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« JE VEUX TÉMOIGNER POUR MON PÈRE, MORT DU TRAVAIL »


suicide boulot

 

Un texte émouvant dont nous vous recommandons la lecture

 » Mourir à cause du travail, c’est précisément l’histoire de mon père.
Il s’appelait Richard.
Papa s’est pendu dans le garage alors que j’étais encore un ado et ma sœur, un bébé.
Ça fera 12 ans cette année et je n’ai pourtant rien oublié.
Quand j’y repense, j’ai des émotions qui me remontent. C’est automatique.
Je revois tout comme si c’était hier :
La porte du garage entrouverte et les adultes qui m’interdisaient d’aller y voir.
Ma mère qui pleurait, qui allait et venait, et qui m’embrassait pas comme d’habitude.
Elle avait une drôle de voix ma mère.
Elle tremblait, elle gémissait, elle se décomposait.
Elle s’est effondrée sur l’épaule d’une voisine, sanglotant à tomber par terre.
Des gens l’ont relevée pour lui redonner sa dignité.
On comprenait rien de ce qu’elle baragouinait.
C’était plus des mots dans sa bouche.
C’était que de la douleur.
Elle avait vu quelque chose de terrifiant.
La mort toute crue.
C’est elle qui a trouvé mon père pendu.
J’avais jamais imaginé que je verrais un jour ma mère comme ça, dans cet état de panique.
C’était hallucinant.
Un véritable choc pour moi.

Il y a aussi eu les policiers et le médecin.
Avec l’air grave, ils constatèrent la situation avant de tout mentionner par écrit :
Heure du décès, condition de la mort, message laissé par le défunt.
Un petit bout de papelard coincé sous un outil, griffonné de traviole et signé.
Environ trente mots de souffrance jetés maladroitement avant de bondir dans le néant.
Même encore aujourd’hui, je ne peux pas les relire.
C’est impossible à affronter.
Ce sont les mots les plus insupportables qu’il m’ait été donné de voir.
Si mon souvenir est exact, et il doit l’être normalement, j’avais 14 ans.
C’était l’été et j’avais le droit de sortir avec des personnes plus âgées et responsables.
On venait de rentrer de la ville d’à côté.
On avait vu » Taxi 2 » au ciné avec une glace après la séance.
J’avais encore plein d’images sensationnelles dans la tête :
La 406 blanche tunée au max, les courses poursuites, les japonais et les flics.
D’un seul coup, ça faisait tout bizarre de voir une vraie voiture de police devant chez nous.
Pourquoi elle était là ?
D’habitude, on n’avait jamais de problème avec qui que ce soit.
Jamais arrêtés, jamais d’histoire de voisinage, jamais de plainte.
On était la famille la plus tranquille de la rue.
Mes parents voulaient d’ennui avec personne.
Cette bagnole là, gyro allumé, c’était pas bon signe.
Donc, forcément c’était pas pour rire. Là, c’était pas un film.
Depuis, je déteste la série des » Taxi « .
Je peux plus voir une 406 blanche en peinture.

Autour de nous, il y avait plein de gens qui nous regardaient.
Parfois, les gens étaient chez eux, à la fenêtre ou juste derrière les thuyas.
On s’avançait vers la maison, moi et la personne qui m’accompagnait.
Il y a même des visages que je ne connaissais pas, que j’avais jamais vu.
C’était pour certains des gens du bout de la rue.
C’est clair, je n’étais pas préparé à me prendre en pleine poire la mort de mon père.
On m’a expliqué les choses tout en me ménageant, et on s’y est pris très mal.
Tout le monde sait parler à un tout petit ou un très grand, mais pas à un môme de 14 ans.
C’est ce que je constate avec l’avancée en âge, avec la maturité d’aujourd’hui.
Je ne chialais pas, juste que je comprenais mais que j’enregistrais pas.
J’étais pas en mode » rec « .
J’étais paumé.
C’était si abrupt, si soudain, si impossible, et même pas envisageable du tout.
Je savais où était maman, mais, où il était lui, papa ?
Dans la foulée, j’ai vu le corps partir, emporté par des ambulanciers.
Il est passé seulement à une dizaine de mètres de moi.
Il était emballé dans quelque chose d’épais et de gris.
Je n’ai pas su quoi car on a bien fait en sorte que je ne puisse pas voir jusqu’au bout.
Un adulte qui sanglotait m’a mis la main devant les yeux et m’a serré contre lui.
Sans doute pour censurer une image de ma mémoire qui allait me poursuivre toute ma vie.
Trop tard, c’était déjà imprimé.

