Ce texte changera très certainement votre opinion sur la colonisation …

colonisation tragique

 

UNE CONTRIBUTION

 »   » Beaucoup considèrent – certainement à raison – que la traite des noirs fut la plus effroyable infamie infligée au peuple africain (Déportations, viols, suicides collectifs, massacres, membres amputés etc.) et que la colonisation, certes criminelle, vient en seconde position. Je pense qu’ils se trompent. Ils méconnaissent grandement le génie meurtrier de cette dernière. 

la colonisation en Afrique fut plus qu’une simple colonisation, et c’est en cela qu’elle relève du génie meurtrier, de la science criminelle dont le cobaye fut africain. Cette science donnera naissance à un être nouveau, hybride, particulier, curieux, fruit d’une mutation sans précédent.

Des petits plaisantins – dans un but évident de désinformation – s’évertuent à nous faire croire que la colonisation en Afrique fut comparable aux autres colonisations. Les imbéciles ! Du crétinisme à l’état pur ! Des propos relevant de la défécation intellectuelle. Ce ne fut pas une simple « colonisation » à l’image de la colonisation Romaine ou de l’impérialisme hellène (Alexandre le Grand). Pour s’en convaincre, Il suffit juste de lire les historiens antiques. Que nous disent-ils ? Quand les romains annexaient des territoires entiers, les peuples vaincus conservaient cahin-caha leur culture, leurs spiritualités. D’ailleurs, les Romains s’en appropriaient parfois. Pour exemple, sous le règne d’ Auguste, de Tibère, de Caligula ou de Néron, des divinités égyptiennes seront intégrées dans le giron des divinités romaines et adorées par des personnages souvent proches du pouvoir impérial.

Qu’est ce donc que la COLONISATION des Etats africains ? C’est une domination totale portée au plus haut point. Domination infiniment plus criminelle, hypocrite et pernicieuse que le régime totalitaire, fasciste.

Hannah Arendt est l’une des philosophes à avoir pensé et théorisé le totalitarisme ( ouvrage en trois tomes : sur l’antisémitisme, l’impérialisme et le système totalitaire) décrivant ce système (en se servant du « matériau » russe et allemand du régime stalinien et hitlérien ) comme la tyrannie portée au plus haut point, la domination s’immisçant jusque dans les sphères privées naguère préservées dans les simples tyrannies (simple tyrannie = une clique de généraux, de personnes puissantes autour d’un dirigeant fantoche). La colonisation en Afrique fut donc une tyrannie d’une plus grande envergure. Elle changea l’africain à tout jamais et aboutit à l’un des buts recherchés par le régime totalitaire.

Un peu d’histoire. La technique ayant fait d’énormes progrès en Occident, et donc favorisé une production à plus grande échelle, l’esclavage fut supprimé car il n’y avait plus besoin de cette main d’œuvre servile. Bien au contraire, comme il y avait une surproduction (machinisme), il y eût un besoin vital d’écouler les marchandises (sinon crises car dans l’histoire du capitalisme, il y a toujours eu des crises financières. Les crises qui ne se résument point à 1929 ou 2008 permettent au système capitaliste de se remettre à flot ): IL FALLAIT DONC AUSSI DE NOUVEAUX CONSOMMATEURS ( Si on salarie l’ancien esclave, en plus d’être effroyablement exploité, il pourra s’offrir des produits « occidentaux » et rendre son exploiteur encore plus riche tout en louant celui-ci pour la liberté nouvellement acquise). De plus, toutes ces révolutions occidentales que d’aucuns nommeraient bourgeoises en appelant au respect des droits individuels, des libertés (la liberté d’affamer son semblable ou de l’exploiter), le caractère sacré de la propriété ( valable que pour certains, on se fiche de la propriété de l’africain) les mettaient continuellement en porte-à-faux. Ce n’était don plus tenable, éthiquement, philosophiquement, économiquement.

