Histoire de mettre le feu aux poudres…

VOICI UN ARTICLE RÉDIGÉ PAR UN MEMBRE DE NOTRE COMMUNAUTÉ FACEBOOK, BEN RERON. A VOUS D’EN JUGER

Shô ke no Ikki moderne, jacquerie prolétarienne, lutte sociale intersectionnel et perspective pour le précariat international, histoire de mettre le feu aux poudre

Partie 1 : Lutte des classes et intersectionnalités en France.

(musique conseillé pour la lecture de l’article:) )

Ok, si je prend le clavier (j’aurais aimé pouvoir dire la plume, mais j’écris sur traitement de texte) c’est pour tenter d’élaborer une critique de ce que j’ai pu lire à gauche mais surtout à droite en ce qui concerne grosso modo, ce que je qualifierais d’imbécillités par rapport à des sujets politiques.

A entendre certain, la lutte des classes n’existe pas, les femmes ont obtenus l’égalité avec les hommes, le colonialisme est un passé révolu et le racisme se limite à des comportements individuel d’abrutis arriérés.

AH si le monde était si simple!Que ça serait beau !Plus d’inégalité de salaire, de la fraternité partout, plus de ghettos de misères, plus de violence raciste, fraternité partout ! Bon, dans les faits c’est pas le cas…

Phalanstère

Alors, alors, pour commencer déjà quelques explications sur le titre de l’article et de ce choix, les Shô ke no Ikki étaient des révoltes populaires japonaises1 (l’Histoire japonaise étant extrêmement riches du point de vue de la lutte des classes, des révoltes spontanés à l’organisation de résistances collectives massives depuis au moins le VIIIème siècle) au XIV-XVIème siècle (pendant l’ère Kamakura jusqu’à l’ère Muromashi, soit pendant le Moyen-Age japonais pour faire court) : Grosso modo, les paysans aidés d’une partie du clergé bouddhique se révoltèrent contre leur daimyô (branche de l’aristocratie qui est propriétaire des terres) et s’organisèrent de façon autonomes pour gérer les travaux paysans, et la résistances face aux armées seigneuriales, mouvement de masses et durable, ils ont été et restent une des expérience les plus fascinante d’autonomie politique des couches exploités face aux classes dominantes.

De même nature, les jacqueries sont le terme génériques qui désignent les révoltes paysannes depuis le moyen-âge en France, tirant leur nom d’une révolte spontané du milieu du XIVème siècle, qui a été suffisamment importante pour faire chier dans leur froc à peu près toute l’aristocratie de l’époque. Jacqueries prolétariennes, en effet, car aujourd’hui, quand on regarde les révoltes récentes des ouvriers du Vietnam1, du Bangladesh2, de Bosnie3 ou même des occupations de place symbolique comme Taksim à Istamboul4, ou les paysans/zadistes en lutte à Notre-Dame des Landes5, de la résistance acharné des cheminots coréens6 comment ne pas penser à ces luttes ? Et surtout comment ne pas imaginer recréer des structures politiques autonome du point de vue de classe ?

Enfin, le précariat, le terme n’est pas de moi, il vient d’AMAMIYA Karin, anarchiste japonaise et figure médiatique du mouvement freeters (travailleurs précaires),est un terme utilisé pour définir les nouvelles formes d’exploitation1, donc, disais-je quel perspectives pour nous, travailleurs précaires, jeunesses désœuvrés, étudiant en galères, ouvriers menacés, employés harcelé et autres conditions ignobles que nous réserve le capitalisme ?

Comment se révolter, sous quel forme et avec qui ?

En un seul article, j’aurais certainement pas le temps d’aborder l’ensemble des problématiques lié à la résistance international face aux capitalisme, chaque pays, de la Grèce au Mexique, et de la Turquie au Japon, possède ses propres mouvements de luttes, ses résistances et une histoire ouvrière et socialiste qui lui est propre.

