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Kylian Mbappe est-il un vrai français?


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COMME VOUS LE SAVEZ TOUS, à l’occasion de la dernière coupe du monde remportée par la France, tout un tas de personnes se sont permises d’émettre des jugements sur les origines de l’équipe de France. Du genre  » Hé regarde, La France, c’est la sixième équipe africaine  » ou  » Hé tu sais, en réalité, ce n’est pas la France qui a gagné, c’est en réalité l’Afrique« .

Alors, outre le fait que de tels jugements ne sont point émis lorsque l’équipe de rugby (composée majoritairement de blancs) de l’Afrique du sud ou l’équipe américaine de basket (composée majoritairement de noirs ) gagnent, je trouve personnellement que cette histoire d’identité, que dis-je, cette obsession identitaire, commence à devenir ridicule.

Parce qu’en définitive – et ne nous voilons pas la face – c’est bien de cela qu’il s’agit. Encore en 2018, beaucoup de gens, qu’ils soient bienveillants ou non, assimilent encore – de manière inconsciente – le fait d’être d’une certaine couleur à une nationalité.

Problème :  le comble du ridicule est vite  atteint – selon moi –  lorsqu’on parle de la France.

Pourquoi ?

Eh bien, parce que la France n’a jamais été, n’est pas et ne sera jamais une nation ethnique, un pays s’identifiant à une seule couleur de peau, à une religion particulière etc. 

Depuis l’origine, La France est une nation métisse, ou si le terme vous choque, multi-ethnique, qui si elle doit avoir une identité, ne pourra qu’être une identité inclusive. Ne serait-ce que pour des raisons évidentes liées à sa géographie dès l’origine ( Les mélanges entre les colons grecs venus de Phocée et les Gaulois – la fameuse légende entre Protis le phocéen et Gyptis l’autochtone- les mélanges avec les Ibères, les Ligures, les Germains, les Romains etc.) 


Et puis…avant même que les celtes débarquent en Gaule, il y avait déjà d’autres peuples parmi lesquels ceux-là même qui ont érigé les mégalithes qu’on admire dans la BD d’Astérix et Obélix. Vous pensez vraiment qu’ils ont disparu d’un coup, d’un seul à l’arrivée des Celtes?

Et je ne vous parle même pas de l’apport des Francs (des germains ) qui se sont unis, mariés et reproduits plus tard avec les élites gallo-romaines.

Les incursions des Arabes, des Vikings ( qui s’installeront d’ailleurs, d’où la Normandie), les croisades, l’esclavage avec tout ce que cela implique d’unions, de gosses nés – malheureusement – de viols lors d’invasions, guerres et incursions… Sans oublier la période de la traite atlantique ( qui a déplacé des millions de gens, avec son lot d’enfants nés de l’union entre maîtres esclavagistes blancs, et femmes noires), la colonisation, les réfugiés espagnols, les Portugais, les Italiens, les boat people, les Vietnamiens, les Rwandais, Ivoiriens, les mariages mixtes aujourd’hui et les nombreux gosses issus de ces unions et que sais-je encore…

Tout cela pour dire que la France a toujours été et sera toujours, qu’on le veuille ou non, multiethnique.

Et ce n’est pas être un traître, un collabo ou je ne sais quoi, que de dire cette vérité élémentaire connue d’ailleurs depuis longtemps par les archéologues, les historiens et les généticiens. 


Et puis, très franchement, cette obsession de l’identité commence à devenir malsaine. A titre personnel, ma compagne n’a pas la même couleur de peau que moi, ni ma fille qui est métisse. Mais j’aime ces deux êtres non pas pour leur couleur de peau, mais parce d’une part elles font partie intégrante de ma vie, et que d’autre part ce sont les êtres les plus cool du mondes.
Elles sont formidables, drôles, belles etc.

La couleur de peau n’est au final qu’UN ÉLÉMENT, PARMI TANT D’AUTRES, ( notre sensibilité politique, notre origine et classe sociale, nos goûts vestimentaires, alimentaires, culturels, etc.) qui nous définit auprès d’autrui. Qui plus est, celle identité n’est pas statique, elle évolue avec le temps.

C’est fou qu’on ait encore à dire ce genre de chose en 2018 ! 2018 les gens, avec une humanité qui se projette de plus en plus dans l’espace et qui rêve d’être une civilisation interstellaire.

Alors pour répondre à la question (celle du titre), qui n’en est d’ailleurs pas vraiment une tant la réponse est évidente, je dirais que Kylian Mbappe est aussi français que l’étaient De Gaulle, Jean Jaurès, ou Jean-Paul Sartre. Il est né en France, a grandi en France, bouffe français, a fréquenté dans les écoles françaises, a des amis français, a porté haut les couleurs du pays  etc. Le fait qu’il ait des origines bantous (Cameroun)  est certes une réalité biologique, mais ce n’est en aucun cas son identité entière. Kylian et tous les autres, joueurs ou simple citoyens lambda dans le même cas, sont et restent à mes yeux des Français. Point barre.

Le Général de Gaulle avait, me semble-t-il, des origines irlandaises. On n’est jamais venu lui demander de présenter un certificat quelconque de francité.

