Les chiens de garde « réacs », les véritables fossoyeurs de l’identité…

Eric-Zemmour-Robert-Ménard-et-Alain-Finkielkraut

 

POUR BIEN COMPRENDRE, UN PETIT CONTE

[ CONTE ] Ceci n’est qu’une fiction, donc toute ressemblance avec des faits présents ou passés ne serait que pure coïncidence.

Tout d’abord, des âmes très chrétiennes et ô combien généreuses, des personnes très parfumées et civilisées parcourent mers et océans, saccagent des territoires entiers, déstabilisent des populations, exploitent sans vergogne des mines.

Ces peaux dorées massacrent massivement des « peaux-rouges », organisent des battues pour capturer des peaux noires, font travailler pour pas un sou des peaux basanées et gagnent beaucoup, beaucoup, beaucoup d’argent.

Ensuite, après s’être bien repu des siècles durant, ces individus ventripotents, ces grandes âmes ô combien vertueuses en viennent à être outrées du sort des esclaves.
Larmoyants, ils entendent subitement les plaintes des mères éplorées, séparées de leurs enfants, les cris du fait des mutilations, les larmes bruyantes des esclaves, et n’en peuvent plus tenir!

Les bonnes gens tressaillent. « Abolition !Abolition ! Plus d’Humanité ! » Disent-ils.
Abolition donc de l’esclavage, « DON » de la liberté. Beaucoup d’émotions, de joies, de larmes dans les salons.

Il faut dire qu’ils n’en ont plus besoin, une partie de l’argent gagné du fait de la servitude des faibles a permis d’investir massivement dans l’invention et l’acquisition des machines.
Investissement ô combien salvateur, car outre la puissance productive, cela permettra de se débarrasser d’une partie de la canaille ouvrière, ces gueux qui osent encore réclamer des miettes. Un peu plus de miettes. Toujours plus de miettes !
Mais regardez donc ces bouches ouvertes et langues pendantes !
Mais n’en auront-ils jamais assez ?!
Comment peuvent-ils seulement oser ?! De quoi se mêle donc cette populace des bas-fonds ? Ne voit-elle donc pas que les entrepreneurs et industriels, ces exploiteurs, sont des bienfaiteurs du genre humain ?
Qu’importe ! Qu’elle braille autant qu’elle veut! Avec les machines, c’est plus d’indépendance vis-à-vis du capital humain, du chômage dans certaines branches (rivalité entre agents économiques) et partant, une baisse du salaire des ouvriers (donc baisse des coûts, augmentation des marges).

Il y a bien un possédant, un peu plus futé que les autres, qui prévient :  » Que vous êtes sots ! Ne voyez-vous pas que ce comportement nous condamnera tous à long terme ! »
Mais rien n’y fait.
Et voici que pointent à l’horizon des nuages sombres.
Horreur ! C’est la tempête ! les orages ! les pluies diluviennes ! Mauvais pour les récoltes.

Voilà qu’en appauvrissant ces gueux, qu’en baissant les salaires de la canaille, de ces misérables capricieux, de ces vagabonds, de ces va-nu-pieds, de ces fainéants, la consommation est moindre.
Et voilà la crise ! Oh Misère ! Panique ! affolements ! pleurs ! Sauve qui peut ! tremblements! profonds questionnements existentiels près de l’âtre la nuit tombante ! claquements de dents des usuriers !

 » Miroir, mon doux miroir, mon beau miroir, comment faire pour écouler à nouveau mes marchandises ?! »

Et comme si cela ne suffisait pas, voici que ces gueux en viennent à s’infantuer des idées collectivistes ! Voici que ces gueux en viennent à s’organiser malgré les répressions ! Voici que la multitude ose parler tout haut de partage ( « Mon Dieu,donner un peu des sous qui ont été dérobés ?! Jamais de la vie ! »), d’exploitation, de lutte etc. Que faire ?! Que faire ?! Que faire ?! Que faire ?!!

Et Soudain surgit de la vallée des lamentations un éclair, une idée [de génie !]. Idée qui vient à point nommé. Jadis fut exploité le capital humain des autres contrées. Et si on exploitait cette fois non seulement les richesses mais aussi le capital humain ?Et si on exploitait la totalité ?
 » Bravissimo ! » Acclamations ! Applaudissements !

Brillante idée ! Mais comment justifier ? Comment reprendre la liberté qu’on a « donné » ?

« Hé hé hé ! Mais vous n’y êtes point du tout, petits coquins et chères drôlesses. Il n’est aucunement question de retirer quoi que ce soit, ni d’exploiter qui que ce soit. Il s’agit de donner encore une foi[s], de daigner accorder aux primitifs les bienfaits de la civilisation. Et bien évidemment, toute œuvre de charité ne pouvant être complètement désintéressée, il convient de recevoir quelque généreuse compensation en nature »

 » Brillant !  »  » Bravo ! »  » C’est bien vrai ! »  » Qu’attendons-nous ?!  »  » Allons-y ! « 

Et là suppression des cultures de ces contrées, génocides culturels et linguistiques ! Ah pardon ! Sommes-nous bêtes, civilisation plutôt. Les lumières donc. Uniformisation [culturelle] du monde par le capitalisme et le colonialisme (c’est pour le bien, encore une fois, de ces primitifs), clonage quoi.

Retour de l’Esclavage ? Quel esclavage ? Vous n’y êtes point du tout. Ça s’appelle du « travail forcé » et c’est pour payer – en nature – les impôts.
Massacres ? Quels massacres ? Vous n’y êtes point du tout. C’est pour punir les séditieux, ces coquins, ces sauvages qui refusent la civilisation.