Allongé, papa est parti, et maman aussi avec la police.
Ils ne voulaient pas qu’elle conduise sous l’effet de l’émotion.
Elle aurait fait n’importe quoi.
Après, tout s’est arrêté très vite.
Plus d’agitation, plus de foule, plus d’aboiement de chien.
Plus de gyrophare bleu le long du mur de la maison.
Le silence s’est abattu sur nous comme une chape de plomb.
On avait l’impression que tout redevenait normal, mais ça ne l’était pas.
Des amis de mes parents sont venus à la rescousse, et de la famille aussi.
Une dame que je connaissais mal, nous a préparé le dîner à moi et ma soeur.
Dans la cuisine, elle nous a tenu compagnie tout le temps du repas.
Elle animait la conversation avec des banalités de mon âge, pour garder mon attention.
Ma sœur, elle a réclamé un peu maman, puis plus rien.
Elle s’est contentée à jouer avec sa cuiller.
Dans la pièce d’à côté, on pleurait et on parlait tout bas.
C’est là que tout mon intérêt était pourtant porté, hors de la cuisine.
La porte était toujours un peu entrebâillée car la dame parlait aussi avec les gens du salon.
Je regardais les visages rougis et les mouchoirs triturés par les doigts.
Bons ou mauvais, les mots ne servaient plus à grand chose.
A la suite, comme un tout petit qu’on emmène au lit, j’ai brossé mes dents et enfilé mon pyjama.
On m’a couché alors qu’il faisait encore jour.
Le soleil jaune filtrait à travers les volets.
Tout seul dans la pénombre, j’entendais les voix des copains qui jouaient dehors au ballon.
Peut-être que leurs parents ne leurs avaient pas dit pour mon père.
J’ai vécu cet isolement brutal comme une punition.
J’avais été comme jeté aux oubliettes.
J’étais tout seul au premier étage et tout le monde était en bas à parler.
On n’a pas idée d’abandonner un gamin tout seul dans son lit alors qu’il vient de perdre son père.
Ça semble pas grave, mais c’est carrément cruel.
Il ne peut pas dormir, il ne peut que cogiter et avoir une méga-trouille.
A savoir que je ne pleurais toujours pas.
Je ne disais rien. J’attendais et j’obéissais parce que j’étais paralysé.
Je me repassais les sons et les images en boucle, pour tirer un sens à tout ça.
Les larmes sont venues beaucoup plus tard, lorsque ma mère est revenue à la maison.
Elle a parlé dix minutes avec quelqu’un en bas, puis elle s’est retrouvée seule dans le salon.
Du haut de ma chambre, j’entendais ses pleurs qui faisaient venir les miens.
Tampis si j’allais me faire gronder.
Chez nous, quand on était au lit, on ne se levait pas, c’était interdit.
Je suis descendu, et j’ai accompli ce soir là ma première action d’adulte.
J’ai tenté de consoler ma mère sans lui demander un câlin, mais en lui parlant.
Je lui ai posé de nombreuses questions.
Je lui ai demandé ce qui allait se passer après, sans papa.
Jamais j’aurais fait ça avant car j’étais un petit roi inconscient.
Papa et maman pour toujours, en train de s’occuper de moi.
La vie était belle et je ne le savais même pas.

Pour parler de mon père :
Longtemps il a été chauffeur routier sur de la longue distance.
Il a fait de l’international dans sa jeunesse, puis plus que du national à ma naissance.
Un métier pas évident à conjuguer avec une vie de famille.
Papa aimait la route tout autant qu’il nous aimait nous, j’en suis certain.
Comme il ne pouvait pas trancher, il a pris les deux : La maison et le camion.
Il avait une passion authentique pour les poids lourds.
Une passion qu’il expliquait bien aux autres et aux amoureux de la route.
Son rêve : tenir pendant 2000 bornes un road-train sur la Stuart highway, en Australie.
Le quotidien des truckers de là-bas, mais un moment de bonheur simple pour lui.
Mais, il n’a pas réalisé son rêve.
C’est peut-être un jour quelque chose que je ferais pour lui rendre hommage.
Pendant les fêtes, il pensait toujours à m’offrir des modèles réduits.
Dans ma chambre, j’avais tous les grands constructeurs : Scania, Berliet, Volvo, Kenwood…
C’était pas des maquettes fragiles et compliquées à peindre mais du solide en métal.
C’était des vrais jouets qui ont mordu la poussière.
Il y en a même qui ont mangé du gravier et pris des éclats sur la peinture.
Ils sont toujours là, chez ma mère, avec pas mal de mètres au compteur.
J’avais aussi plein d’affiches aux murs de trucks américains.
Si aujourd’hui j’aime la route, si je vis sur la route, c’est grâce à papa.
Je lui dois mon goût pour l’asphalte.
Je ne suis heureux que sur la route, et chez maman.
Là dessus, mon père a toujours été un modèle pour moi.

Papa a bossé pour une famille de galeux qui ont exploité sa gentillesse.
Comme il rendait presque tout le temps des services, on lui en demandait toujours plus.
Même pendant ses congés, il devait faire parfois des extras en local avec une camionnette.
C’était ça ou sinon il avait droit à du chantage sur la paie à la fin du mois.
Ça arrangeait bien sa charogne de patron, une ordure de première.
Mon père n’était même pas encore incinéré que cet empafé embauchait déjà un autre chauffeur.
Il lui a tout donné des affaires de mon père.
C’est ce qui m’a choqué le plus.
Le remplaçant aussi n’a pas tenu le coup.
Mais lui, il a eu le courage d’aller jusqu’aux prud’hommes.
J’ai jamais su s’il avait gagné contre l’autre crapule.
Dans cette boite, ils étaient tous plus ou moins des esclaves aux ordres de Dieu, le père.
Si j’ai de la méfiance envers les patrons aujourd’hui, c’est à cause de lui, de ce négrier.
Tout pour le fric, rien pour les hommes.
Combien il y en a qui ont les dents longues ?
Moi je sais : un sacré paquet.

Là où mon père a fait son tord :
Le défaut principal de mon père était de ne pas savoir dire non.
Le second était de ne jamais se plaindre, pour ne pas contrarier son entourage.
C’était sa hantise.
Il avait vu trop de disputes dans sa jeunesse, ça l’avait traumatisé.
Jamais s’engueuler avec personne, c’était une règle importante avec la famille et les amis.
A cause de ça, on n’a pas vu le vent vraiment venir.
Il avait juste une baisse de forme un peu passagère dans les derniers temps.
Il avait une tendance à être encore moins bavard que d’habitude.
Déjà qu’il ne parlait pas beaucoup et qu’il n’exprimait pratiquement pas ses émotions.
On n’a pas remarqué qu’il était devenu dépressif au dernier stade.
De ça, ma mère s’en est longtemps voulue de n’avoir rien vu.
Il n’en pouvait plus, mais il ne disait rien.
C’était pas dans son éducation.
J’ai même jamais vu pleurer mon père, sauf avec les oignons.
Il a caché sa souffrance jusqu’à la rupture.
Par peur d’avoir l’air affaibli ou par peur du qu’en-dira-t-on des voisins.
J’ai même pensé qu’il avait fait ça sur un coup de tête.
On ne le saura jamais.