 

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Comprendre le conflit syrien en tout juste 10 minutes (sous-titres français)


[ VIDEO ]Bienvenue à Marinaleda, une démocratie directe et anticapitaliste


 

LIEN  VIDÉO POUR LE REPORTAGE COMPLET ==> https://www.youtube.com/watch?v=UkLbnLpHl-8

 

POUR ALLER PLUS LOIN =====>

 

 

Bienvenue à Marinaleda, une démocratie directe et anticapitaliste

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En Andalousie, le maire et les habitants d’une petite ville ont décidé d’appliquer une politique anticapitaliste. Cet article a été publié pour la première fois dans le quotidien espagnol El Mundo.

Si Marx était vivant, il irait vivre à Marinaleda, une petite ville andalouse des environs de Séville, qui n’a pas été touchée par la crise et dont le maire, Juan Manuel Sanchez Gordillo, est réélu sans discontinuer depuis trente ans.
Pour obtenir un tel résultat, l’édile a commencé par l’essentiel : le droit au logement, au travail, à la santé et à l’éducation. « Il nous a fallu trente ans pour en arriver là. Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que ce sont nos solutions qui marchent. La spéculation immobilière, elle, ne pouvait rien donner de bon. C’est la cupidité qui a plongé le monde dans la crise. Les gens sont surpris lorsqu’ils voient qu’ici, il n’y a presque pas de chômeurs et que tout le monde a sa propre maison. Mais c’est pourtant ça qui est normal. Ce qui n’a pas de sens, c’est ce qui se fait ailleurs. Et qu’on ne vienne pas me dire que notre expérience n’est pas transposable : n’importe quelle ville peut faire la même chose si elle le souhaite. »
Marinaleda est d’ailleurs devenue à la mode : le New York Times, qui cherchait à démontrer comment certaines recettes marxistes peuvent fonctionner, lui a consacré un reportage.

L’aventure a commencé il y a trente ans, quand les habitants ont décidé d’appliquer à la lettre le slogan « la terre appartient à ceux qui l’exploitent » et de confisquer 1 200 hectares en friche appartenant au duc de l’Infantado, un coup de force qui a valu aux habitants de Marinaleda plusieurs années de lutte, de manifestations et de batailles judiciaires. « Le taux de chômage était très élevé, le peuple avait besoin de ces terres, explique le maire. Nous les avons utilisées pour construire l’usine de conserve de légumes qui fonctionne toujours et qui a presque permis d’éliminer le chômage. Cela a changé la vie de tout le monde ici. »

Le système est simple : les habitants ont créé une coopérative qui ne redistribue pas les bénéfices. « On a tout réinvesti pour créer encore plus d’emplois. C’est aussi simple que cela. Chacun a fait ce qu’il faut pour vivre, c’est tout. » Le salaire des travailleurs (« de tous les travailleurs, quel que soit le poste qu’ils occupent ») est de 47 euros par jour, six jours par semaine, à raison de six heures et demie de travail quotidien – c’est-à-dire 1 128 euros par mois. Mais lesdits travailleurs n’ont pas beaucoup de dépenses, car ceux qui sont inscrits au plan de logement de la mairie paient 15 euros par mois pour leur maison. « Les maisons sont construites sur des terrains municipaux. Celui qui fait la demande s’engage à construire sa propre maison, mais il est aidé par un chef de chantier et un architecte rémunérés par la mairie. Nous avons un accord avec le gouvernement régional d’Andalousie, qui fournit les matériaux. En deux ou trois ans, les travaux sont terminés, la maison appartient à celui qui l’a bâtie, et il n’a plus qu’à payer 15 euros par mois. »
Un prix dérisoire pour une maison de 90 m² qui peut être agrandie au fur et à mesure que la famille s’agrandit.
Le plein emploi et les logements à prix imbattables sont probablement les aspects les plus visibles de la politique municipale, mais Marinaleda réserve d’autres surprises. Par exemple, il n’y a pas de policier.« Nous en avions un, mais nous avons décidé d’économiser ce salaire quand il a pris sa retraite. » N’y a-t-il pas de délinquants à Marinaleda ? « Il n’y a pas de vandalisme, par exemple, parce que tout a été construit par les gens du village. Si un jeune ou son père ou un ami a installé un banc, il n’y a pas de raison de le dégrader ou d’y faire des graffitis, non ? Le fait que les budgets soient approuvés par tous contribue également à l’absence de délinquance. »

La confiance de ses administrés, Gordillo la doit aussi à sa gestion de la mairie. « Avant d’accepter le mandat, nous devons nous engager par contrat à toujours être les derniers à percevoir un quelconque bénéfice. C’est-à-dire que si nous décidons, lors d’une assemblée, d’attribuer de nouvelles maisons et qu’un élu en a besoin, il sera toujours le dernier sur la liste. Pour ce qui est de la rémunération, nous ne touchons rien. Je n’ai jamais rien touché pour faire de la politique. Je suis enseignant, c’est de ce travail que je vis. »
Silvia Grijalba(traduction par correspondant)  » 

 

Source : http://npa2009.org/content/marinaleda-un-%C3%AElot-d%E2%80%99anticapitalisme

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