LA VÉRITABLE RÉVOLUTION : MODE D’EMPLOI EN QUELQUES MINUTES

les enfants sdf

 

 

LA VÉRITABLE RÉVOLUTION : MODE D’EMPLOI EN QUELQUES MINUTES

Avant de débuter l’article, Je souhaitais vous raconter une petite histoire dont je suis un peu honteux. Il m’arrive souvent de faire des courses avec ma copine et il nous est parfois arrivé – si d’aventure des pièces traînaient – d’en profiter pour donner à celui qui est dans le besoin ( Je ne préfère pas utiliser le terme « mendiant »). Je me rappelle qu’une fois, ayant fini d’effectuer nos courses, n’ayant aucune pièce sur moi et sachant que je devais passer devant un SDF – que j’avais déjà eu à croiser et qui allait toujours plus mal, du moins à vue d’œil – j’ai eu une attitude très peu cavalière et j’ai préféré prendre l’autre sortie du magasin de peur d’affronter son regard. La culpabilité sans doute : Moi passant avec des courses, « socialisé », et lui dans le froid, terriblement seul, dans une indigence extrême etc. Je ne le croise plus. Je ne sais pas ce qu’il est devenu aujourd’hui. Comme vous le savez, chaque année les chiffres tombent : tel nombre de décès pour les SDF. S’il devait avoir succombé, je pourrais dire que j’ai vu un chiffre grelotter, vivoter… On ne pleure pas devant un chiffre, une statistique mais quand ce chiffre est incarné, c’est une toute autre affaire et je ne pense pas être particulièrement hypersensible.

Ma réaction fut donc stupide car quand j’y pense, qu’est ce que cela aurait changé ? Rien. Bien au contraire, c’était une sorte de fuite devant la réalité tragique, devant la violence de la société, c’était de la lâcheté mais j’avais honte… Je sais pas pourquoi je l’ai fait et pourquoi j’y ai pensé à ce moment là. Au fond, je ne dois pas être si courageux que ça et quelque peu lâche. Et ce petit événement, fort banal encore une fois, m’a permis de me remémorer bien plus tard deux propos. Sûrement pour me rassurer. Celui de Martin Luther king :  » La vraie compassion, ce n’est pas jeter une pièce à un mendiant ; c’est comprendre la nécessité de restructurer l’édifice même qui produit des mendiants. » Et celui de Thucydide : « Un homme qui ne se mêle pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile. » Le mot « politique » n’étant pas à comprendre ici au sens de politique politicienne, mais plutôt de gestion de la cité.
Je voulais donc profiter de cette petite histoire -banale (dans le sens où ce sont des scènes quotidiennes que beaucoup vivent ) à souhait – pour inciter des gens à s’engager car on ne peut tout bonnement pas accepter qu’en ce siècle où l’Homme a dominé (ça se discute, j’en conviens ) les forces de la nature, des êtres humains (nos semblables, d’autres « MOI » et la tragédie peut frapper n’importe qui) soient dans cette situation. Ce message s’adressera donc surtout à ceux qui ne sont pas « engagés » car il n’est pas besoin de l’adresser à ceux qui sont impliqués dans la vie associative, politique etc. Je tiens aussi à préciser que je sais combien la vie peut parfois être difficile, compliquée, qu’il peut s’avérer impossible d’agir, qu’on ne puisse avoir du temps du fait de ses études, de problèmes « personnels ». Sans oublier bien sûr le fait de « gagner sa vie »( expression d’ailleurs fort à-propos car ne dispose t-on pas déjà de notre vie ? etc. ) parfois durement…
Tout le monde, ou du moins une très grande partie des gens, pense qu’il est nécessaire de changer les choses. Nos institutions, La démographie allant grandissante, l’occidentalisation (et donc la création de nouveaux besoins démultipliés – grâce à la pub – du fait de cette démographie, de l’émergence de ces classes aisées voire classes moyennes supérieures des pays émergents, la pression « sociale », etc) du monde fait que l’écosystème, déjà fragilisé, va à sa perte. J’entends un écosystème où les êtres humains puissent vivre. J’ai eu à lire il y a pas si longtemps, que d’ici quelques décennies, le genre humain aurait besoin des ressources de l’équivalent de deux planètes et que nous vivions déjà à crédit (au sens où les ressources naturelles ne se renouvellent pas rapidement). On pourrait aussi évoquer les femmes et enfants (qui pourraient être nos mères, nos épouses, nos copines, nos enfants) mourant de faim ou de malnutrition chaque jour surtout quand on pense que dans le même temps, des tonnes de nourriture sont tout simplement jetés, gaspillés. Je n’ignore en rien la date de péremption mais tout de même… Il y a des richesses. Il y a des moyens de tous les nourrir. Cela pose donc le problème de la redistribution des richesses. L’occident est un îlot de prospérité dans un océan de malheur. Et même au sein de nos populations occidentales, il y a des gens qui triment pour finir les fins de mois, des foyers menacés de coupures d’eau et d’électricité , des étudiants précaires, des gens dépressifs et endettés jusqu’au cou, des gens qui sourient faute de pleurer, des salariés « pauvres » qui n’ont pas de toit, des « classes moyennes » qui se précarisent etc.. les richesses sont concentrées entre les mains d’une minorité alors que la productivité, du fait du génie humain et de sa technologie, ne cesse d’augmenter. Quelque chose ne tourne donc pas rond. Eugène Varlin ne disait-il pas « Tant qu’un homme pourra mourir de faim à la porte d’un palais où tout regorge, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines » ?