Aujourd’hui mon choix de ne pas vouloir entrer dans le monde du travail s’appuie sur tout ça.
Cette douleur a rempli une partie de ma vie.
C’est une douleur dont, honnêtement, je n’arrive pas à faire encore le deuil.
Accepter, tirer un trait, ça serait comme renier la souffrance de mon père.
Ça serait dire finalement oui à un système injuste qui ne sert que les gens douteux et les riches.
J’ai pas envie d’être fataliste.
Je préfère être pauvre et indépendant que dans la norme et malheureux.
D’accord, mon expérience n’est pas celle des autres.
Mais aujourd’hui, je ne vois personne de content dans son emploi.
Même les gens passionnés par leur métier, ils rament pour être heureux.
C’est vrai qu’ils ont la foi, mais ils ont aussi toujours un incompétent au dessus d’eux.
C’est pas la faute à la crise.
Elle n’a rien inventé.
C’est seulement que le monde du travail est profondément abject.
Il l’a toujours été.

Si j’ai un dernier truc à dire, c’est pour tous les parents au bord du suicide.
Votre taf ne vaut pas le coup de faire souffrir vos enfants, vos maris, vos femmes.
Ouvrez vous et parlez.
Il faut vous libérer. »

 

Source ==> http://mondernierjob.unblog.fr/2010/07/08/je-veux-temoigner-pour-mon-pere-mort-du-travail/

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les trois tamis


socrate

– Écoute Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit.
– Arrête ! interrompit le sage homme. As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?
– Trois tamis ? dit l’autre, rempli d’étonnement.
– Oui mon bon ami : trois tamis. Examinons si ce que tu as à me dire peut passer par les trois tamis. Le premier est celui de la vérité. As-tu contrôlé si tout ce que tu veux
me raconter est vrai ?
– Non, je l’ai entendu raconter et…
– Bien bien. Mais assurément, tu l’as fait passer à travers le deuxième tamis. C’est celui de la bonté. Est-ce que ce que tu veux me raconter, si ce n’est pas tout à fait vrai, est au moins quelque chose de bon ?
Hésitant, l’autre répondit :
– Non, ce n’est pas quelque chose de bon, au contraire…
– Hum, dit le philosophe, essayons de nous servir du troisième tamis, et voyons s’il est utile de me raconter ce que tu as envie de me dire…
– Utile ? Pas précisément…
– Eh bien ! dit Socrate en souriant, si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l’oublier

 

 

 

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CONSEILS UTILES EN CAS D’ATTAQUES OU DE VOLS. CONSEILS DE SECURITE POUR LES FEMMES : A LIRE ATTENTIVEMENT.


viol

PS : J’ai copié-collé cela d’une Page Facebook et je n’ai pas vérifié les sources.

AUTO DÉFENSE-

CE DOCUMENT VIENT DUNE PERSONNE QUI TRAVAILLE A L’ECOLE DE POLICE DE ST-CYR SANS SOMBRER DANS LA PSYCHOSE, ON PEUT PEUT-ETRE AVOIR A SE SERVIR DE CERTAINS CONSEILS