L’indigène niera donc son être profond, ce qui fait sa spécificité, son humanité. Il intériorisera le fait qu’il lui manque ce petit quelque chose pour être à l’image de « la race supérieure », il s’aliénera pour mieux – dit-on – se REGENERER en tant qu’être humain. Déshumanisation pour mieux humaniser. Ensauvagement pour mieux civiliser. Bref, il devient un clone, un travailleur, un consommateur.

Enrichissement temporaire des bienfaiteurs.

Mais voici que survient, du fait de la guerre de tous contre tous, du nationalisme, de la rivalité, d’une crise, de la concentration capitalistes, deux guerres de grande ampleur. Violence sauvage. Beaucoup de morts….

 » Comment des êtres si évolués, si civilisés ont pu en arriver à ce degré de barbarie ?! »

La donne a changé. Ça commence à remuer sévère dans les colonies ! Des révoltes, des violences, des sabotages !
C’est que la canaille ose en appeler au respect des libertés, à l’auto-détermination des peuples, bref au respect des Chartes bourgeoises des droits de L’Homme. Cette canaille indigène est aussi indolente qu’insolente ! C’est qu’elle ressemble à la canaille ouvrière. Tout ça, c’est pas bon pour les affaires, d’autant plus que la donne géopolitique a changé. Que Faire ?! Que Faire ?! Que Faire ?! Que Faire ?!

Et là survint encore – décidément ! – une autre idée de génie.
On va – en grands humanistes – « DONNER » l’indépendance.
 » Je vous ai compris ! »  » Nous vous avons compris »

Mise en place du Néocolonialisme. Ah Pardon ! Notre langue fourche! Mise en place d’une « Coopération » entre Etats amis( ou frères) plutôt. La langue officielle du nouvel Etat-nation sera la langue de l’ancien Colon. Les rues, les avenues, les écoles, les mioches, les quartiers, les villes, même les mouroirs porteront des noms aux consonances de l’ancien maître bienfaiteur. Le régime institutionnel, L’Etat-nation, Les frontières n’y échappent point. Banques : pieds et poings liés soumis aux anciens dominants désormais amis (c’est pour le bien des clones-enfants). Consommation des marchandises des bienfaiteurs. Il ne saurait y avoir de domination entre amis, n’est-ce pas ?

Enrichissement temporaire des Bienfaiteurs.

Mais voici que survient encore une fois une autre crise, une crise financière grave, une crise dont les petites gens ne sont aucunement responsables.

Merde !
[Ré]Occuper toutes les anciennes colonies, ce serait trop gros. On a toujours des sous, mais il faut se servir de la crise qui vient à point nommé pour culpabiliser nos pauvres. Après tout, c’est quand même à cause d’eux que l’Etat  » a vécu au-dessus de ses moyens ». Pour se faire, on dispose de chiens de garde et on va les utiliser.

Après la culpabilisation massive par les chiens de garde bien brossés, les gens de bien quoi, les honnêtes gens, les modérés, c’est-à-dire des politiques, les éditorialistes-laquais estampillé journaliste gagnant plus de 12 000 euros par mois et bardés de multiples privilèges (qui seront capables de dire – les yeux larmoyants – qu’une augmentation de 5 euros par mois est un vrai coup de pouce), voici que surviennent les chiens de garde néo-fascistes, réacs. Cette race particulière qui devra culpabiliser à outrance les descendants des peaux sombres. Division du travail même dans ce domaine.

 » Il y a un problème d’intégration ! »
 » Il y a eu tel délit commis par x, par une minorité telle, vous voyez bien qu’ils ne veulent pas s’intégrer » etc.

On s’en fiche qu’il y ait aussi des peaux dorées, des autochtones qui soient des salauds, des délinquants, de véritables raclures. Là n’est pas le problème. Le problème, c’est que les clones ne sont pas assez clones, dit-on.
En réalité, [ Mais c’est un secret, gardez-le pour vous…] La culture n’est qu’un prétexte puisque leur culture d’origine a quasiment disparu du fait du marché mondial, de l’hégémonie culturelle, idéologique et du colonialisme d’antan. C’est la teinte de cette peau qui gêne. Racialisme voilé, drapé d’oripeaux culturels.

L’identité sera l’étendard de ces bataillons d’idiots utiles. L’étendard des croisés des temps modernes. Des nouveaux chevaliers qui – à la différence des anciens – ne s’en prennent plus au forts, mais s’en prennent désormais aux faibles. Oubliez les veuves et les orphelins.

Un individu passant par là s’indigne pourtant :  » Mais que vous êtes sots ! Ne voyez-vous pas que vous êtes les fossoyeurs de l’identité ?Des identités ? Vous vous dites protecteurs de l’identité mais vous êtes en train de vouloir supprimer les derniers restes d’identité, d’originalité, au profit d’une pseudo identité nationale, laquelle menace elle-même d’extinction nombre d’identités originaires d’ici ! Ne voyez-vous pas que telle identité régionale est menacée ? Que telle langue régionale va disparaître du fait du nombre de locuteurs qui diminue à vitesse grand V ? Vous vous dites protecteurs de l’identité, des identités mais vous êtes les véritables fossoyeurs de l’identité. Connaissez-vous seulement les langues de vos régions d’origine ? des légendes ? Des chants ? »

Mais rien n’y fait. les chiens de garde font le boulot et sont grassement rétribués. C’est qu’au fond, ils n’ont rien à foutre des masses. Seul compte leur confort personnel, leur confort économique et culturel.

Ainsi va ce monde.

FIN

 

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