Parce que nous sommes semblables, nous ne pouvons être indifférents les uns des autres.

l'etre humain einstein

 

D’où vient-il que nous soyons indifférents au sort d’autrui ? De notre nature humaine ? De nos institutions ? A quoi bon s’égosiller si la nature commande aux Hommes d’être égoïstes comme semblent le penser beaucoup de gens aujourd’hui ?

L’individu, fut tiré de la multitude, du corps (très localisé) auquel il appartenait et qui pouvait parfois être oppressif, je n’en disconviens pas, par une certaine économie de marché et par la démocratie d’assemblée, parlementaire, que d’aucuns nomment bourgeoise. Oui, nous pouvons, à juste titre, nous féliciter des acquis obtenus quant aux libertés fondamentales, aux droits individuels etc. Mais, nous devons aussi nous lamenter, je le crois, sur la perte de ce sens du collectif.

La démocratie, censée « égaliser  » les individus n’a pas éteint les passions, les ambitions et l’envie. Elle les a plutôt mis à nue. On réclama l’égalité juridique car beaucoup disposaient de privilèges, mais dans le même temps, on n’eût de cesse de vouloir dépasser les autres en fortune, en richesse, en supériorité en n’oubliant qu’on ne faisait que perpétuer ou qu’on tentait de perpétuer les inégalités préexistantes, les privilèges.

L’économie de marché, censée libérer, émanciper l’individu, l’aliéna. En quoi est-ce une évolution si nous vivons dans un état de guerre permanent ? Où l’autre est un potentiel rival économique ? où, la fraternité est niée et seule fait office la concurrence au sein du plus grand nombre, au profit du plus petit nombre ? Tous contre tous ? Frère contre frère ? Comment voulez-vous que puisse demeurer où naître le sentiment d’une destinée commune ?

Certains me diront que ce sentiment persiste encore. Que j’exagère. Peut-être. Mais, si tant est qu’un tel sentiment puisse encore exister, ce serait plutôt à l’échelle d’une famille, du voisinage très proche (voisin de palier, dans un village), et donc à l’échelle clanique, tribale. Et encore… Sous l’effet du pathos, éventuellement, pouvons-nous nous sentir proches de ce qui nous « ressemble »(Nous le croyons). Ainsi un français moyen se sentira beaucoup plus concerné par la mort de 50 adultes aux USA lors d’un attentat que la mort d’une centaine d’enfants dans un lointain pays africain ou asiatique.

Quelqu’un me dirait certainement : « Et donc ? On n’y peut rien. La vie est ainsi faite. As-tu des solutions ?  »

Non, je ne dispose pas du savoir et de l’érudition nécessaires pour y répondre. Mon savoir est fort modeste, malheureusement. Mais je puis entrevoir quelques pistes :

Tout d’abord, je ne saurais insister sur la nécessite d’instituer une démocratie directe locale, au niveau d’une commune, d’un village, etc… Pourquoi ? pour y répondre, prenez avant tout connaissance du récit suivant ( ledit récit m’ayant été rapporté par le père de ma compagne lors d’un repas de Noel ): Il y a de cela quelques années, une tempête violente fit beaucoup de dégâts dans sa petite commune et priva les habitants d’électricité, etc… Certaines routes étaient bloqués etc… Et il ne sut l’expliquer mais on eût dit, que les habitants, furent saisis d’un sentiment de solidarité. Ils s’entraidaient, s’enquéraient les uns des autres etc… Sitôt que les communications et le lien avec l’extérieur furent rétablis, l’individualisme repris place abruptement.

En instituant une démocratie directe locale, nous savons que nous sommes responsables les uns des autres. Nous nous rendons compte que nos sorts sont liés et, du fait de cette destinée commune, nous ne pouvons nous désintéresser de la gestion de la cité et du sort des autres membres de la communauté. Du moins, la démocratie directe favorise cela.

Concernant l’indifférence pour ceux qui sont au loin ou que nous croyons être au loin du fait de la géographie, de la religion, de la culture, de la couleur de peau, je pense que c’est dû à l’ignorance, aux préjugés, etc. Il convient donc de recourir à l’instruction, aux échanges, à la littérature, aux voyages.

C’est en voyageant, non un voyage à la manière de ces touristes enchaînant les palaces des pays étrangers, mais un voyage qui nous permet de vivre pendant quelques mois, un an ou deux, etc. à l’extérieur que nous parvenons à nous rendre compte physiquement parlant, que nous ne sommes pas seuls, que des personnes, bien que vivant parfois autrement nous sont identiques. Voyager permet de lutter contre les préjugés. La France ne se résume point à Paris, aux champs-Elysées ou à la baguette, au comportement de certains « parisiens » ; il en est de même concernant les autres pays. La littérature peut aussi jouer un rôle important.

Parce qu’on ne saurait être dans tous les lieux à la fois, que ce soit dans l’espace, et à plus forte raison dans le temps, parce que nous ne pouvons être omniscients, parce que nous ne pouvons être au fait des passions, des sentiments de la multitude, il est impératif de recourir à la littérature. Littérature de témoignage, fictions s’inspirant du réel, etc. que ce soit au niveau national ou international. C’est par la littérature, qu’on se rend parfois compte, que malgré les époques, les pays, les mœurs, nous partageons parfois les mêmes peurs, les mêmes interrogations, les mêmes souffrances, les mêmes difficultés, etc. Nous sommes semblables et parce que nous sommes semblables, nous ne pouvons être indifférents les uns des autres.

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