Mais faut-il changer pour changer ? Comment peut-on lutter ? Renverser la tendance ou du moins essayer de le faire ? Contre quoi faut-il lutter précisément? Par quels moyens et quel est l’intérêt à l’heure de l’indifférence généralisée de s’engager pour des tâches qui pourront parfois s’avérer fort ingrates ?
Telles sont les questions – au demeurant fort légitimes et très sensés – que des gens à qui s’adresse cette supplique peuvent se poser.
Je vais donc essayer de vous faire part de ma vision des choses et peut-être parfois être cru. L’urgence de la situation l’impose.
Nous autres Hommes sommes sur un bateau en pleine tempête, dans les ténèbres et le capitaine ne sait plus à quel saint se vouer. Le bateau a été sévèrement endommagé du fait de ces eaux tumultueuses, et comme si cela ne suffisait pas nous sommes perdus. Pas de phare à l’horizon pour nous mener à bon port. Abandonnés des dieux car nous les avons tué, la science ayant fait de nous des dieux avant d’être des hommes comme le dit si bien Rostand, Certains d’entre nous, engagés et quelles que soient nos convictions respectives, conscients du danger et croyant avoir une vague idée de l’itinéraire à suivre pour espérer entrevoir le phare tant espéré, essaient d’avertir leurs semblables mais ils sont minoritaires et les mutineries ne sont pas de mise, verticalité oblige. Et d’ailleurs, il y a des risques non négligeables car près du port, si tant est qu’on puisse encore y accéder( cela peut aussi être le début de la fin), se dressent de redoutables écueils. Telle est la situation.
Je pense donc, mais ce n’est qu’une opinion parmi tant d’autres, qu’il faut -dans le but de renverser la tendance – procéder de deux façons : Faire en sorte que l’individu devienne une sorte de média à lui tout seul, et l’engagement civique (l’engagement dans la cité). Conjointement et non isolément.
Mais quels sont d’abord les redoutables écueils se dressant devant nous ? Car il faut que vous sachiez d’ores et déjà que vous aurez affaire à des écueils redoutables, à des rochers.
Plusieurs forces parmi lesquels: Une certaine presse (de Masse), une culture particulière, une économie de marché qui encourage aussi la rapacité, la « violence » des hommes qui n’a pas disparu malgré nos États fort policés, des préjugés.
Dit ainsi, cela peut sembler simple voire simpliste, mais non. Pourquoi ? Nous sommes dans une ère où si d’aventure vous deviez avoir une voix discordante, vous seriez bien vite considérés comme un fou, un idéaliste, un utopiste. L’être humain a généralement peur de ce qu’il ne comprends pas et de ce qui lui est inconnu (ou perçu comme tel). Combien de fois n’ai-je pas été traité d’idéaliste parce que je défendais ou j’osais croire en certains principes ? Pour parvenir à me dépêtrer de certaines de ces accusations, j’ai dû faire appel aux modestes connaissances dont je disposais en matière historique pour montrer que  » cela avait déjà eu lieu autrefois ». Ce à quoi mon interlocuteur rétorquait :  » Oui, mais c’est du passé. Les temps ont changé etc ». Et moi de finir :  » Oui mon brave, mais vois-tu, il existe des expériences plutôt concluantes dans tel pays, dans telle contrée de nos jours etc ». Il va sans dire que je n’emportais point la plupart du temps la conviction de mes interlocuteurs car je n’ai pas eu la chance d’avoir un talent particulier, mais au moins était instillé dans leur esprit le doute, de quoi faire réfléchir, ce qui était déjà une victoire. Et d’ailleurs, mon opinion a parfois été amenée à « évoluer » sur un thème de la même façon.
L’interlocuteur en question était de souvent de bonne foi, mais des arguments invoqués fréquemment à la TV, sa classe sociale, les préjugés, ce n’est pas rien.