Et c’est donc là qu’entra en jeu cette science hautement criminelle qui allait déployer tout son génie, toute sa sagacité meurtrière. La traite des noirs fut l’asservissement du corps, son supplice, une torture près de quatre siècles durant. La colonisation allait être non seulement l’asservissement du corps, mais aussi de l’esprit, de la terre, bref une domination totale. Du fait de l’économie de marché actuelle, que d’aucuns qualifient de profondément inique et meurtrière, pétrie de contradictions malgré les litanies et prêches quotidiennes de ses thuriféraires, devant étendre ses tentacules pour survivre, on en vint à feindre de se prendre d’affection pour l’ancien opprimé (Il fallait bien justifier moralement la colonisation). Après tout, était-ce de sa faute s’il était issu d’une « race » ou d’une « civilisation inférieure » ? N’était-ce pas une mission divine que d’éduquer cet être inférieur à mi-chemin entre la bête et l’Homme ?

Renversement de la situation. Du fait de l’abolition, les colons occidentaux devinrent subitement des êtres tolérants, profondément emplis de compassion tel le Christ et les pêcheurs, tel le berger et ses brebis. Ils se mirent donc à faire de l’humanitaire. Véritable sacerdoce ! Et bien évidemment, toute œuvre de charité ne pouvant être désintéressée telle que convenu dans les évangiles du livre sacré des PROFITS, il convenait d’être généreusement rétribué : l’entrée au paradis. Le Paradis était bien évidemment l’acquisition des terres, de l’or, des mines de diamants, du bois, bref, de toutes les ressources naturelles existantes. Une sorte de félicité éternelle.

Quant à l’homme-cobaye (animal) africain, son paradis était son admission partielle dans la civilisation dite supérieure qui comme on sait, n’a jamais cessé au cours des siècles de prôner le pardon, l’amour, la tolérance et qui n’a jamais commis de massacres de masse.

Parce que les COLONS occidentaux l’aimaient du plus profond de leur cœur, ils créèrent des hôpitaux pour soigner le bétail, le capital humain, la main d’œuvre servile. Ils créèrent des routes pour transporter les marchandises et faire le bonheur des puissantes structures privées. Ils créèrent des écoles pour disposer des cervelles de ces êtres, pour qu’ils en viennent progressivement à se haïr, à les adorer, à les singer, à s’aliéner , à ne plus pouvoir se passer d’eux.
L’Africain fut encouragé à nier son histoire brillante, car comme disait un de Gaulle, les peuples africains avaient été « en sommeil » jusque là. On nia ses civilisations brillantes, ses maximes, ses chartes telle la charte du Mandeng, ses lieux de savoirs telle l’université de Tombouctou, ses reines fameuses, ses rois glorieux, ses sociétés secrètes, ses multiples sagesses etc. Il n’y a pas si longtemps, Nicolas Sarkozy ne disait-il pas « L’homme Africain n’est pas rentré dans l’histoire »

A travers un procédé fort complexe, les colons cherchèrent – dit-on – paradoxalement à HUMANISER (tel un rat ou tout autre animal de laboratoire) l’Africain en le DESHUMANISANT. Lentement mais sûrement. Ils tâtonnèrent, malaxèrent, bref du vrai travail de laboratoire. De la boucherie en somme.
L’Africain devait impérativement s’oublier, nier son être profond, nier sa personne, nier son HUMANITE, accepter le fait qu’il lui manque ce petit quelque chose pour être à l’image de « la race supérieure » et se pénétrer progressivement des valeurs supérieures « occidentales », faire sienne une identité particulière (par le fouet s’il en est besoin), s’aliéner pour mieux – dit-on – se REGENERER en tant qu’être humain. Bien évidemment, même parvenu au plus haut point de cette INTEGRATION, que dis-je ASSIMILATION, même arrivé à ce degré de MUTATION, malgré ses singeries, la copie des moindres faits et gestes des Occidentaux jusque dans l’absurde et la bêtise, il ne pouvait disposer des mêmes droits que ses bienfaiteurs se clamant égalitaires. Tout au plus des devoirs. Ôter son chapeau et incliner sa tête vers le bas sitôt qu’un colon lui adressait la parole, la corvée, ne point décider pour sa personne, participer de son exploitation avec le sourire, lécher les bottes et tant d’autres devoirs très nobles. Des devoirs qui devaient lui permettre, in fine, d’être admis dans cette glorieuse civilisation, de s’asseoir à la table des maîtres, bien évidemment après que ceux-ci aient fini de se bourrer la panse. Et toujours être reconnaissant car il est gratifiant qu’une race supérieure daigne bien vouloir partager ses déchets avec une race inférieure.