 Néanmoins, je m’attarderais surtout à l’idée de l’intersectionnalité des luttes, c’est à dire, tenter de voir comment s’articule différentes formes de luttes (luttes des classes, antisexisme, antiracisme, antimilitarisme etc.) et tenter de tracer des perspectives, la résignation qui touche de large frange des classes populaires, et les reculs de la consciences de classe observés depuis de trop nombreuses années, poussent en effet à la montés des forces réactionnaires qui pour le moments tiennent le haut du pavé (du FN à la MPT en passant par les bonnets rouges).

Dernière chose, avant de rentrer dans le vif du sujet, il me semble important de donner quelques indications sur la subjectivité de l’auteur de ces quelques lignes, je suis étudiant précaire, blanc, hétéro et cisgenre (c’est à dire que mon genre social correspond à mon sexe biologique 1 ), donc non directement concerné par un certain nombre de point qui sont développé plus bas. Cette limite se doit d’être évoqué, car bien malgré moi, il est tout à fait possible, que je passe à côté d’un certain nombre de réalité dans ce court exposés, les camarades qui souhaiteraient réagir et critiquer à une connerie involontaire que j’aurais dite sont évidemment les bienvenues pour une correction éventuel. (dans la mesure ou cela s’inscrit dans une perspective lutte de classe). La deuxième limite étant bien évidemment que je n’écrit pas un essai politique global, mais un simple article. Ainsi, il s’agit plus d’une introduction que d’une réflexion poussé, plusieurs fois, quelques raccourcis seront de mises qui pourront, plus tard être redéveloppés soit par moi-même soit par des camarades qui tomberaient sur ce texte. Enfin, je ne prétend pas être parole d’évangile, aussi la critique de cette article et le débat devrait à mon sens être riche (et je l’espère déclencher quelques crise d’urticaires aux capitalistes, chauvinistes et réactionnaires de tout genre qui tomberaient dessus 🙂 ) Je laisserais également de côté une facette du combat anticapitaliste qui est pourtant nécessaire, l’écologie et le refus du productivisme (qui se différencie de la décroissance, qui est une idéologie petite-bourgeoise): je laisse à d’autre le soin de compléter cette critique sous l’oeil écologiste. Le refus du productivisme étant par essence un anticapitalisme.

Avant de se bouffer de la grosse dialectique qui tâche (oui j’aime me la péter, mais la dialectique seul permet de casser des briques 2 ) Il me semble nécessaire de faire quelques rappel quelques réalités objectives qui sont motif de révoltes.

Je me placerais donc dans une perspective marxiste révolutionnaire, ma couleur politique, celle qui est la mienne depuis mes débuts militants. Bref, pour parler vrai et clair, il me semble important de redéfinir ce qu’est le prolétariat, au niveau international déjà, puis au niveau national, dans sa diversité, et par la même péter l’un des grand mythes politiques hérité de la guerre froide, qui est celui des classes moyennes.

Le Prolétaire se définit comme étant celui ou celle qui n’a pour lui/elle que sa force de travail, manuel ou intellectuel. Au niveau mondial, le prolétariat industriel (les ouvriers quoi) représente la part la plus importante de la populations active, le développement industriels de plusieurs pays dit émergeant comme la Chine1 (passée au capitalisme, tout en gardant politiquement sa dictature bureaucratique anti-travailleurs), le Brésil, l’Inde, le Bangladesh etc. font que globalement le passage de la production industriel est passée des centres historiques du développement capitaliste (Europe, USA et dans une moindre mesure le Japon) aux zones périphériques. Accélérant le processus de mondialisation des échanges, processus déjà ancien et en son temps constaté et théorisé par l’économiste libéral David Ricardo (comme quoi les pourfendeur du « mondialisme » ont quelque lacune en histoire économique de base). Cette répartition social et international, ne signifie pas pour autant la disparition d’un prolétariat industriel en France, ainsi selon l’INSEE (qui n’es pas le NPA), en 2010, la répartition géographique des ouvriers qualifié oscillait entre 15% et 25,5% de la populations actives en fonctions des zones géographiques, et les ouvriers qualifiés oscillait de 12,8% à 28% de la population actives.2 Populations complètement invisibilisé sur le plan politique. Mais, nous sommes entrés dans l’air de la tertiairisation de l’économie. C’est à dire le glissement économique d’un secteur de production vers un autre, en ce qui concerne les vieux pays industriels, il s’agit d’un glissement de l’industrie au service. Selon la même études3 les employés non qualifiés oscillent de 12,4% à 24,5% de la population active et les employés qualifié de 8,9% à 25,5% de la population actives, à cela s’ajoute les chômeurs, lesquelles selon L’NSEE4 représentait 9,8% de la population actives en 2012 (ils ont augmenté depuis^^).

