour, en tant qu’il est un gout collectif, en tant qu’il est, pour quasiment tout le monde, la chose qui donne à la vie intensité et signification, je pense que l’amour ne peut pas être ce don fait à l’existence au régime de l’absence totale de risques. Ca me parait un petit peu comme la propagande qu’avait faite à un moment donné l’armée américaine pour la guerre  » zéro mort »

 

Il y aurait selon vous une correspondance entre la guerre  » Zéro mort » et l’amour « zéro risque » de la même manière qu’il existe, pour les sociologues Sennett et Zygmunt Bauman, une analogie entre le  » je ne t’engage pas » que dit l’agent du capitalisme financier au travailleur précaire et le « je ne m’engage pas » que prononce à sa ou son partenaire l’ « amoureux  » détaché dans un monde où les liens se font et se défont au profit d’un libertinage cory et consumériste ? 

 

C’est un peu le même monde, tout ça. La guerre  » zéro mort« , l’amour « zéro risque« , pas de hasard, pas de rencontre, je vois là, avec les moyens d’une propagande générale, une première menace sur l’amour, que j’appellerais la menace sécuritaire. Après tout, ce n’est pas loin d’être un mariage arrangé. Il ne l’est pas au nom de l’ordre familiale par des parents despotiques, mais au nom du sécuritaire personnel, par un arrangement préalable qui évite tout hasard, toute rencontre, et finalement toute poésie existentielle, au nom de la catégorie fondamentale de l’absence de risques.

Et puis, la deuxième menace qui pèse sur l’amour, c’est de lui denier toute importance. La contrepartie de cette menace sécuritaire consiste à dire que l’amour n’est qu’une variante de l’Hédonisme généralisé, une variante des figures de la jouissance. Il s’agit ainsi d’éviter toute épreuve immédiate, toute expérience authentique et profonde de l’altérité dont l’amour est tissé. Ajoutons tout de même que, le risque n’étant jamais éliminé pour de bon, la propagande de Meetic comme celle des armées impériales, consiste à dire que le risque sera pour les autres !

Si vous êtes, vous, bien préparé pour l’amour, selon les canons du sécuritaire moderne, vous saurez, vous, envoyez promener l’autre, qui n’est pas conforme à votre confort. S’il souffre, c’est son affaire, n’est ce pas ? Il n’est pas dans la modernité. De la même manière que  » zéro mort« , c’est pour les militaires occidentaux. Les bombes qu’ils déversent tuent quantité de gens qui ont le tort de vivre dessous mais ce sont des afghans, des palestiniens… Ils ne sont pas modernes non plus. L’amour sécuritaire, comme tout ce dont la norme est la sécurité, c’est l’absence de risques pour celui qui a une bonne assurance, une bonne armée, une bonne police, une bonne psychologie de la jouissance personnelle, et tout le risque pour celui en face de qui il se trouve.

Vous avez remarqué que partout on vous explique que les choses se font «  pour votre confort et votre sécurité« , depuis les trous dans le trottoir jusqu’aux contrôles de police dans les couloirs du métro. Nous avons là les deux ennemis de l’amour, au fond : la sécurité du contrat d’assurance et le confort des jouissances limitées.

 

Il y aurait donc une sorte d’alliance entre une conception libertaire et une conception libérale à l’amour ?

Je crois en effet que libéral et libertaire convergent vers l’idée que l’amour est un risque inutile et qu’on ne peut avoir d’un côté une espèce de conjugalité préparée qui se poursuivra dans la douceur de la consommation et de l’autre, des arrangements sexuels plaisants et remplis de jouissance, en faisant l’économie de la passion.