Curieusement, c’est dans le cadre de cette EXPÉRIMENTATION CRIMINELLE (colonisation, exploitation) que l’Africain fut LE PLUS véritablement humain, digne (car souffrant de la barbarie du véritable barbare) et que le colon censé l’humaniser fut le barbare, fut la négation de l’être humain, fut une bête. Le colon croyait à la barbarie. Est barbare celui qui croit à la barbarie aurait dit l’ethnologue Claude Levi Strauss. Le colon était venu soi-disant humaniser la bête (et s’enrichir au passage). C’est lui qui se comporta en bête en utilisant la violence. C’est lui qui commit des atrocités qui mirent en lumière son animalité, sa fureur primitive, sa superficialité et sa quête incessante de matière et non d’ESPRIT.

Le temps passa donc et la conséquence en fut qu’une nouvelle créature vint au monde. UNE CHOSE estampillée africaine. La tâche fut laborieuse, ardue et il y eut beaucoup de sacrifices, de tragédies mais cela en valait largement la peine (les fameux apports positifs de la colonisation). On arrêta donc officiellement la colonisation. Mais voilà que le MUTANT ne pouvait plus vivre sans ses maîtres, du moins il en était fortement convaincu. Sa langue officielle était la langue de l’ancien maître. Ses rues, ses avenues, ses écoles, ses enfants, ses quartiers etc portaient des noms, des prénoms voire des patronymes (en ce qui concerne les personnes) aux consonances du maître. Le régime institutionnel, L’Etat-nation, c’était la création du maître. Les contours artificiels de son habitat tracés de manière arbitraire, c’était encore le maître. Sa culture(pris au sens large), idem. Sa banque : pieds et poings liés soumis aux anciens maîtres. Ce qu’il consommait : des produits issus des ressources naturelles locales et transformées par l’ancien maitre etc. Domination totale donc, à tous les niveaux et sans qu’il se rende vraiment compte de la portée de cette domination.

TOUR DE FORCE MAJEUR que de faire croire à l’Africain qu’il n’était plus un esclave.

L’esclave était encore humain quand il était opprimé. A travers l’asservissement, les révoltes pour se libérer, cette dignité du prisonnier, de l’exploité, on pouvait apercevoir le plus haut degré d’humanité chez l’esclave ( ou l’indigène ) n’ayant jamais existé car celui-ci était AVIDE de liberté. Même si son corps était prisonnier, son esprit n’était point retenu par les fers, par des chaînes, ce qui n’est pas le cas actuellement avec l’africain MODERNE. Il est dominé totalement, intégralement. Tel le prolétaire écrasé par toute une superstructure « occidentale » (droit, culture, Etat etc), à la seule différence que contrairement au prolétaire tel que pensé par Karl Marx, le « prolétaire » africain n’est pas un acteur de l’Histoire. Il n’a pas développé une conscience en soi et pour soi. Le prolétaire « marxiste » verra l’avènement du communisme (société sans classe et destruction de l’appareil étatique contrairement à l’aberration qu’a représenté le communisme stalinien) et sera débarrassé de ses chaînes, de l’exploitation. Tel n’est pas le cas – du moins si rien ne change – du prolétaire africain qui est pour l’instant un mort-vivant. Une créature du Dr Frankestein. Mort parce que son humanité n’est plus (tué à petit feu lors de la colonisation) et vivant car tel un automate qui se meut, qui pense vivre alors qu’il ne vit pas, condamné qu’il est à vivre sous une programmation « occidentale »

 

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