Après ce petit état des lieux, on constate que le prolétariat est pluriforme, la situation entre un chômeur, une infirmière, un ouvrier dans l’automobile, un employé de salon de coiffure n’est pas la même, de même la différence entre un travailleur sous CDI et un intérimaire chronique n’est pas à mettre sur le même plan. Pourtant, tous produisent5, tous sont intégrés dans le capitalisme et tous sont économiquement et socialement dominés par les propriétaires des moyens de productions. Tous enfin, ont des intérêts objectifs communs : en gros, refuser la pression sur les salaires, refuser les heures supplémentaires, avoir des conditions de travail et d’existence digne etc.

Là où ça devient compliqué c’est plutôt sur le distinguo que fait Marx entre « Classe en soi » et « classe pour soi »6. C’est à dire entre réalité objectives, ici le salariat qui dans  son ensemble et sa diversité qui possède des intérêts commun et la vision subjective qu’ont les travailleurs-euses de leurs conditions sociales. Lesquel-le-s n’envisagent pas toujours leur conditions en temps que classe, s’illusionnant sur une supposé classe moyenne, laquel est en réalité une construction théorique foireuse, permettant à tout un chacun de s’identifier face à l’autre dont la condition est encore moins glorieuse et ainsi exploser à la base toute construction d’unité de classe, basé sur des revendications générales.

A partir de ces définitions, on peut dans un même élan affiner l’analyse sur les disparités sociales entre hommes et femmes. En effet, notre monde étant de tendance patriarcal, l’oppression spécifique des femmes mérite d’être développé. Pour l’instant, on se contentera de remarquer qu’il y a une répartition genré dans la production, certain métiers voit l’un ou l’autre genre surreprésentés, ainsi, il y a une majorité d’homme médecins, mais une majorité d’infirmières. Si je prend cet exemple, c’est parce qu’il est particulièrement significatif de quelques chose. Dans la hiérarchie médical, l’infirmier-e est subordonné-e au médecin, ainsi on remarque que la place des hommes dans le processus de production est très souvent à l’avantage des hommes, et si le chômage touche indistinctement hommes et femmes1 le travail précaire touche beaucoup plus les femmes que les hommes2.

feminist

Pour terminer sur la situation de surexploitation des femmes dans le domaine économique en France. (Il y aurait énormément de chose à dire sur la situation des femmes prolétaires partout dans le monde), il est nécessaire de rappeler l’injuste et méprisable écart de salaire qui touche hommes et femmes, ainsi, une femmes touche à travail égal entre 64% et 92% du salaire d’un homme1 (cela varie en fonction du temps de travail, de la place social, du salaire etc.). Il y aurait également dans une perspective antisexiste plus large que le seul féminisme beaucoup de chose à dire sur la précarité et la difficulté économiques de nombre de personnes homosexuel-le-s et/ou Trans.2 (Si quelqu’un possèdent d’ailleurs des chiffres sûre je suis preneur.)