> >
> > CONSEILS UTILES EN CAS D’ATTAQUES OU DE VOLS. CONSEILS DE SECURITE POUR LES FEMMES : A LIRE ATTENTIVEMENT.
> >
> > 1. le coude est la partie la plus solide de notre corps. Si vous êtes assez proche pour vous en servir, allez-y !
> >
> > 2. Si un voleur vous demande votre porte-monnaie ou votre sac à main : NE PAS LUI DONNER EN MAINS PROPRES!. Lancez-le loin de vous. Il y a de fortes chances pour qu’il se précipite sur l’objet, au lieu de vous attaquer.
> > PROFITEZ-EN POUR VOUS ÉLOIGNER EN COURANT LE PLUS VITE POSSIBLE !
> >
> > 3. Si vous avez été enfermée dans un coffre d’auto : enfoncez les phares arrière, puis passez votre bras dans l’ouverture et agitez-le frénétiquement. Cela attirera l’attention de tous à l’exception du conducteur. Un conseil qui a déjà sauvé des vies.
> >
> > 4. Dès que vous entrez dans votre auto : Verrouillez les portes et partez. Les femmes ont tendance à s’asseoir un moment dans leur auto pour faire leurs comptes, écrire une note, etc., par exemple, après avoir travaillé ou avoir été faire les magasins.
> >
> > NE RESTEZ PAS ASSISE DANS VOTRE AUT0 STATIONNÉE ,PORTES NON VERROUILLEES ! Un prédateur peut vous observer et saisir l’occasion de se glisser du côté passager pour vous forcer de le conduire quelque part, un pistolet braqué sur votre tempe . Si un prédateur se trouve déjà à l’arrière dans l’auto, et braque son pistolet sur vous, NE SUIVEZ PAS SES ORDRES !
> >
> > Je répète : NE SUIVEZ PAS SES ORDRES ! Arrangez-vous plutôt pour endommager votre auto: choisissez un obstacle et appuyez sur l’accélérateur. N’ayez pas peur : votre coussin gonflable vous protègera. C’est la personne sur le siège arrière qui encaissera le coup.
> >
> > Dès que l’auto s’immobilise, sortez et courez. Une solution si vous ne voulez pas qu’on retrouve votre corps dans un endroit perdu.
> > 5 Quelques conseils de prudence dans les stationnements et les garages :
> >
> > A.) Soyez vigilante.. Regardez autour de vous. Inspectez l’intérieur de votre véhicule : le siège arrière, l’espace devant le siège passager avant.
> >
> > B.) Si vous êtes stationnée à côté d’une camionnette, entrez dans votre auto de l’autre côté. La plupart des tueurs en série attaquent leurs victime pendant qu’elles ouvrent la porte de leur auto, pour les entraîner dans leur camionnette.
> >
> > C.) Observez les autos stationnées de part et d’autre de votre auto.. Si vous voyez un homme assis seul, surtout s’il est du côté de votre auto, peut-être est-il préférable de retourner à votre bureau ou au centre commercial et de demander l’aide d’un garde ou d’un policier pour vous raccompagner. MIEUX VAUT AGIR AVEC PRUDENCE (Mieux vaut être paranoïaque que mort.)
> >
> > 6. PRENEZ TOUJOURS l’ascenseur au lieu des escaliers. (Les cages d’escalier sont des lieux de crimes parfaits !
> > Surtout la NUIT!)
> >
> > 7. Si un prédateur a une arme à feu mais ne vous tient pas, COUREZ ! Les chances qu’une balle vous atteigne ne sont que De 4 sur 100 et même si c’est le cas, les balles n’atteindront QUE RAREMENT un organe vital. COUREZ !
> > Si possible en zigzaguant !
> > 8. En tant que femme, nous essayons toujours d’être gentille : LAISSEZ LA GENTILLESSE DE CÔTÉ ! Vous risquez d’être violée ou tuée. Ted Bundy, le tueur en série, était un homme beau et bien éduqué. Il comptait TOUJOURS sur la sympathie des femmes afin de les enlever : il marchait avec une cane, il boitait, il demandait de l’aide pour entrer dans son véhicule.
> >
> > 9. Rappelez-vous l’histoire du bébé qui pleure. Une femme a entendu des pleurs de bébé qui semblaient provenir de sa porte d’entrée Plutôt que d’ouvrir, elle a appelé la police car cette situation, tard dans la soirée lui semblait bizarre. La réponse de la police ne s’est pas faite attendre : « Surtout, n’ouvrez pas ! » Ensuite, il a semblé à cette femme que le bébé avait rampé sous une fenêtre. Elle avait peur que le bébé aille jusqu’à la rue et se fasse heurter par une auto. À nouveau, le policier lui dit : SURTOUT, N’OUVREZ PAS. Il l’informa qu’il était possible qu’un tueur en série essaie d’apitoyer des femmes à l’aide d’un enregistrement de pleurs de bébé pour ensuite pénétrer chez elles. Ce fait restait à vérifier mais il confirma que la police avait reçu plusieurs appels de femmes qui avaient entendu un bébé pleurer dehors lorsqu’elles étaient seules la nuit ! S’il vous plaît, N’OUVREZ PAS si vous entendez des pleurs de bébé. Ce message devrait probablement être pris au sérieux parce que l’histoire pleurs de bébé a été mentionnée dernièrement à la télévision lors du programme America ‘s Most Wanted » qui parlai d’un tueur en série en Louisiane.
> >
> > Un dernier conseil : Ne jamais crier « À l’aide ! » mais plutôt  » AU FEU ! » les gens vont sortir pour le feu mais rarement pour aider. Ça peut aussi désarçonner l’agresseur, il se demandera s’il a affaire à un fou ou une folle et il pourrait bien vous lâcher su place.. (ref: formation en autodéfense pour femmes).
> >
> > Finalement, j’aimerais que vous fassiez parvenir ce message à toutes les femmes que vous connaissez. Il pourrait sauver une vie.
> >
> > J’allais l’envoyer seulement à des femmes, mais j’ai réalisé que les hommes qui aiment leurs mères, femmes, sœurs, filles, etc. seraient peut-être également intéressés..

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Une analyse modeste..


Il règne en France une ambiance que je qualifierais de quelque peu détestable. Non pour les raisons fréquemment invoquées, me semble t-il, mais d’autres encore plus obscures…Je tiens d’ores et déjà avertir ceux qui me lisent que je ne crois point en une entité intelligente et consciente qui dirigerait tout dans l’ombre mais je pense que tout cela est du intrinsèquement au système (de valeurs, politique, etc..) dans lequel nous vivons. En France, les médias sont fortement anxiogènes. On se croirait en état de siège permanent. Je ne nie point l’insécurité, les actes d’incivisme, ou les tragédies que vivent les familles de victimes… mais j’ai juste l’impression qu’à l’heure d’internet, de l’information instantanée, du consumérisme et de l’égoïsme individuel grandissant ; L’Homme n’est que « matière ». Celui-ci succombe facilement à ses passions primaires comme la peur par exemple, sans pour autant prendre le temps de réfléchir. Certains hommes politiques se servent de cette peur pour justifier l’impensable, manipuler… Je ne sais pas pour vous, mais quand je sors de chez moi, je suis plutôt serein. Bien sur, il peut m’arriver d’avoir des soucis (job, amour, santé etc..) comme tout le monde mais cela ne m’obsède pas. Je me dis bêtement que nous disposons d’une bonne armée, d’une police efficace et d’excellents services secrets. Je ris avec des amis, je lis, je me promène etc…Bref l’acte quotidien de la vie de Monsieur Tout le monde. Personnellement, je n’ai jamais eu de problèmes avec un étranger, un musulman (enfin si j’arrive à en reconnaître car ce n’est pas une ethnie), un barbu, un homo etc…Mais cette sérénité qui m’habite disparaît très vite lorsqu’il m’arrive de regarder la télévision. J’apprends qu’il y eu tel nombre de victimes dans un attentat suicide en Irak, que l’animosité est à son paroxysme entre la Chine et le Japon (éventualité d’une troisième guerre mondiale ? ) etc…Moi qui marchais tranquillement dans la rue, me voilà entrain de me demander si je vivrais demain. Cet environnement, cette ambiance n’est pas sain pour la réflexion, la méditation et l’esprit et c’est peut-être à ces brefs moments (car je regarde très peu la télévision Hormis Arte et France 5, quelques films et des infos pour resté connecté à ce monde) que je me remémore la première leçon « de vie » que j’ai reçu .