D’OÙ LA NÉCESSITÉ D’ÊTRE UN MEDIA DANS UN PREMIER TEMPS , D’ÊTRE NOTRE PROPRE MEDIA

Il est important à un moment d’apprendre à désapprendre. Sans aller jusqu’à imiter Descartes, sa fameuse méthode, je pense qu’il est important de se rendre compte que l’édifice menace de craquer, que dis-je, il craquelle déjà de toutes parts et peut s’effondrer à tout moment. Il faut donc se demander s’il faudra construire un nouvel édifice sur les ruines de l’ancienne maisonnée, ou sur un nouveau terrain. Il faut comprendre pourquoi l’édifice a craqué… Est-ce du fait de matériau ? Les fondations ? Le climat ? Le lieu ?. Et en faire part aux locataires de la maison.
C’est le match de David contre Goliath en somme, à l’exception près qu’il n’est pas sûr (et c’est même certain! ) que nous ayons été choisis par la Providence. C’est un choix qui n’est pas facile. Choix existentiel, existentialiste où l’homme est condamné à choisir, à agir et c’est fort angoissant. On risquera certainement de vous considérer comme un idéaliste, un utopiste, un fou, un marginal. Outre cela, contrairement aux écueils qui se dressent au devant de nous, imposants, nous sommes très peu nombreux et nous avons parfois des convictions différentes. Qu’on s’entende bien : tout comme il est possible d’accéder à une certaine vérité via la dialectique (au sens platonicien : les dialogues de Platon ), je pense que la contradiction est la condition sine qua non d’une véritable émulation positive (intellectuelle,) d’une élévation commune de nos âmes etc. Mais il n’en demeure pas moins, que nous sommes des vaguelettes, et que nous progressons en sens contraire avec plein d’incertitude. N’était-ce pas une preuve « d’intelligence » pour Emmanuel Kant ?Ce n’est donc pas encore une fois une mauvaise chose, mais c’est juste qu’entre-temps, on agit pas, on tâtonne, on doute. Ne suis-je pas en train de me tromper ? Après tout, il en a toujours été ainsi. Ne suis-je pas trop idéaliste ?
Malgré tout ces questionnements, on a toujours cette petite voix intérieure qui nous somme d’agir. On sait qu’il faut agir au plus profond de notre être. On a envie de porter nos voix au loin, dans les zones urbaines, rurales, pour faire entendre un tant soit peu un son de cloche différent. Mais que pèsent nos voix chétives et trop peu nombreuses face aux porte-voix puissants de groupes d’intérêts privés ? Que peuvent des vaguelettes face aux tsunamis médiatiques ? Rien.
Encore une fois, et j’insiste à dessein, il est essentiel que l’individu soit son propre média. Il s’agira donc d’emmagasiner des informations, de lire MAIS AUSSI d’ECRIRE (Pourquoi pas créer un blog ? Écrire sur FB via son profil ? Etc) pour transmettre, pour échanger avec les autres et apprendre par la même occasion car nous avons tous plus ou moins des compétences, des informations, des expériences dans tel ou tel autre domaine, pour créer. Écrire, échanger, parler. Ne sous-estimez point la force du verbe. Les hommes de pouvoir, d’Etat, les orateurs grecs et romains ne le sous-estimaient pas. Avoir l’art oratoire, c’était et c’est encore le pouvoir. Dans la genèse (mythologie biblique), il est dit que tout a commencé par le verbe. Jésus n’est-il pas le verbe incarné ? Le fils de l’Homme ? (Pour ceux qui ont lu la bible qu’ils soient croyants ou non).