Avant de finir cette partie consacré au prolétariat vivant en France, avec un dernier morceau consacré au prolétariat racisé, il me semble necessaire de revenir sur l’impérialisme français et ses avatars.
Alors, quand on parle d’impérialisme de quoi parle t-on ? L’impérialisme est une notion politique
marxiste principalement théorisé par Lénine1 et d’autre (Rosa Luxembourg, comme Kôtoku Shusui y ont développée des analyses). Pour faire court, le développement du capitalisme entraîne une concentration des moyens de productions (capital monopoliste) et le développement d’un capital financier (banque, bourses etc.) qui devient prépondérant dans le fonctionnement économique. Pour continuer l’accumulation du capital, les capitalistes qui sont toujours organisé nationalement ont recours à l’appareil d’Etat pour renforcer leur intérêts (militarisme, colonialisme notamment). Bref, quand vous avez des organisations politiques qui défendent « la nation », « la patrie » et l’union entre travailleurs et patrons, vous pouvez être certains que ces gens là défendent les intérêts des capitalistes de votre pays au détriment à la fois des capitalistes d’autres pays, mais aussi contre les travailleurs et travailleuses de ce pays.

La France est encore aujourd’hui l’une des principale puissances impérialistes. La bourgeoisie française et l’appareil d’Etat, depuis les guerres de libérations national victorieuses des peuples vietnamiens et algériens n’ont toujours pas renoncé à ses prétentions vampirique sur l’Afrique. Ainsi, ce sont entre 40 et 50 interventions militaire française dans les « ex »-colonies. Nombre d’entreprises française se gavent en effet sur les richesses de nombreux pays francophone de l’Afrique, protéges par l’armée française qui continue d’occuper militairement la région2. Et qui participe depuis le début des années 60 à travers des missions « humanitaires », chantage économique et politique à la déstabilisation de la région, dont le summum de l’Horreur fut atteint en 1994 avec l’appui militaire, politique et économique de la bourgeoisie française au régime génocidaire et raciste d’Habyarimana et ses héritiers au Rwanda3.

Aussi les victimes de l’impérialisme et du colonialisme français cherchent à fuir. Nombreux sont ceux qui s’échouent sur les plages de France, c’est près de 20 000 morts depuis plus de 20 ans qui meurent aux portes de l’Europe4. (Il est tout à fait remarquable que les organisations politiques qui fustigent « l’immigration » cherchant ainsi à diviser les travailleurs entre eux, ne disent jamais rien sur l’impérialisme et le militarisme franchouillard, pourtant principale cause de cette même immigration).

Si les femmes sont surexploitée par rapport aux hommes dans la sphères économiques, il en va de même pour les groupes racisés. C’est à dire, les groupes sociaux sur lesquelles on a apposés, en raisons de leurs origines un stigmate racial. L’Histoire française récente est riche en vague d’immigration5. Il suffit de se promener dans le 13ème arrondissement parisien, ou dans n’importe quel autre quartier populaire et ouvrier du pays pour être frappé par le métissage du prolétariat français. Certain s’en navrent (les fameux « on est plus chez nous » invoqué sans cesse par une petite bourgeoisie menacé de déclassement) d’autre le regardent d’un œil amusé (les bourgeois défendant l’idée d’une mixité sociale du haut de leur quartiers riches et blancs) et pour d’autre comme moi, il s’agit ni plus, ni moins que d’une réalité quotidienne. Cette partie du prolétariat est bien souvent cantonné à des emplois précaires et/ou non qualifié, au chômage de masse et subit au quotidien nombre d’injures de la part d’une police qui est structurellement raciste et de nombreux blancs qui fantasme une « invasion ». La mécanisme raciste (qui fonctionne de la même manière que la mécanique sexiste) tend à invalider tout comportement social du groupe, ainsi un chômeur noir se verra stigmatiser car « il profite » des allocations chômage (qui ne permettent en rien de vivre décemment soit dit en passant), tandis que si il trouve un travail il vient « voler le travail des français » (même si il est français de naissance), si il dénonce le racisme qu’il subit au quotidien il devient « communautariste » etc. De même, la situation objective d’un sans papier, obliger de travailler dans des conditions inhumaine, pour engraisser un patron (et pas forcément un gros, nombre de petits patrons, pour éviter les tracasseries administratives préfèrent exploité des sanspapiers plutôt que d’exploiter un résident légal, lequel à plus de recours face à son exploitation) n’est pas la même qu’un travailleur légal.