Quand j’étais tout petit, j’avais très peur du noir. Je ne sais pas à quoi cela ‘était du, mais je me posais énormément de questions sur la mort, l’existence des monstres etc…La nuit tombée, mon père, compréhensif, éteignait la lumière juste après mon entrée dans le coma^^. (Maintenant que j’y repense, le pauvre devait sûrement se relever dans la nuit pour éteindre ) Je me rappelle qu’une fois, en plein milieu de la nuit, j’avais eu à paniquer car j’avais entendu un bruit pas très rassurant et aperçu une ombre « démoniaque » se reflétant derrière les rideaux .. L’obscurité aidant, je crus que c’était un monstre qui en voulait à ma vie. Apeuré, je me dirigeai en courant dans la chambre de mes parents. Je racontai ce que j’avais vu à mon père. Celui-ci, toujours calme, me prit par la main disant qu’il me croyait, et me ramena dans ma chambre pour voir de quoi il en retournait. Arrivé sur place, j’entendais toujours ce bruit inquiétant et je vis encore l’ombre « menaçante ». Prenant peur, je serrai encore plus fortement la main de mon père. Mais celui-ci, toujours calme, prit la mine qu’il faisait toujours lorsqu’il était en pleine concentration ou en pleine observation. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, je ne saurais vous dire s’il jouait la comédie ou s’il était sérieux. Subitement, il se mit à sourire. Il se dirigea vers une fenêtre, et me montra que l’ombre qui se projetait était en fait le reflet des feuillages, et que le bruit inquiétant était provoqué par des bruits ou sifflements particuliers causés par le vent. Comme il aimait beaucoup faire son philosophe, il me dit, songeur, que les Hommes avaient tendance à paniquer quand ils ont peur, ne prenant pas la peine de raisonner ou raisonnant sur ce qu’ils maitrisent. Il me dit que si j’avais été plus calme, peut-être me serais-je rapidement aperçu que cette ombre n’était que le reflet des feuillages ? Et Comme La veille, j’avais regardé un film sur les vampires, j’ai succombé à mes passions et instincts primaires de survie. Ma peur n’était point tombée du ciel…Cette peur était du à mon environnement (L’obscurité) mais aussi à ce que j’avais appris auparavant à savoir que les monstres étaient méchants, agissaient dans la nuit, etc… Puis il se mit à faire une blague que je ne compris pas comme d’habitude, mais pour lui faire plaisir, je me forçai à rire.

Ce que je veux juste dire, C’est qu’il est essentiel pour chacun d’entre nous de ne pas se fier uniquement aux médias ou ce qui se dit . Les médias ne traitent pas et ne réfléchissent pas sur un sujet, ils relaient juste l’information qui est un reflet de la réalité. On en vient à considérer que les musulmans nous détestent, que les chômeurs sont tous des fainéants et des assistés, que les étrangers sont des esprits malfaisants voulant nous envahir, que les banquiers ou patrons sont tous des salops et qu’il ne peut éxister de riches philanthropes, etc.. Je ne pense pas que ce soit délibéré, c’est juste leurs boulots. Il vous revient donc de vous interroger et de vous informer sur tel sujet abordé par les médias, par l’intermédiaire des livres, internet, des documentaires etc…Il ne faut pas aussi oublier que vous disposez de ce qu’on appelle un cerveau. Les grandes théories, inventions etc…ont été fait par des hommes comme vous. Il ne faut pas juste répéter telle théorie comme un perroquet savant mais essayer de savoir si l’auteur avait raison, contextualiser , etc…Bref avoir une opinion propre. D’où l’importance de la méditation (réflexion) car vous êtes les propres acteurs de vos vies.

En ce moment, la menace ultime apparaît être selon certains de nos politique et les médias l’Islam. D’ailleurs, certains partis n’utilisent plus la peur de l’étranger, ni de l’immigré car ce n’est plus porteur mais plutôt celle de l’islam. Pour la liberté et face à la tyrannie, une démocratie peut bien s’autoriser quelques débordements. Il y a de cela quelques décennies, c’était le péril jaune ou l’éventualité d’une troisième guerre mondiale vu la guerre froide entre l’URSS et LES Etats-unis. Et pour lutter contre cette menace soviétique, des régimes dits démocratiques firent des actes pas très glorieux (tortures, renversements de régimes élus démocratiquement…).

Le terrorisme et l’insécurité existent…Mais ce n’est rien comparé aux épidémies mortelles qu’ont connu nos anciens, la guerre froide, les guerres incessantes entre dynasties par orgueil d’un ou des souverains etc..Plutôt que de céder à la peur, et faire des lois tous les jours dans le but de rassurer un électorat, ne vaudrait-il pas mieux analyser et réfléchir sur le sujet ? De savoir par quel moyen on peut stopper ce cercle vicieux? De s’attaquer aux conséquences mais aussi aux causes car mieux vaut prévenir que guérir ?

Bref….C’était juste l’analyse très modeste d’un citoyen parmi tant d’autres, ne disposant pas d’un QI supérieur.

 

 

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Le jeune citoyen

Tagué , , , ,

L’opinion d’un internaute sur « l’affaire Nasri »


Bon je tenais à m’exprimer au sujet de l’altercation entre Nasri et les journalistes car tout le monde ne parle que de ça en ce moment et est choqué à un point dont je ne comprend pas.

D’abord, ce n’est qu’un joueur de foot et le fait qu’il porte le maillot de la France n’en fait pas plus un diplomate que vous ou moi. Donc lui reprocher de véhiculer une mauvaise image de la France, cela est complètement stupide.