De ce point de vue, je pense réellement, que l’amour, dans le monde tel qu’il est, est pris dans cet étreinte, dans cet encerclement, et qu’il est à ce titre, menacé. Et je crois que c’est une tâche philosophique, parmi d’autres, de le défendre. Ce qui suppose probablement, comme le disait le poète Rimbaud, qu’il faille le réinventer. Ça ne peut pas être une défensive par la simple conservation des choses. Le monde est en effet rempli de nouveautés et l’amour doit aussi être pris dans ses novations. Il faut réinventer le risque et l’aventure, contre la sécurité et le confort. ]

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 » Qu’est ce que les pauvres vont faire avec des congés ? C’est travailler qu’il leur faut. »


assistés chomeur

[ L’idée que les pauvres puissent avoir des loisirs a toujours choqué les riches. En Angleterre, au XIXe siècle, la journée de travail normal était de quinze heures pour les hommes, de douze heures pour les enfants, bien que ces derniers aient parfois travaillé quinze heures eux aussi. Quand des fâcheux, des empêcheurs de tourner en rond suggéraient que c’était peut-être trop, on leur répondait que le travail évitait aux adultes de sombrer dans l’ivrognerie et aux enfants de faire des bêtises. Dans mon enfance, peu après que les travailleurs des villes eurent acquis le droit de vote, un certain nombre de jours fériés furent établis en droit, au grand dam des classes supérieures. Je me rappelle avoir entendu une vieille duchesse qui disait :  » Qu’est ce que les pauvres vont faire avec des congés ? C’est travailler qu’il leur faut. » De nos jours, les gens sont moins francs, mais conservent les mêmes idées reçues, lesquelles sont en grande partie à l’origine de notre confusion dans le domaine économique ]

BERTRAND RUSSEL

 » Juin1936. La semaine tombe à quarante heures. Les maîtres de forges en Lorraine tonnent contre ce qu’ils baptisent «la loi de fainéantise sociale»: «Nos entreprises sont perdues. Comment relever le pays si nos ouvriers habitués à la tâche et fiers de l’accomplir travaillent deux fois moins? La France va à sa ruine. Et tous, nous pâtiront de ce luxe de paresse!» La chanson contre la réduction du temps de travail est une vieille rengaine. Au fil des siècles, les archives déclinent les mêmes arguments.

Nous sommes en 1848. La journée de travail du textile lyonnais vient de passer de quatorze à douze heures. Pour la chambre patronale des soieries, c’est la catastrophe. Elle adresse au préfet une supplique pour dénoncer la dangerosité et l’amoralisme de la nouvelle loi: «Nous attirons votre attention sur les graves conséquences qu’auraient à subir nos industries au cas où la loi venait à être appliquée. Vous le savez, la main-d’œuvre ici est exigeante et hors de prix. Avec quatorze heures, nous tenions à peine. Douze heures précipiteraient les faillites. Le travail, dans nos entreprises, a toujours commencé à quatre heures du matin, repos d’un quart d’heure à midi, repos final à dix-huit heures Les filles employées s’y livrent sans que leur santé n’en ait jamais été altérée et sans qu’elles ne se plaignent de leur sort par ailleurs envieux quand on songe à tous les “sans-travail” qui écument les rues. Ici, la main-d’œuvre est plus coûteuse qu’à l’étranger. Si nous maintenions le même salaire pour la journée réduite à douze heures, la partie ne serait plus tenable. Nous serions dans l’obligation de fermer nos manufactures et de les transporter là où l’ouvrière est la moins dispendieuse. Et puis, que l’on ne se trompe pas, l’ouvrière ramenée à douze heures continuerait à se lever à l’aurore pour n’arriver à la manufacture qu’à la minute obligatoire, plus disposée à se reposer des occupations auxquelles elle aurait vaqué dehors qu’à attaquer avec ferveur le travail de nos fabriques. Redevenue plus tôt libre le soir, elle n’en profiterait pas dans l’intérêt de son sommeil. Il y aurait à craindre pour la moralité de celles qui, étant sans famille, se verraient affranchies de toute surveillance pendant deux longues heures de la soirée.» Le texte est éloquent. On entendra la même remarque pour réprouver la loi qui interdit aux enfants le travail dans les mines: «Loi qui porte atteinte au droit du travail et à la liberté individuelle», 1919. La loi des huit heures suscite les mêmes réactions. Voici ce qu’écrit un entrepreneur de la métallurgie: «On en veut à ceux qui font la richesse du pays. Il est sûr que nos industries péricliteront, et puis que feront nos ouvriers de tout ce temps vacant? Désœuvrement, fréquentation plus assidue des estaminets. Décidément, la morale n’est plus du côté du gouvernement. Faudra-t-il bientôt que nous transportions nos industries dans les colonies?»