Le dernier point sur la réalité de l’exploitation capitaliste en France est celui du développement du précariat, c’est à dire le développement de plus en plus massif du travail précaire, au sein des nouvelles générations de prolétaires. Malgré des luttes massives victorieuses (on se rappellera notamment le retrait des réformes d’emploi CPE-CNE dans les années 2000) le patronat dans sa férocité habituel n’a de cesse de portée de large coup contre les travailleurs, (on notera les récents accord MEDEF/syndicat traître/gouvernement social-traître : ANI, retraites etc.) les changements économiques conjoncturel et structurelle font que les bourgeois traditionnellement prêt à lutter contre le turn-over (cela va du modèle fordiste dans l’industrie au salaryman japonais dans les services), sont pour réduire leur coût de productions de plus en plus hostile à l’idée de garder longtemps leur salariés, en effet, qui dit contrat stable, implique la possibilité pour les salariés de se défendre et de s’organiser de façon beaucoup plus efficace qu’ils ne le peuvent en cas d’atomisation de leurs employés. En effet, avec un CDI, on hésitera beaucoup moins à aller au prud’homme, à faire grève, à s’afficher en tant que délégué syndicale que ne le peut un travailleur précaire. Ce développement du précariat n’est pas propre à la France, tous les vieux pays industriels sont massivement touché par ces changements structurelle, lesquelles sont réalisé au nom de la « flexibilité » ce qui dans la novlangue bourgeoise signifie « précarité ».

Le travail précaire est une définition large, encore une fois il recouvre des réalités différentes, Je commancerait par m’attarder sur les travailleurs pauvres. Cette catégorie comprend tout ceux qui malgré un emploi, parfois stable, vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit en France en 2011, 977 euros par mois1, en sachant que le salaire minimum en France est en 2014 de 1445 euros brut et 1430 net2. Pour ceux qui trouve le SMIC trop élevé, je les encourage à vivre un mois avec 1430 euros net, loyer, facture diverse passés, je doute que vous puissiez manger à votre faim après. Dans les faits ce sont plus de deux millions de personnes qui vivent avec 800 euros par mois voir moins.3 Parmi, eux ce sont 55 000 personnes qui touchent moins de 9000 euros par ans faite le calcul 9000 divisé par 12 soit 750 par mois, soit moins de la moitié du salaire minimum). Cette réalité entraîne mécaniquement un certain nombre de difficultés en ce qui concerne les conditions d’existence, ne serait-ce qu’un logement (on y reviendra plus bas) la nourriture, les soins etc. Aussi, de nombreux sans-abris sont des travailleurs pauvres. La réalité du travail précaire est complètement institutionnalisé, ce sont les contrat d’intérim, les CDD à répétitions (légalement limité à 3 avec obligations de proposer un CDI après, dans les faits c’est une autre histoire), les temps partiels subies (lesquelles touchent massivement les femmes). Si les CDD et l’interim touche beaucoup l’industrie où trouvé un emploi stable est à la limite du délire psychotique, c’est surtout dans les services, que prospère ce modèle économique. Lequel touche principalement, les jeunes, les femmes et les groupes racisés.4 Le travail précaire répond à un besoin des capitalistes de réformer le code du travail et de saper toute résistance, exploser les solidarité collectives et faire pression à la fois sur les salaires et sur l’ensemble des acquis sociaux obtenus de hautes luttes, par les résistances de la classe ouvrières des générations précédentes.
Après un tour d’horizon très rapide des surexploitation qui viennent s’ajouter à une exploitation économique purement classiste prenons un exemple concret de pourquoi l’intersectionnalité des luttes sociales est en définitif la façon la plus adapté d’envisager l’avenir des combat sociaux.