Ensuite, pourquoi vouloir à tout prix s’acharner sur ce bonhomme ? Il a envoyé chier un journaliste ? Il l’a insulté ? La belle affaire. On ne sait pas pourquoi exactement mais ce que l’on sait c’est que les journalistes sont des gros fouilles merdes qui ont comme spécialité de se mêler de ce qui ne les regardes pas et qui adore la critique gratuite.

Ci-dessous, l’altercation telle qu’elle a été racontée :

‘– A la sortie du stade après la défaite face à l’Espagne, samedi soir, Samir Nasri passe devant les journalistes de la zone mixte sans s’arrêter et en leur reprochant de «toujours chercher la petite bête» selon les uns, de «toujours chercher la merde» en écrivant «de la merde» selon les autres. Un rédacteur de l’AFP lui répond «Eh ben casse-toi, alors…» Samir Nasri craque enfin pour de bon : «Va te faire enculer, va niquer ta mère, sale fils de pute. Va te faire enculer, comme ça tu pourras dire que je suis mal élevé.» –’

Pour moi, il ne fait que répondre à la provocation dudit journaliste, certes avec un manque certain de délicatesse mais ce n’est qu’un sportif. D’autres joueurs de légende n’auraient pas été aussi courtois. Et il fût un temps où les stars du foot étaient de vrai rock star et on les aimait pour ça ! Eric Cantona par exemple (et son fameux coup de pied sur un spectateur) aurait sans doute adressé un bon coup de tête à ce journaliste à la langue un peu trop pendue.

D’autres joueurs de l’équipe de France ont dérapé par le passé mais cela n’avait pas fait tout un foin. Barthez par exemple a carrément craché sur un arbitre.. Il a eu 3 mois de suspensions.. Et l’on veut donner 2 ans à Samir Nasri.. ? Cherchez l’erreur….
Le truc c’est que la polémique a commencé par.. les journalistes qui, bien entendu se sont débrouillés pour faire monter « la populace » à coup de belles phrases contre ce joueur (c’est leur métier me dira-t-on).

Le problème avec un journaliste, c’est que contrairement au reste du monde, il ne se gêne en rien, arguant à chaque critique de la fameuse « liberté de la presse » en finissant par dire que les journalistes sont des pauvres victimes persécutées de par le monde et blablabla..

Enfin bref, au-delà de tout ça, j’ai l’impression que la France entière a choisi de s’acharner sur lui afin de calmer ses nerfs tendus à vif par l’intense déception concernant le jeu vide et plat de l’équipe de France pendant cet euro..

M.

 

 

 

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Martin Luther King, Lettre de la geôle de Birmingham, extraits


Parce que Martin Luther King n’a pas fait « qu’un rêve », voici un extrait de la magnifique lettre de la geôle de birmingham, écrite en prison le 16 avril 1963.
Elle est disponible dans l’autobiographie De Luther King, aux éditions Bayard.

(…) Nous avons douloureusement appris que la liberté n’est jamais accordée de bon gré par l’oppresseur; elle doit être exigée par l’opprimé. Franchement, je ne me suis jamais engagé dans un mouvement d’action directe à un moment jugé «opportun», d’après le calendrier de ceux qui n’ont pas indûment subi les maux de la ségrégation.
Depuis des années, j’entends ce mot: «Attendez!». Il résonne à mon oreille, comme à celle de chaque Noir, avec une perçante familiarité.
Il nous faut constater avec l’un de nos éminents juristes que «justice trop tardive est déni de justice ».
Nous avons attendu pendant plus de trois cent quarante ans les droits constitutionnels dont nous a dotés notre Créateur. Les nations d’Asie et d’Afrique progressent vers l’indépendance politique à la vitesse d’un avion à réaction, et nous nous traînons encore à l’allure d’une voiture à cheval vers le droit de prendre une tasse de café au comptoir. Ceux qui n’ont jamais senti le dard brûlant de la ségrégation raciale ont beau jeu de dire: «Attendez!» Mais quand vous avez vu des populaces vicieuses lyncher à volonté vos pères et mères, noyer à plaisir vos frères et soeurs; quand vous avez vu des policiers pleins de haine maudire, frapper, brutaliser et même tuer vos frères et soeurs noirs en toute impunité; quand vous voyez la grande majorité de vos vingt millions de frères noirs étouffer dans la prison fétide de la pauvreté, au sein d’une société opulente; quand vous sentez votre langue se nouer et votre voix vous manquer pour tenter d’expliquer à votre petite fille de six ans pourquoi elle ne peut aller au parc d’attractions qui vient de faire l’objet d’une publicité à la télévision; quand vous voyez les larmes affluer dans ses petits yeux parce qu’un tel parc est fermé aux enfants de couleur; quand vous voyez les nuages déprimants d’un sentiment d’infériorité se former dans son petit ciel mental; quand vous la voyez commencer à oblitérer sa petite personnalité en sécrétant inconsciemment une amertume à l’égard des Blancs; quand vous devez inventer une explication pour votre petit garçon de cinq ans qui vous demande dans son langage pathétique et torturant: «Papa, pourquoi les Blancs sont si méchants avec ceux de couleur? »; quand, au cours de vos voyages, vous devez dormir nuit après nuit sur le siège inconfortable de votre voiture parce que aucun motel ne vous acceptera; quand vous êtes humilié jour après jour par des pancartes narquoises: « Blancs », «Noirs»; quand votre prénom est «négro» et votre nom «mon garçon» (quel que soit votre âge) ou «John»; quand votre mère et votre femme ne sont jamais appelées respectueusement «madame»; quand vous êtes harcelé le jour et hanté la nuit par le fait que vous êtes un nègre, marchant toujours sur la pointe des pieds sans savoir ce qui va vous arriver l’instant d’après, accablé de peur à l’intérieur et de ressentiment à l’extérieur; quand vous combattez sans cesse le sentiment dévastateur de n’être personne; alors vous comprenez pourquoi nous trouvons si difficile d’attendre. Il vient un temps où la coupe est pleine et où les hommes ne supportent plus de se trouver plongés dans les abîmes du désespoir. J’espère, Messieurs, que vous pourrez comprendre notre légitime et inévitable impatience (…)