SOURCE ==> http://www.humanite.fr/10_10_2010-la-vieille-rengaine-du-patronat-455433

 

 

[ LE SAVIEZ-VOUS ? ]

Le salaire vient du terme « salarium ». Le « salarium », c’était à la base un impôt sur le sel servant à rétribuer les esclaves publics ( du temps de la Rome antique )

Quant au « TRAVAIL », ce mot vient du terme latin  » tripalium » qui désigne un INSTRUMENT DE TORTURE à trois pieux capable d’infliger aux ESCLAVES REBELLES le plus atroce et le plus lent des supplices.

 

.Chez les athéniens, l’activité la plus noble consistait à participer activement à la gestion de la cité (assemblées, débattre du bien collectif, tirage au sort, etc) et éventuellement discuter avec des amis, pratiquer la gymnastique, boire du bon vin, rendre gloire au divin, etc. Le travail, c’était la servitude. Une activité destinée aux esclaves, et éventuellement aux citoyens pauvres.

Le grand Aristote n’a t-il pas lui-même dit qu’il y avait des gens qui étaient nés pour travailler, pour être des esclaves ? Il fallait bien que certains individus travaillent de manière servile pour que d’autres, nées pour être libres, puissent consacrer tout leur temps à la réflexion, à l’art, à la philosophie, et à la délibération démocratique (qui pour rappel ne concernait que les citoyens athéniens – une minorité donc – et non les femmes, ces êtres mineurs sans oublier bien sûr les métèques).

Chez les chrétiens, le travail est la PUNITION ULTIME (cf la genèse). Adam et Ève étaient heureux. Ils avaient tout à leur disposition. Le Paradis : le Jardin d’Eden. Parce qu’Adam osa désobéir à Dieu, la punition serait un TRAVAIL harassant, un dur labeur le tuant petit à petit (sol ingrat). Parce qu’Ève avait pêché, elle enfanterait dans une immense douleur (TRAVAIL de l’accouchement ) et serait dominée par son mari. Une malédiction pour des siècles et des siècles.

Tout au long du moyen-âge, le travail, c’est encore la servitude. Les serfs qui travaillent pour la classe privilégiée et oisive : Le seigneur du coin, et son copain le clerc (Distinction doit être faite entre le bas clergé et le Haut-clergé).
Pour exercer une domination efficace et pérenne, il ne faut pas seulement de la force. Il faut aussi une justification, tout un arsenal juridique(droit édicté par les forts, groupe social dominant), moral, etc.

Il s’ensuit que pour maintenir la classe laborieuse dans un état de servage, pour dominer celle-ci, les classes dominantes et oisives – celles là même qui ne foutaient rien si ce n’est se bourrer la panse et porter assistance de manière épisodique au roi – n’eurent d’autre choix que de « glorifier » le travail des serfs. Le fameux argument du « dur labeur » libérant les hommes. Le « fameux « labeur honnête » rendant l’homme vertueux etc. La glorification de l’exploitation, de l’oppression tout en se gardant bien de travailler soi-même. Ah, l’usage de la morale !

Quelle sagacité ! Nous ne pouvons qu’en être admiratifs ! Le serf devait savoir qu’il était tout à fait dans l’ordre des choses de travailler pour un tortionnaire et éventuellement un voleur( Oui, il semblerait que la propriété soit liée au vol. La féodalité. la propriété de tel fief était accordée par le suzerain, qui lui-même avait conquis un territoire occupé, en tuant et en volant des terres occupées) mais qu’il devait aussi être heureux de travailler pour un tel maître.

Cela n’a pas beaucoup changé. Ce sont toujours les mêmes classes de naguère, les mêmes groupes sociaux (ou du moins certains de leurs représentants ), certes ayant changé un peu d’aspect à travers le temps, qui – sans travailler de manière harassante – ne cessent de glorifier le travail plus qu’harassant des autres, l’aliénation, l’exploitation et l’oppression, ne cessent d’encourager l’esclavage. les esclavagistes usèrent de la bible elle-même, pour justifier l’esclavage des noirs. Les colonialistes usèrent de ce profond sentiment d’humanité (le fameux devoir des races supérieures envers les races inférieures) pour justifier l’exploitation.