Prenons un exemple concret, une ouvrière née en France, de parents originaire du Maroc, appelons-la Latifa (j’aime bien ce prénom, il est joli) enfonçons le clou et admettons qu’elle soit homosexuelle, musulmane et handicapé (ce qui en France correspond à peu près à la situation la

moins enviable de la Terre). Cette femme porte plusieurs stigmate qui favorise une oppression multiforme. La première (l’ordre importe peu) est son statut d’ouvrière, elle touche le smic horaire, galère donc à payer son loyer et sa bouffe, et les quelques miette que lui accorde les aides sociales (AAH en particulier) ne lui permettent pas toujours de payer quelques impondérables de son quotidien (soin ou matériel lié à son handicap), ensuite c’est une femme, par là même, elle ne peut pas espérer de par la société patriarcal qui est un supplétif renforçant le capitalisme monter dans l’échelle sociale de l’entreprise ; elle a énormément plus de chance d’être harcelé sexuellement, et  devra subir les inégalités de salaires avec ses collègues hommes (si jamais elle en a, en effet, la division genré dans l’industrie est une constante depuis le XIXème siècle. De plus, de par les stigmates racistes qui lui collent à la peau, elle devra subir au choix les quolibets racistes ou les attentions paternalistes (qui dans le fond relèvent d’une même logique) de ses collègues non racisés. De par son statut handicapés, elle aura droit à un poste adapté. Elle sera peut-être même exhibé dans les films commerciaux de l’entreprise pour montrer que la boîte est humaniste d’engager des handicapés issus de la diversité (ce qui dans le fond n’aura aucun impact sur son salaire) et ainsi le patron ou au moins son supérieur, aura un moyen de pression supplémentaire en ce qui concerne le harcèlement professionnel et/ou sexuel, pratiques qui sont particulièrement commune dans le monde du travail. Elle sera également raillé pour son orientation sexuelle etc.

Aussi pour Latifa, se positionner uniquement sur le plan des luttes économiques induite par sa condition de prolétaire ne résout en rien l’ensemble des outrages quotidiens qui lui sont fait, et ce bien que la lutte économique permet une amélioration significative de sa condition de vie. Il faut alors se placer sur les multiple terrains qui la concerne directement.

Intervient donc la notion d’intersectionnalité des luttes. L’intersectionnalité, revient à repenser la hiérarchie des luttes, si pour les staliniens et leur descendance réactionnaire (type MICHEA et autres penseurs de la fausse critique) la lutte des classes nie les luttes de genre, (dans une optique réformiste et non révolutionnaire d’ailleurs) et si pour certains courant féministes radicaux (pas tous) les femmes en tant que classe sociale autonome (ce qui revient à dire qu’une femme de ménage sous contrat précaire a plus d’intérêt commun avec Laurence Parisot qu’avec des ouvriers en lutte) doivent s’unir en laissant de côté les problèmes lié au capitalisme. Penser l’intersectionnalité c’est affirmer qu’il n’y a aucune hiérarchie à faire entre ses différentes luttes. En effet, si l’antifascisme est par nécessité un anticapitalisme du fait de la nature capitaliste du fascisme (A ce sujet, Trotsky, Daniel Guérin ou encore Ernest Mandel l’ont démontré bien mieux que moi).

L’antisexisme se conjugue tout à fait à l’anticapitalisme. Prenons encore une fois un exemple concret : La culture du viol.