Vous exprimez une grande inquiétude à l’idée que nous sommes disposés à enfreindre la loi. Voilà certainement un souci légitime.
Comme nous avons si diligemment prôné l’obéissance à l’arrêt de la Cour suprême interdisant, en 1954, la ségrégation dans les écoles publiques, il peut sembler paradoxal, au premier abord, de nous voir enfreindre la loi en toute conscience. On pourrait fort bien nous demander: «Comment pouvez-vous recommander de violer certaines lois et d’en respecter certaines autres? » La réponse repose sur le fait qu’il existe deux catégories de lois: celles qui sont justes et celles qui sont injustes. Je suis le premier à prêcher l’obéissance aux lois justes. L’obéissance aux lois justes n’est pas seulement un devoir juridique, c’est aussi un devoir moral. Inversement, chacun est moralement tenu de désobéir aux lois injustes. J’abonderais dans le sens de saint Augustin pour qui «une loi injuste n’est pas une loi ».
Quelle est la différence entre les unes et les autres? Comment déterminer si une loi est juste ou injuste? Une loi juste est une prescription établie par l’homme en conformité avec la loi morale ou la loi de Dieu. Une loi injuste est une prescription qui ne se trouve pas en harmonie avec la loi morale. Pour le dire dans les termes qu’emploie saint Thomas d’Aquin, une loi injuste est une loi humaine qui ne plonge pas ses racines dans la loi naturelle et éternelle. Toute loi qui élève la personne humaine est juste. Toute loi qui la dégrade est injuste. Toute loi qui impose la ségrégation est injuste car la ségrégation déforme l’âme et endommage la personnalité. Elle donne à celui qui l’impose un fallacieux sentiment de supériorité et à celui qui la subit un fallacieux sentiment d’infériorité. Pour employer les termes de Martin Buber, le grand philosophe juif, la ségrégation substitue à la relation entre «moi et toi» une relation entre «moi et celui-là» qui finit par reléguer des personnes au rang de choses. Aussi la ségrégation n’est-elle pas seulement malsaine du point de vue politique, économique et sociologique, elle est également mauvaise du point de vue du péché. Paul Tillich a dit que le péché c’est la séparation. La ségrégation n’est-elle pas l’expression existentielle de la tragique séparation de l’homme, une expression de son épouvantable bannissement, de son terrible état de péché? Aussi puis-je pousser des hommes à respecter l’arrêt de la Cour suprême de 1954, car il est moralement juste, et d’enfreindre les ordonnances sur la ségrégation, car elles sont moralement mauvaises (…)

Nous ne pourrons jamais oublier que tous les agissements de Hitler en Allemagne étaient « légaux» et que tous les actes des combattants de la liberté en Hongrie étaient «illégaux ». Il était «illégal» d’aider et de réconforter un juif dans l’Allemagne de Hitler. Mais je suis sûr que si j’avais vécu en Allemagne à cette époque-là, j’aurais aidé et réconforté mes frères juifs même si c’était illégal. Si je vivais aujourd’hui dans un pays communiste où certains principes chers à la foi chrétienne sont abolis, je crois que je recommanderais ouvertement la désobéissance aux lois antireligieuses.
Je dois vous faire deux aveux sincères, mes frères chrétiens et juifs.
Tout d’abord je dois vous avouer que, ces dernières années, j’ai été gravement déçu par les Blancs modérés. J’en suis presque arrivé à la conclusion regrettable que le grand obstacle opposé aux Noirs en lutte pour leur liberté, ce n’est pas le membre du Conseil des citoyens blancs ni celui du Ku Klux Klan, mais le Blanc modéré qui est plus attaché à l’« ordre» qu’à la justice; qui préfère une paix négative issue d’une absence de tensions, à la paix positive issue d’une victoire de la justice; qui répète constamment: «Je suis d’accord avec vous sur les objectifs, mais je ne peux approuver vos méthodes d’action directe»; qui croit pouvoir fixer, en bon paternaliste, un calendrier pour la libération d’un autre homme; qui cultive le mythe du «temps-qui-travaille-pour-vous » et conseille constamment au Noir d’attendre «un moment plus opportun ». La compréhension superficielle des gens de bonne volonté est plus frustrante que l’incompréhension totale des gens mal intentionnés. Une acceptation tiède est plus irritante qu’un refus pur et simple (…)