Parce que les bourgeois conservateurs du XIXe siècle aimaient profondément la FEMME, ils ne cessèrent de louer en elle sa fonction biologique (Encore aujourd’hui, le Pen Père n’a t-il pas dit que les femmes devaient ASSUMER leur fonction de reproduction ?), la « mère ». La femme devait donc rester à la maison, être dépendante financièrement de l’Homme et ne point s’occuper d’affaires relevant de la gestion de la cité pour le bien des enfants, pour le bien de la famille. Cela n’empêcha pas certains de ces bourgeois hypocrites de faire travailler à moindre coût des femmes ouvrières et des enfants. « Morale » à géométrie variable.

Le plus triste dans cette histoire, c’est qu’il y eût de tout temps des serfs, et des esclaves pour louer le seigneur et l’esclavagiste du coin (Dieu merci, ils ne sont pas majoritaires)
« Comment ? tu oses désobéir au maître, le représentant de Dieu lui-même ? Ne sais tu pas donc que nous avons été maudits parce qu’il a été écrit quelque part dans la bible que notre ancêtre Cham a fait ceci ou cela ? Et estimons nous encore heureux que le maître nous lise des passages de la bible pour assurer notre entrée au paradis car nous ne savons pas lire »  » Comment ?! tu oses critiquer le seigneur qui nous protège contre des envahisseurs ?! »

De là il vient qu’encore aujourd’hui, celui qui ne travaille pas ou pas assez ( selon ces nouveaux larbins moralistes d’aujourd’hui) soit très mal perçu. Il va sans dire que l’oisif (ou perçu comme oisif) critiqué très négativement ne peut aucunement être un rentier, un héritier laissant vacant des logements pendant que des SDF meurent de froid; l’oisif qui spécule, bien au chaud, sur les denrées alimentaires pendant que des femmes et enfants meurent de faim tous les jours ne peut aucunement être critiqué négativement. C’est toujours entre serfs que ça se passe. Ces larbins admirent les oisifs athéniens(ceux qui ont inventé la démocratie), les conjectures métaphysiques de ces derniers, mais vouent aux gémonies les chômeurs, les fonctionnaires, les cheminots, les syndicalistes, les profs etc.

Notons toutefois un paradoxe. Ceux-là mêmes – les descendants des serfs – qui ne cessent de glorifier le travail harassant, la servitude sont les premiers à vouer aux gémonies ceux qui ne sont venus ici que pour travailler d’arrache-pied. L’individu d’origine étrangère qui se tue à la tâche, servile car ne disposant pas de papiers et donc de droits, est fortement critiqué, détesté par ceux-là même qui n’ont de cesse de louer le travail et d’en vouloir aux « fainéants ». Crétinisme ou égoïsme ? Peut-être les deux.

 

 

 

 » je ne respecte absolument pas le suffrage universel « 


vote suffrage universel

 

 » Je dois vous dire que je ne respecte absolument pas le suffrage universel EN SOI, cela dépend de ce qu’il fait. le suffrage universel serait la seule chose qu’on aurait à respecter indépendamment de ce qu’il produit ? Et pourquoi donc ? Dans aucun autre domaine de l’action et du jugement sur les actions on ne considère qu’une chose est valide indépendamment de ses effets réels. Le suffrage universel a produit une quantité d’abominations. Dans l’Histoire, des majorités qualifiées ont légitimé Hitler ou Pétain, la guerre d’Algérie, l’invasion de l’Irak… Il n’y a donc aucune innocence dans les majorités « démocratiques ». Encenser le nombre parce que les gens sont allés voter, indépendamment de ce que ça a donné, et RESPECTER la décision majoritaire dans une indifférence affichée à son contenu est une chose qui participe de la dépression générale. Parce qu’EN PLUS, si on ne peut même pas exprimer son dégoût du résultat, si on est obligé de le respecter, vous vous rendez compte ! Non seulement il faudrait constater la récurrente stupidité du nombre, mais il faudrait avoir pour elle le plus grand respect. C’est trop !