La culture du viol est un des aspects les plus répugnants et les plus tragiques de la société patriarcale. Pour en donner une définition simple, c’est un ensemble de représentations, renforcés par les vecteurs culturels (jeux vidéo, cinéma, littérature etc.) tendant à justifier, à cautionner les violences à caractères sexuelles. Par exemple il est encore beaucoup trop courant de brimer une femme ayant subit un viol, en raison de sa tenue vestimentaire. Les responsables de viol quand ils sont jugés (ce qui représente une infime minorité) sont souvent considéré comme des malades mentaux ou des déséquilibrés, ce qui permet non seulement la négations de la parole des victimes mais aussi une non-réflexion sur les structures sociales qui sous-tendent la dominations des hommes sur les femmes.
En quoi, essayer de lutter sur un aspects qui à priori relève uniquement de lutte féministe, est un moyen de renforcer la lutte des classes me direz-vous ? Et bien tout simplement, parce que lutter contre l’impunité des violeurs (en dehors de tout discours pro-carcérale ou sécuritaire) c’est lutter contre l’impunité du harcèlement sexuelle. En effet, dans le milieu du travail, les hommes dans les positions dominantes (cadres supérieurs, responsables et autres patrons ou actionnaires) n’ont que peu de scrupules quant à faire du chantages à caractères sexuelles auprès de leurs employées femmes (lesquelles sont surexposés aux emplois précaires et aux salaires minables je le rappele).
Les pouvoirs se renforçant, l’impunité patronal sur les questions de harcèlement et parce que le patriarcat tend à nier la parole des femmes, empêchent de façon trop fréquente toute solidarité des salariés contre leur hiérarchie sur ces questions. Or redonner la parole aux femmes victimes de harcèlement, et par la même mécanique redonnée la parole aux personnes discriminées racialement et/ou sexuellement dans leur ensemble sans préjugés de la validité de leur parole permet non seulement de lutter contre le racisme et le sexisme, mais surtout de créer des solidarité de bases qui seront d’autant plus solide qu’elles pourront se traduire dans les lutte quotidiennes au sein des entreprises. Qu’une/un syndicaliste puisse représenter devant les prud’hommes (ce qui va être de plus en plus compliqué au vu de la réforme des tribunaux prud’homale), ou dans les luttes, permet aux salariés victimes de harcèlement, de discriminations, d’injure raciste ou sexiste, permet de renforcer le sentiment de classe face aux exploiteurs et à la hiérarchie, tout en ouvrant une brèche pour faire une place toujours plus grande, ou femmes/LGBTIQ/ personnes racisés au sein d’organisations collectives défendant les intérêts du prolétariat. Car, il est en effet ahurissant, de constater que la plupart des organisations prolétariennes (syndicats comme parti politiques, réformistes comme révolutionnaire, communistes comme anarchistes) sont essentiellement représenté par des hommes, blancs hétérosexuel, traduisant un manque d’analyse sur pourquoi si peu de personnes racisé, de femmes, de LGBTIQ ne nous rejoignent pas. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y pas de minorités au sein des organisations, mais que au vu des conditions actuel d’exploitations ce sont des pans entiers du salariat qui ne nous rejoignent pas.

(IWW syndicat anarchiste américain, ayant pour ambitions d’organisé tous les travailleurs sans discrimination.)

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L’article étant déjà long, je prend le partie de m’arrêter ici, afin de redévelopper plus tard ce qui me semble important.
Il reste effectivement énormément de chose qui n’ont pas été abordée, en premier lieu, la spécificité des luttes des femmes, des LGBTIQ, des descendants de colonisés. La question de l’organisation, comme dit plus haut, les problèmes liés à l’écologie et au refus du modèle productivistes. La réquisitions des logements, le contrôle des travailleurs sur la productions et plus globalement la destruction de la propriété privés. Les 1001 pistes à développés pour recréer de la solidarité et de la politisations au sein du prolétariat. Les liens entre racisme, sexisme et structure culturelles. La façon dont la solidarité de classe s’oppose à la solidarité national. Comment combattre l’UE sans tomber dans le piège du souverainisme Les formes de démocraties, comment éviter les pièges de la fausse critiques et tant d’autres problématiques lié aux luttes sociales et à l’émancipation humaines, ainsi qu’un redéveloppement plus conséquent sur certain point à peine effleuré ci-dessus.

