JE SUIS PARCE QUE NOUS SOMMES…

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Un anthropologue proposa un jeu aux enfants d’une tribu africaine.
Il mit un panier de fruits près d’un arbre. Le premier arrivé gagnerait le contenu du panier.
Au signal, tous les enfants s’élancèrent en même temps …… en se donnant la main !!
Puis s’assirent ensemble pour profiter de leur récompense.
Lorsque l’anthropologue leur demanda pourquoi ils s’étaient déplacés à l’unisson, alors que l’un d’entre eux aurait pu avoir tous les fruits, ils répondirent cela :
« Ubuntu. Comment l’un d’entre nous peut-il être heureux si tous les autres sont tristes ? »
UBUNTU dans la culture Xhosa signifie: « Je suis parce que Nous sommes« …

La vérité ne sort-elle pas de la bouche des enfants ? Est-il une plus belle philosophie…

Dès notre plus jeune âge, nous apprenons à nous servir des pronoms (je,tu, il ou elle, on, nous, vous, ils, elles) pour exprimer notre « MOI », les actions du « MOI » (le « JE » l’exprimant) mais aussi pour exprimer les actions de l’autre (TU), des autres (ILS) SANS oublier l’action en Commun (NOUS). Il nous est aussi impératif de maîtriser les auxiliaires « ETRE » et « AVOIR ».

Ce que je remarque, c’est que prime est donnée, aujourd’hui du moins, au « JE ». Même quand il nous arrive de vouloir exprimer une action en commun, on recoure plutôt au « ON », impersonnel et singulier ( singularité donc) comme pour écarter ce « NOUS » quelque peu gênant, qui est vu comme une atteinte à notre identité, à notre ËTRE. De là il découle nombre de difficultés actuelles. Oui,  il fut un temps où le « NOUS », un « NOUS »très localisé et parfois contre les autres, ces autres ( « ILS »), pouvait parfois être oppressif. MAIS en primant le « MOI », l’individu, croyant s’accomplir, s’aliène en établissant une confusion : il croit « ETRE » mais en fait, il n’est que dans l’ « AVOIR ».

Sans doute beaucoup ont oublié que le « MOI » s’est construit une identité du fait d’influences diverses (socio-cultuelles, religieuses, etc.). D’ailleurs, même d’un simple point de vue génétique, pour qu’il puisse y avoir un « JE », il faut qu’il y ait une union, un couple, et si possible l’amour (parfois il n’y en a pas). En somme, il faut un « NOUS ». Un exemple (parmi tant d’autres) pour illustrer cet état de fait: N’avez-vous pas remarqué qu’un enfant, jusqu’à l’âge de deux ans du moins, parle de lui, de son « MOI » à la troisième personne ? On constatera par ailleurs que l’enfant est, à cette cette période de sa vie, en plein processus d’imitation. Il imite les faits et gestes de ses proches. Par conséquent, l’enfant se construit fondamentalement par rapport aux autres, sa propre personne étant quasiment absente.

Il convient donc, du moins pour parer aux difficultés actuelles dues à cet état de fait, en ces moments de crises multiples, de nous ré-approprier l’emploi du « NOUS », et d’établir un équilibre entre la singularité de l’individu (le « JE ») et le « NOUS ». Non pas un « NOUS » contre les autres, mais un « NOUS » ouvert car ceux qu’on désigne par « ILS », qu’ils soient nos plus proches voisins ou des individus vivant dans des contrées plus ou moins lointaines, ne sont que d’autres « MOI », certes quelque peu différents.

Si JE souffre, que ce soit en Bretagne, en Corse, ou en Asie, ne voudrais-JE pas que TU me tendes la main ? Ne voudrais-JE pas qu’ « ILS » me tendent la main ? En se réappropriant pleinement le « NOUS », NOUS assumons enfin et pleinement notre identité commune. NOUS assumons pleinement notre destinée commune. Et NOUS convenons de la nécessité d’être solidaire. Que le bonheur d’autrui est aussi de bonne augure pour soi. Serions-NOUS pleinement heureux, existerions NOUS pleinement si notre conjointe, nos enfants, nos voisins, amis etc. étaient malheureux ?

Comment puis-je ETRE en l’absence des autres ? En se réappropriant le « NOUS », nous atteignons le plus haut point, le sommet de notre humanité. Et sans doute, acquerrons-NOUS une particule de la divinité tel qu’exprimé par ce « NOUS » qui s’adresse aux Hommes dans la Bible.

Oui, en se réappropriant le « NOUS », NOUS prenons part à la formation de l’UN. Car de l’UN nous venons, à l’UN nous retournerons.

N:B: Le « MOI », tel que je l’entends et tel que je l’ai développé ici, n’est pas le « MOI » de la psychanalyse. C’est un « MOI » au sens de l’identité intérieure.

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Une réflexion sur “JE SUIS PARCE QUE NOUS SOMMES…

  1. Anonyme dit :

    excellent continu ainsi des personnes comme toi son rare enfin il y en a mais je ne les est pas croisé.

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