En réalité, ce qui est là pressenti, sans que les gens puissent vraiment faire le pas, c’est que les élections sont au moins autant un instrument de répression que l’instrument d’expression qu’elles prétendent être. Rien ne produit une plus grande satisfaction des oppresseurs que d’installer les élections partout, que de les imposer, au besoin par la guerre, à des gens qui ne les ont pas demandées. Notre président [ l’auteur fait ici allusion à Nicolas Sarkozy] n’a pas manqué de dire que, pour ce qui était de la GRÈVE, par exemple, on allait voir ce qu’on allait voir. Grâce à Sarkozy, cela va être terriblement électoral la grève, il faudra une majorité absolue, avec des bulletins secrets, des huissiers derrières les urnes, etc. Est-ce pour « démocratiser » les grèves ? Allons donc ! C’est pour les rendre aussi difficile que possible, en prenant les « usagers » (1)comme prétexte, du reste mensonger.

Sur ce point, il faut quand même se souvenir de Mai 68. On a des millions de grévistes, des manifestations tous les jours, une alliance sans précédent entre des jeunes qui ont des trajets différents, ouvriers et étudiants. Tout le monde est emporté par une nouveauté massive. On voit même des drapeaux rouges chez les habitants de certains beaux quartiers. Partout l’extravagance, en somme, partout l’espoir d’une diminution des asservissements. Eh bien, il a suffi que des gens au pouvoir, nommément De Gaulle et surtout Pompidou, arrivent à organiser des élections : On a eu la chambre la plus massivement réactionnaire qu’on ait vue depuis 1919, une chambre bleu horizon. Il n’y a aucun doute que l’élection a été le recours essentiel pour la dissolution et l’écrasement du mouvement. Et ce n’est certes par extrémisme, mais dans la lucidité la plus complète, que des militants criaient alors dans les rues :  » Elections, pièges à cons ! »

Je ne dis pas que l’essence des élections est répressive. Je dis qu’elles sont incorporées à une forme d’Etat, le capitalo-parlementarisme, appropriée à la maintenance de l’ordre établi, et que, par conséquent, elles ont toujours une fonction conservatrice, qui devient, en cas de troubles, une fonction répressive. Tout cela, qui est aujourd’hui représenté de façon plus claire, provoque un sentiment accru d’impuissance : si l’espace de la décision étatique ne vous laisse comme part, à nous citoyens ordinaires, que le vote, alors on ne voit plus très bien, du moins pour le moment, quelles sont les voies de Passage pour une politique d’émancipation »

(1) L’idée que les « usagers » sont systématiquement hostiles aux grèves est une contre-vérité notoire, une parmi toutes sortes de choses assénées comme des évidences par les politiciens et les médias dominants. C’est ainsi que la très longue grève des cheminots, en décembre 1995, a été soutenue dans tout le pays par des manifestations massives, plus massives même qu’en Mai 1968. On a vu, dans certaines villes de province (Roanne, par exemple), la moitié de la population totale de la ville participer aux défilés ! Et depuis, il y a bien eu d’autres contre-exemples.

Source ==>  » De quoi Sarkozy est-il le nom ? » D’Alain Badiou
Paru en octobre 2007

*Alain Badiou est l’un des philosophes français les plus reconnus sur le plan international, l’un des plus traduits, avec une œuvre considérable dans plusieurs registres comme celui de l’ontologie des mathématiques, mais aussi de la politique et du théâtre

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[ LE SAVIEZ-VOUS ? ] LE PEUPLE NUER


femme afrnuer

 

 

 

Chez les NUER (Tribu du soudan du sud), une femme stérile peut épouser une autre femme. La femme stérile choisira un homme pour vivre avec elles et dont le rôle sera de mettre enceinte l’autre femme non-stérile. L’enfant portera le nom de la femme stérile (considéré comme le Père) et sera considéré comme le sien.

La structure politique des Nuer a fait l’objet d’une étude par l’ethnologue britannique Evans-Pritchard dans les années 1930.Cette étude était commanditée par le gouvernement du Soudan anglo-égyptien en difficulté avec ce peuple sans chef et sans hiérarchie.

Evans-Pritchard décrit cette société comme une « anarchie ordonnée » (notion qui recoupe celle de « société sans État »)

Source : Les Nuer de E.E. Evans-Pritchard

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