 Infos supplémentaires :

http://communismeouvrier.wordpress.com/2014/01/10/vietnam-colere-ouvriere-face-a-la-violence-des-agents-de-securite/

http://balkans.courriers.info/spip.php?page=dossier&id_article=15933

L’un des très nombreux manifeste politique rédigé par cette militante est disponible en français dans une traduction partiel ici http://japotexte.wordpress.com/2011/01/25/9/ et ici http://japotexte.wordpress.com/2011/01/25/laissez-nous-vivre-par-amamiya-karin-suite/

En ce qui concerne les études de genre (et non la fumeuse « théorie » ou « idéologie présenté par les fafs de tout poil lire entre autre Judith Butler, Troubles Dans le Genre, Marie-Hélène Bourcier Queer Zone, et beaucoup d’autre.

Pour ceux que ça intéresse, voici un journal sur les conditions de travail et résistance en Chine, écrit par des syndicalistes en exil à Hong Kong, uniquement en anglais malheureusement http://www.clb.org.hk/en/

http://survie.org/ concernant la françafrique et l’impérialisme français en Afrique, je vous renvoie à cet organisation.

Lire l’excellent ouvrage de Gérard Noiriel Gens d’ici venus d’ailleurs. La France de l’immigration de 1900 à nos jours

http://www.lemonde.fr/afrique/infographie/2006/04/13/la-presence-militaire-francaise-en-afrique_761588_3212.html

http://fortresseurope.blogspot.fr/2006/02/immigrs-morts-aux-frontires-de-leurope.html

 

http://www.journaldunet.com/management/remuneration/smic-mensuel-et-smic-horaire.shtml

 

 

 

 

 

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3 réflexions sur “Histoire de mettre le feu aux poudres…

  1. J’ai une indigestion après avoir pris la peine de lire tout cet article.
    Je me prends à rêver en me situant sous d’autres latitudes avec le moins de contraintes possibles, genre île lointaine avec juste le nécessaire,
    ou bien, revenir à l’époque du troc,
    vivre dans un kibboutz, pourquoi pas ?

    • Gérard dit :

      Bonjour Lucie Sainte-Croix Ferrand,
      Qui a dit que le patronyme portait souvent une histoire, l’histoire familiale, la représentation sociale, la strate économique, etc.
      Pour mieux digérer, je vous conseille de petites bouchées, mastiquées une à une longuement afin de préparer le système stomato-gastrique à une lente et longue alchimie métabolique.
      Sinon, plus simplement sortir de votre bulle et prendre le premier avion, sans argent (évidemment) en Afrique, vous faire parachuter au-dessus du Mali (c’est bien la Mali, surtout pour les bobo-beaufs au mois de février, pendant les vacances scolaires!). Et découvrir les joies d’être femme, pauvre, affamée, assoiffée, etc.
      J’ai trouvé cet article pertinent et j’avoue avoir mesuré encore une fois l’étendue de mon ignorance sur les arcanes de la collectivité humaine, particulièrement occidentale.
      J’ai comme l’intuition que vous ne militez pas au NPA mais sans doute promèneriez-vous vos pensées à l’autre bout de cette ficelle, qui sait?
      Bref, votre propos liminaire laisse peu de place au comment vivre ensembles, au savoir vivre ensembles, à ne plus partager la pauvreté mais la ressource commune.
      J’arrête là mon propos, il n’existe pas de traducteur adapté (essayez google translate, choix de la langue: humaine…). Bonne chance!
      GG

  2. Johnf322 dit :

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