Dans votre déclaration, vous affirmez que nos actions, bien que pacifiques, doivent être condamnées car elles précipitent la violence.
Mais peut-on procéder à une telle assertion en bonne logique? Cela ne revient-il pas à condamner la victime d’un vol sous prétexte qu’en ayant de l’argent elle a poussé le coupable à commettre un acte de malhonnêteté répréhensible? Cela ne revient-il pas à condamner Socrate sous prétexte que son inébranlable attachement à la vérité et ses réflexions philosophiques ont poussé une opinion publique dévoyée à lui faire boire la ciguë? Cela ne revient-il pas à condamner Jésus, sous prétexte que son souci sans pareil de Dieu et sa soumission incessante à la volonté de celui-ci ont précipité le geste pervers de ceux qui l’ont crucifïé? Comme les juges fédéraux l’ont sans cesse affirmé et comme nous devons l’admettre: il est immoral de demander à un individu qu’il renonce à s’efforcer d’obtenir ses droits constitutionnels fondamentaux sous prétexte que sa quête précipite la violence. La société doit protéger la victime et châtier le voleur.
J’avais également espéré que les Blancs modérés rejetteraient le mythe du «temps-qui-travaille-pour-vous ». J’ai reçu ce matin une lettre d’un de nos frères blancs au Texas. Il me dit: «Tous les chrétiens savent que les personnes de couleur obtiendront un jour l’égalité des droits, mais il est possible que votre hâte religieuse soit trop grande. Il a fallu près de deux mille ans à la chrétienté pour accomplir ce qu’elle a accompli. Il faut du temps pour que l’enseignement du Christ s’impose ici-bas.» Tout ce que dit mon correspondant résulte d’une conception tragiquement erronée de l’action du temps. Prétendre que le temps, à lui seul, guérira inéluctablement tous les maux, voilà une idée étrangement irrationnelle. En réalité, le temps est neutre; il peut être utilisé pour construire ou pour détruire. J’en suis venu à penser que les hommes de mauvaise volonté l’ont mis à profit bien plus efficacement que les hommes de bonne volonté. Notre génération ne doit pas se reprocher seulement les actes et les paroles au vitriol des méchants, mais aussi l’effrayant silence des justes. Nous devons admettre que le progrès de l’humanité ne roule jamais sur les roues de l’inéluctabilité. Il n’est amené que par les efforts inlassables et persistants des hommes qui ont la volonté de collaborer à l’oeuvre de Dieu. Sans ce dur labeur, le temps lui-même devient l’allié des forces de stagnation sociale. Il nous faut user du temps dans un esprit créateur et bien comprendre que le temps est toujours venu d’agir dans le bon sens. C’est maintenant qu’il faut honorer les promesses de la démocratie et transformer notre sempiternelle élégie nationale en un psaume à la fraternité. Le moment est venu de tirer notre politique nationale des sables mouvants de l’injustice raciale pour la hisser sur le roc solide de la dignité humaine.

Vous qualifiez d’extrémiste l’action que nous avons menée à Birmingham. Au début, j’étais assez déçu de voir certains de mes confrères pasteurs considérer notre effort de non-violence comme une initiative émanant de milieux extrémistes (…)
Les opprimés ne peuvent demeurer dans l’oppression à jamais. Le moment vient toujours où ils proclament leur besoin de liberté. Et c’est ce qui se produit actuellement pour le Noir américain. Quelque chose, au-dedans de lui-même, lui a rappelé son droit naturel à la liberté et quelque chose en dehors de lui-même lui a rappelé que cette liberté, il pouvait la conquérir. Consciemment ou inconsciemment, il a été saisi par ce que les Allemands appellent le Zeitgeist et, avec ses frères noirs d’Afrique, ses frères bruns ou jaunes d’Asie, d’Amérique du Sud et des Antilles, il avance avec un sentiment d’urgence cosmique vers la Terre promise de la justice raciale. En observant cet élan vital qui s’est emparé de la communauté noire, chacun devrait aisément s’expliquer les manifestations qui ont lieu sur la voie publique. Il y a chez le Noir beaucoup de ressentiments accumulés et de frustrations latentes; il a bien besoin de leur donner libre cours. Qu’il manifeste donc; qu’il aille en pèlerinage prier devant l’hôtel de ville; qu’il se mue en « Voyageur de la Liberté» et qu’il comprenne pourquoi il doit le faire. S’il ne défoule pas, par des voies non violentes, ses émotions réprimées, celles-ci s’exprimeront par la violence; ce n’est pas une menace mais un fait historique. Je n’ai pas demandé à mon peuple: «Oublie tes sujets de mécontentement.» J’ai tenté de lui dire, tout au contraire, que son mécontentement était sain, normal, et qu’il pouvait être canalisé vers l’expression créatrice d’une action directe non violente. Cette attitude est dénoncée aujourd’hui comme extrémiste.
Je dois admettre que j’ai tout d’abord été déçu de la voir ainsi qualifiée. Mais en continuant de réfléchir à la question, j’ai progressivement ressenti une certaine satisfaction d’être considéré comme un extrémiste. Jésus n’était-il pas un extrémiste de l’amour – «Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous maltraitent »? Amos n’était-il pas un extrémiste de la justice – « Que le droit jaillisse comme les eaux et la justice comme un torrent intarissable »? Paul n’était-il pas un extrémiste de l’Évangile de Jésus Christ – «.Je porte en mon corps les marques de Jésus »? Martin Luther n’était-il pas un extrémiste – «Me voici, je ne peux faire autrement, et que Dieu me vienne en aide»? John Bunyan n’était-il pas un extrémiste – «Je resterai en prison jusqu’à la fin de mes jours plutôt que d’assassiner ma conscience »? Abraham Lincoln n’était-il pas un extrémiste – «Notre nation ne peut survivre mi-libre, mi-esclave »? Thomas Jefferson n’était-il pas un extrémiste – «Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes: tous les hommes ont été créés égaux »? Aussi la question n’est-elle pas de savoir si nous voulons être des extrémistes, mais de savoir quelle sorte d’extrémistes nous voulons être. Serons-nous des extrémistes pour l’amour ou pour la haine? Serons-nous des extrémistes pour la préservation de l’injustice ou pour la cause de la justice? Au cours d’une scène dramatique, sur la colline du Calvaire, trois hommes ont été crucifiés.
Nous ne devons pas oublier que tous trois ont été crucifiés pour le même crime – le crime d’extrémisme. Deux d’entre eux étaient des extrémistes de l’immoralité et s’étaient ainsi rabaissés au-dessous de leur entourage. L’autre, Jésus Christ, était un extrémiste de l’amour, de la vérité et du bien, et s’était ainsi élevé au-dessus de son entourage (…)

 

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