La lecture est déjà un élément de résistance. Avant d’expliciter mon propos, je vais utiliser pour exemple une scène de la vie quotidienne. Prenons donc un exemple concret. Figurez-vous un jeune qui n’aime pas beaucoup lire et préfère visionner des programmes télévisés. Désolé d’avance si j’use d’un langage fort discourtois envers la gente féminine – que je respecte énormément au passage donc prière de ne pas me lyncher SVP – mais c’est juste pour que vous puissiez vous figurer la chose plus nettement. Donc ce jeune lambda trouvera à son goût deux belles jeunes femmes. Pour en faire part à ses potes, il dira  » Ah tiens, Laura est bonne  » /  » Ah tiens, Margot est plus bonne ». Or, ce jeune lambda trouvera l’une plus belle que l’autre, plus particulière mais manquant de vocabulaire, il emploiera le même mot au lieu d’utiliser des adjectifs comme « exquise », « charmante », « séduisante », « délicieuse », « pulpeuse », « appétissante », « culbutable » s’il veut être grossier etc. N’ayant donc pas ce vocabulaire disais-je, ne pouvant donc retranscrire une réalité sensible ou intelligible, il aura donc recours à un langage TV, radio, bref à un langage de type utilitaire, un langage commercial car les média privés sont la plupart du temps des annonceurs ( publicité). D’aucuns (éventuellement des complotistes) pourraient dire que ce jeune s’assujettira volontairement au langage du dominant, en usera, pensera du point de vue des classes dominantes (qui détiennent ces puissantes structures privées et ont des liens parfois étroits avec le pouvoir politique) aux dépens de ses intérêts propres.
Ce n’est pas une simple vue de l’esprit. Je ne joue pas avec les mots. N’observe -t-on pas qu’actuellement, la culture dominante est la culture occidentale. Or les occidentaux ne sont pas majoritaires. Ils sont même minoritaires. Mais du fait de la « victoire », tous les peuples s’occidentalisent. Ce n’est pas rien. La culture est un symbole de puissance. Par exemple, si je demande à l’un d’entre vous de me citer dix auteurs africains, ou dix auteurs asiatiques, il n’est pas sûr que vous y arriveriez. Or, si je demande à un jeune étudiant africain ou asiatique de me citer dix auteurs européens, ils le pourront très certainement. Et d’ailleurs, ils auront eux-même des difficultés à citer dix auteurs de leurs propres contrées car l’influence de la culture occidentale est telle que de nombreuses universités étrangères se sont alignés sur des diktats occidentaux. Du fait de la colonisation, dans bon nombre de pays du globe, le modèle civilisationnel est devenu, par la force des choses mais aussi du fouet, plutôt occidental. Dans un siècle, 90% des langues vont disparaître (cf l’Atlas des langues, Bernard Comrie, stephen Matthews, Maria Polinsky). A votre avis, quelles langues vont disparaître et perdurer ? Au passage, L’ Afrique va connaître un boom démographique qui va de facto augmenter le nombre de locuteurs francophones mais je suis sûr que très peu de personnes connaissent L’OIF.
Pour autre preuve, je pourrais évoquer le multilinguisme des populations du sud et l’unilinguisme des populations du Nord. Les Européens (surtout de l’Ouest) sont unilingues en majorité, car du fait de l’histoire, de l’avènement de l’Etat-nation, mais aussi dans un besoin de prestige, une langue a été imposée administrativement et les langues régionales furent parfois combattues (Par exemple, le basque après la révolution. Le basque est l’une des langues en Europe ne faisant pas partie des langues indo-européennes ce qui n’est pas répandu et fait d’elle une spécificité). Or beaucoup d’Africains, en plus de leur dialecte, parlent la langue de l’ethnie dominante, et la langue d’ancien statut colonial (la plupart du temps langue officielle). C’est le cas des Peuls qui parlent, outre leur langue, le wolof et le français. On pourrait aussi évoquer l’Inde où les gens parlent leurs dialectes locaux, mais vont aussi parler la langue de leurs régions, les langues officielles de l’État indien mais aussi l’anglais car l’Inde était une ancienne possession britannique.(cf le dictionnaire amoureux des langues du linguiste Claude Hagège ).
Le savoir, l’écriture a toujours été un enjeu fondamental. La culture a toujours été un enjeu fondamental. A L’époque de la Grèce antique, du temps de Sophocle, d’Euripide ou d’Eschyle, la tragédie était jouée au dehors. C’était gratuit ! Les citoyens pouvaient y assister (donc pas la majeure partie de la population car pas de femmes, d’esclaves, d’enfants). Cela servait de divertissement mais aussi d’enseignement ! On réfléchissait sur les mythologies, il y avait certainement des échanges. Les rôles étaient joués par des hommes ( même les rôles féminins), masqués.
Donc, en essayant d’acquérir du savoir, en lisant, vous accumulerez des expériences personnelles, sensibles et abstraites. Ce qui vous permettra d’occuper une sorte de position nouvelle, à savoir, celui de relais d’opinion. Dans les années 50, le sociologue Paul Lazarsfeld « a mis en exergue les effets des médias sur les individus, ainsi que l’influence des cercles « intimes » des individus sur leurs comportements électoraux (élections américaines de 1940 notamment). Lazarsfeld était notamment convaincu de l’importance des interactions sociales dans la construction des opinions. ». C’est la théorie de la communication à double étage. Ce sociologue partait du principe qu’en réalité, les individus étaient en fait peu perméables aux média mais faisaient des choix électoraux en fonctions des individus influents. Les fameux « relais d’opinion » à l’image d’un père de famille de droite, et qui, au gré de ses commentaires sur l’actualité à la TV, ses opinions, façonnera l’opinion de ses jeunes enfants, influencera son épouse, ses amis etc. C’est une théorie qui me semble intéressante, mais cela reste une théorie. Ce que je veux juste dire, c’est qu’en lisant, votre esprit va s’affûter. Et ce que vous aurez acquis comme connaissance, en le transmettant via les échanges mais aussi vos écrits, vous participerez d’un certain éveil collectif. Si chacun d’entre nous procède ainsi, vous verrez que des vaguelettes, agissant à l’unisson, finiront pas former un tsunami et à rivaliser avec le tsunami médiatique ou du moins limiter les dégâts. Nous sommes en temps de crise. Tout comme les tsunamis se forment parfois du fait de certains séismes, l’informatisation, la défiance des citoyens à l’égard des politiques, la misère etc sont autant de séismes pouvant créer ce tsunami, cette déferlante. Car il aura lieu. J’en suis certain. Le tout étant de savoir si cela finira bien, ou très mal : Fascisme, État autoritaire, totalitarisme, haine d’autrui du fait de son ethnie, de sa religion. Il est d’usage, quand ça va mal, de regarder avec suspicion celui qui est plus mal loti que soi.
Il faut donc espérer que ce tsunami tourne autrement, que nous soyons solidaires quelles que soient nos origines, nos religions, nos orientations sexuelles, nos genres etc. Il faut que nous ayons tous en tête ces propos de B Traven : «  » Je suis, comme la plupart des hommes, aussi peu responsable de ma nationalité que de ma date de naissance ou de la couleur de mes yeux. En revanche, mes vrais compatriotes, ce ne sont pas ceux auxquels je me rattache par le hasard de mon lieu de naissance, mais bien ceux qui sont les miens au regard de ma conscience et sur la base de ma conception du monde, qui ne vivent pas enfermés à l’intérieur des frontières d’une nation particulière, même aussi loin qu’on veuille repousser ces frontières. »

Le partage, l’échange, la générosité… Point de cela, point de salut. C’est l’échange; et une certaine coopération (certes au niveau tribal) qui a permis à notre espèce de se perpétuer. Il convient donc d’en user encore une fois mais de la plus belle des manières en atteignant notre plus haut point d’humanité. Il s’agit de porter au plus haut notre humanité. D’où la nécessité d’agir dans le réel.

AGIR : NÉCESSITÉ DES MOTS MAIS AUSSI DES ACTES

Les belles paroles, les conjectures d’ordre philosophique, c’est bien un moment mais il faut bien agir dans le réel. Il faut essayer de le transformer. Un imbécile qui marche ne va t-il pas bien plus loin qu’un « intellectuel » assis ?
C’est en s’engageant dans la cité (via le syndicalisme, les associations estudiantines, assos par rapport à l’ handicape, Réseau éducation sans frontières, ligue des droits de l’homme, humanitaire, partis politiques, pourquoi pas créer son parti, des grèves, des pétitions, etc.) qu’on est en prise avec la réalité, qu’on se rend compte de la nature des hommes, de leurs faiblesses mais aussi de leurs forces, qu’on côtoie d’autres milieux… Car nous avons pour habitude de côtoyer des milieux qui nous ressemblent. Elle n’est pas là la vérité.

Il est important qu’on ne puisse vous accuser d’être enfermé dans votre tour d’ivoire, entouré de vos livres et n’ayant à la bouche que de belles maximes, complètement déconnecté du réel. Je pense qu’il est essentiel d’affronter la violence sociale, la misère, car la vie est dure. Je m’exprime sans doute mal mais ceux qui ont vécu des situations difficiles ou ont été bénévoles sauront de quoi je parle, où je veux en venir. Ce qui arrive à autrui peut nous arriver. La tragédie n’est pas connue pour être polie. Elle surgit quand on ne l’attends pas, elle s’invite à votre table, et vous frappe!

Même si vous ne croyez pas aux grands principes, même d’un simple point de vue utilitaire, si d’aventure – et je ne vous le souhaite pas – il vous arrivait d’être déclassé, de connaître une dépression, de perdre votre boulot et de vous retrouver dans l’indigence, ne souhaiteriez-vous pas qu’on vous tende la main ? Si autrui est heureux, c’est de bonne augure pour moi.
En agissant dans la cité et en étant votre propre média, vous aiderez vos semblables, participerez de la prise de conscience collective quant à l’état de la planète et parviendrez par la même occasion à ce que j’appelle une sorte de sagesse, de savoir complet.

Je pars du postulat que pour acquérir une sorte de savoir complet, une sorte de sagesse, il faut d’abord accumuler ou chercher à accumuler un savoir « livresque » ( Expériences de nos aïeux et de nos contemporains dans l’intelligible et dans le sensible contenues dans les livres), Ensuite échanger, faire ses expériences (quelqu’un ayant eu une vie « riche » d’expériences aura développé une sorte de sagesse, de savoir. C’est pas forcément l’âge.) et enfin « réfléchir » (votre contribution ) sans oublier une bonté de cœur. C’est en essayant d’acquérir tous ces savoirs que vous aurez, à mon sens, élevé votre âme. Il s’ensuit que vous serez donc d’autant plus utile à vos semblables.

Je ne pouvais pas finir sans évoquer une légende amérindienne fort célèbre : La légende du colibri.

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »
La légende raconte que par la suite, les animaux émus par les efforts du petit colibri, l’aidèrent et parvinrent à éteindre la forêt.

Voilà, si vous êtes parvenus à lire jusqu’ici, merci d’avoir pris un peu de votre temps. Vous pouvez  partager ce texte autour de vous, du moment que puissent émerger un débat et une prise de conscience.

Quant à l’action, fixez-vous au début des objectifs modestes. Le reste viendra après.

Merci encore.

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7 réflexions sur “LA VÉRITABLE RÉVOLUTION : MODE D’EMPLOI EN QUELQUES MINUTES

  1. Anonyme dit :

    Chapeau bas. J’aime votre analyse, je vais participer.

  2. marc bourbon dit :

    je partage la réflexion et l’analyse, j’aime vos articles, continuez !

  3. Anonyme dit :

    Oui, merci ! On sent que l’on peut être à la naissance d’une nouvelle ère, à l’image des siècles des lumières avec les encyclopédies, le net est là pour nous ouvrir l’esprit. Sortir des chantiers battus, échanger des idées et se documenter autrement que par la TV. Espérons qu’effectivement notre humanité sera là pour éviter toute forme de violence dans cette révolution.

  4. Bad Le Rouge dit :

    Chapeau à l’auteur de cet article.
    Je me suis reconnu dans la majorité des paragraphes.

    En effet, j’éprouve une certaine difficulté à montrer à mon entourage que le monde dans lequel nous vivons, les inégalités qui surgissent, les pressions subies n’ont pas lieu d’être mais je constate une certaine résignation de leur part.

    J’ai quelques idées pour les porter vers le sujet mais les ancrer dans leur crane reste particulièrement délicat, surtout lorsqu’ils ne cherchent pas à en savoir plus que ce qu’ils savent déja.

    J’ai l’habitude de dire que notre génération court à sa perte (née entre les années 90 et 2000), tout comme nos institutions, en réitérant d’une manière moins confuse les erreurs de nos aïeuls
    Une réforme du système est à sérieusement envisagé, certes,mais comment les pousser à rejoindre l’idée du changement sans la leur imposer ?

  5. Fred dit :

    Super ! c’est très bien écrit ! se cultiver, s’informer et informer, tolérer, participer. Tout ça parait bien compliqué pour la plupart d’entre nous qui sommes débordés par la rapidité à laquelle évolue notre société, notre désir de consommer, accablés par la télé, les médias, les discours politisés et la novlangue(1) qui va avec, qui affaibli notre capacité de penser et de nous opposer. Pourtant je suis absolument d’accord, pour changer il faut que chacun apporte sa contribution, aussi infime soit-elle. J’ai pris des résolutions dans ce sens il y a quelque temps et je contribue également à ce débat, je vais partager, continuer d’en parler et peut-être qui sait, notre société finira par changer

    Merci encore !
    Fred

    (1) http://la-ruche-essaime.fr/savez-vous-ce-quest-la-novlangue/

  6. […] du Collège de France, prononcée le 7 janvier 1977 *[2] Extrait d’un de nos articles ==> https://jeunecitoyen.wordpress.com/2014/04/06/la-veritable-revolution-mode-demploi-en-quelques-minute… * [3] – « L’article 16 de la Constitution de la Cinquième République française est […]

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